Par Axelle OULÉ – collaboration spéciale
Pour ceux qui souhaitent stimuler leur créativité ou qui cherchent un moyen de se détendre cet été, l’artiste Cato Cormier donne rendez-vous au public tout au long de la saison avec une série d’ateliers artistiques destinés aux adultes.
Dans le cadre du programme Fabricant Résident proposé par la Ville de Winnipeg, des ateliers hebdomadaires seront organisés tout au long de l’été à la bibliothèque Millennium.
Organisés jusqu’au 21 août 2026, ceux-ci offrent « une occasion d’apprendre, de partager, de se détendre, de dessiner et de créer », explique Cato Cormier, l’artiste en résidence du printemps 2026.
L’illustratrice et dessinatrice originaire de Montréal vit à Winnipeg depuis six ans, une ville qu’elle considère comme un vivier artistique.
Elle est notamment reconnue pour avoir réalisé la campagne visuelle de la saison 2024 du Théâtre Cercle Molière (TCM), ainsi que les bannières qui ornent la rue South Osborne, entre Mulvey et Jubilee.
« Beaucoup de membres de la communauté francophone m’ont découverte grâce au TCM, et j’ai ainsi reçu plusieurs invitations de la part d’organismes francophones. Des initiatives comme celle-là donnent beaucoup de visibilité et me permettent d’animer davantage d’ateliers, d’autant plus qu’il y a peu d’artistes francophones », souligne-t-elle.
L’art comme espace de découverte
Le programme d’ateliers se divise en deux catégories :
Il y aura d’abord le studio ouvert au laboratoire créatif IdeaMill, situé au 3e étage de la bibliothèque Millennium. Des ateliers simples ouverts au public auront lieu les mardis et jeudis de 16 h à 19 h, ainsi que les mercredis après-midi de 13 h à 16 h.
Les visiteurs pourront découvrir de près le processus créatif de l’artiste et participer eux-mêmes à des activités de création. En plus de cela, des ateliers plus approfondis, accessibles sur inscription, auront lieu dans différentes bibliothèques de la ville.
« Nous nous réunirons en petits groupes pour des sessions de deux heures, au cours desquelles nous créerons une œuvre de A à Z et apprendrons plusieurs techniques », ajoute-t-elle.
L’artiste souhaite créer un espace libre où les participants auront l’occasion de découvrir de nouvelles approches artistiques sans la pression de produire une œuvre parfaite
« J’aime l’idée que le grand public vienne dans un environnement détendu où il existe des possibilités d’exploration artistique, que ce soit sur le plan technique, en explorant différents médiums ou en essayant différents styles. Les ateliers changeront beaucoup d’un jour à l’autre pour offrir quelque chose à chacun », explique Cato Cormier.
« Il s’agit aussi de se défaire de cette idée : beaucoup d’adultes disent qu’ils ne savent pas dessiner; il y a une sorte de blocage mental qui s’installe assez tôt, je dirais. J’aime aider les gens à se débarrasser de ce sentiment et à simplement essayer, à s’amuser un peu avec l’art, à voir ce que ça donne. Ne pas trop se focaliser sur le résultat final, mais plutôt sur le processus. Je pense que ces ateliers sont une excellente occasion de le faire. »
Une passion pour les bandes dessinées
Cato Cormier possède un style artistique unique et distinct, caractérisé par le mouvement et la couleur.
Elle le décrit comme « un mélange d’observation et d’improvisation; des formes libres aux lignes précises ».
« J’essaie de suivre mon instinct quant à ce qui me satisfait et d’explorer, puis de découvrir mes goûts ou mes préférences — ce qui stimule mon imagination — à travers le dessin, que ce soit en termes de style ou de sujet », explique l’artiste. Ses sources d’inspiration proviennent du monde qui l’entoure et de la vie quotidienne, en particulier des gens.
« J’aime observer cela. Nos angoisses, nos vies physiques, le corps humain. Juste observer les petits moments, trouver de l’humour dans les choses de tous les jours. » Sa pratique artistique est le fruit de son amour du dessin depuis l’enfance, et particulièrement de la bande dessinée.
« Quand j’étais petite, je créais des bédés continuées avec mes cousins et mes amis, c’est-à-dire en collaboration, en groupe, en se passant la bédé pour dessiner la prochaine case », explique-t-elle.
« J’étais fascinée par les bandes dessinées Archie (les personnages adolescents, la mode rétro, la couleur, la forme) et par les Dragon Ball Z traduits en français de mon frère (de l’action super dynamique, des personnages enfants, des scènes de bouffe alléchantes). Et un mélange de plein d’autres bédés étranges et vintage. »
« Je pense que c’est un média super démocratique : il est accessible à tous, on le trouve partout, et il transmet des histoires complexes à travers un style visuel qui trouve le parfait équilibre entre complexité et accessibilité. »
L’artiste compte également profiter de cette résidence pour faire avancer plusieurs projets en cours. Parmi eux figure une commande importante : la conception de l’affiche du 10e anniversaire du Prairies Comics Festival, qui se tiendra au début de septembre.
« Ce sera une excellente occasion de travailler sur de nouveaux projets, d’en discuter avec le public lors de la journée portes ouvertes, puis de les présenter au festival au début de septembre. »


