Plus de 150 élèves de la maternelle à la sixième année étaient présents le 10 juin pour le dévoilement de leur travail : une grande fresque murale, peinte sur quatre panneaux, représentant une multitude d’images liées à la communauté.

Parmi ces éléments, des oies canadiennes, des colombes et des bisons se détachent devant un paysage de champs de blé et d’arbres aux couleurs automnales.

Plusieurs bâtiments emblématiques du village y figurent également, dont les deux écoles impliquées dans le projet.

Enfin, trois petits personnages occupent l’avant-plan, chacun arborant les couleurs des drapeaux fédéral, municipal et franco-manitobain. L’œuvre a été réalisée par plusieurs élèves de ce groupe sous l’œil avisé de l’artiste Jean-Pierre Arcand.

Les premiers coups de pinceau ont été donnés en octobre 2025, mais ce n’est qu’au début de juin que les dernières retouches ont été apportées à la fresque.

Tina Bubenzer, directrice générale de l’administration municipale, se réjouit de l’occasion : selon elle, la fresque murale apportera de la couleur et de la vie à la Bibliothèque régionale Jolys, qui fait partie intégrante de la communauté.

« C’est formidable. Et c’est une nouvelle preuve de la richesse de notre village et de notre caractère unique », s’exclame-t-elle.

Le projet a été lancé à la suite d’un courriel reçu par la mairie de la part de l’association Color Our World – La Francoderole, dont l’objectif est d’impliquer les communautés francophones dans ses initiatives artistiques et communautaires.

L’invitation visait à inclure le village de Saint-Pierre-Jolys dans son programme « Créer pour se rapprocher », qui nécessite une collaboration entre une école francophone et une école anglophone dans une zone rurale.

La directrice a présenté la proposition aux deux écoles du village, afin d’évaluer l’intérêt que susciterait un tel projet au sein de la communauté.

« Et les écoles ont répondu : Quand est-ce qu’on peut commencer? »

Parmi les élèves se retrouvait un sentiment d’appartenance et un esprit de collaboration. Même étant dans des classes différentes et fréquentant des écoles différentes, ils se disent tous fiers de leur travail

« Tout le monde s’est rassemblé pour créer quelque chose de vraiment beau », a déclaré Morgane, une élève de l’École communautaire Réal-Bérard.

Son camarade Dominic était du même avis.

« Ça démontre ce que peut accomplir le travail d’équipe entre des personnes différentes », a-t-il affirmé.

Mais cette fierté n’appartient pas seulement aux artistes : dans son allocution lors de l’inauguration, le maire de Saint-Pierre-Jolys, Raymond Maynard, a célébré la créativité, la collaboration et l’engagement de ces jeunes.

En outre, son objectif depuis longtemps était de faire collaborer les deux écoles, qui appartiennent à deux divisions séparées.

« C’est réjouissant de voir comment ils se sont réunis pour rendre la communauté de Saint-Pierre-Jolys plus attrayante et contribuer à son développement. »

Une installation pour toujours

France Bouchard, directeur de l’École communautaire Réal-Bérard, a évoqué sa propre jeunesse en expliquant aux élèves présents que cette fresque deviendrait, avec le temps, un point d’ancrage au sein de leur communauté.

« Je me rappelle quand j’étais en maternelle, on plantait des arbres. Lorsque je suis retourné au Québec, quelques décennies plus tard, l’arbre est devenu gros comme ceux autour de nous maintenant. On dira que cela ne représente pas grand chose, c’est juste un arbre, mais quelque part, je me rappelle que je l’ai planté, moi-même.

« Un jour, vous allez venir voir cette belle œuvre et réfléchir à votre temps ici dans notre communauté. »

Bien sûr, les élèves ne sont pas les seuls à bénéficier de ce projet à long terme.

La bibliothèque étant un bâtiment public accessible à toute la communauté, quiconque souhaite emprunter un livre ou simplement se promener dans les environs par une belle journée pourra admirer le travail réalisé par les élèves artistes.

Tina Bubenzer assure que l’objectif est de continuer à l’entretenir aussi longtemps que possible, ajoutant que le personnel de la bibliothèque appliquera un vernis protecteur sur l’œuvre au moins une fois par an.

Avec la représentation du drapeau franco-manitobain dans la fresque murale, les solides racines francophones de la communauté transparaissent clairement aussi.

« C’est une occasion de célébrer les éléments marquants de notre culture et de notre village. Je suis très fière de faire partie d’une communauté qui continue de démontrer tout ce dont elle est capable », conclut Tina Bubenzer.