C’est conformément à l’article IV de la Constitution de la Fédération métisse du Manitoba (MMF) que le cabinet actuel de la fédération a demandé au directeur général des élections, David Gray, de déclencher la période électorale nationale.
« La MMF et les Métis de la Rivière Rouge ont une longue tradition démocratique qui date d’avant même que le Manitoba soit une province. Le processus électoral va se dérouler de façon ouverte, transparente et conformément à nos règles constitutionnelles », a déclaré David Gray, directeur général des élections.
C’est près de 90 bureaux de scrutin qui seront ouverts à travers la province pour les quelque 65 000 Métis.
Parmi eux, 5 000 résidents à l’extérieur du Manitoba, ce qui implique des mécanismes pour voter par la poste.
« On doit s’assurer que tout le monde a accès à un bureau ou à une façon de voter, explique David Gray, que les candidats soient éligibles conformément à la constitution et que chaque vote soit compté. »
Plusieurs postes sont en jeu
En plus du président de la Fédération métisse du Manitoba, les élections générales de 2026 éliront les vice-présidences représentant les régions de Winnipeg, Sud-Est, Sud-Ouest, Thompson, The Pas, Interlake et Nord-ouest, ainsi que deux dirigeants exécutifs pour chacune de ces régions.
Cependant, en l’absence d’opposition, certains candidats seront directement reconduits dans leurs fonctions.
C’est le cas du président, David Chartrand, qui occupe le poste sans interruption depuis 1997.
La constitution de la MMF, telle qu’adoptée en octobre 2025 par l’assemblée nationale, encadre la durée des mandats à un maximum de quatre ans et trois mois, sans toutefois imposer une limite au nombre de ceux-ci.
David Gray, directeur général des élections depuis 2015, s’occupe du processus démocratique à l’année longue.
« On fait aussi des élections locales assez fréquemment, et des élections partielles lorsque quelqu’un démissionne. Je fais aussi tout plein de travail juridique puisque j’ai été avocat par le passé. »
La place importante de la démocratie
Les élections sont un élément crucial pour la Fédération métisse du Manitoba, puisqu’elles désignent le gouvernement national des Métis de la Rivière Rouge.
Cela témoigne du chemin parcouru depuis la reconnaissance des Métis comme l’un des Peuples autochtones du Canada.
« C’était important que les Métis soient reconnus dans l’article 35-1 lors du rapatriement de la Constitution canadienne en 1982, rappelle David Gray, mais malgré cela, la Cour suprême du Canada a déclaré en 2013 que le gouvernement du Canada et celui du Manitoba ont manqué à leurs obligations envers les Métis en dépit de leurs responsabilités constitutionnelles. »
Cette reconnaissance dans la constitution canadienne a tout de même permis à la MMF de s’affirmer comme un gouvernement à part entière.
Avant cela, les autorités traitaient la fédération comme une simple organisation.
« C’était un processus lent, mais après 1982 les relations se sont transformées et, éventuellement, les gouvernements ont reconnu que la Fédération métisse du Manitoba est un gouvernement à part entière et que la relation entre le Canada, les provinces et les Métis, est issue d’un rapport de nation à nation », déclare David Gray.
Des élections libres et équitables
Il est donc d’autant plus important pour cette nation de veiller à un processus électoral rigoureux. La période électorale comporte plusieurs étapes.
Lorsque le Cabinet passe une résolution pour demander au directeur général des élections de déclencher la période électorale, une date de scrutin est alors proposée.
Il y a un délai de 14 jours au début de cette période durant laquelle les personnes mises en candidature deviennent officiellement candidates.
Les résultats préliminaires seront connus le 23 juin.
« Comme dans toutes les élections importantes, nous rassemblons les bulletins et tous les rapports pour s’assurer de la cohérence, et nous les comptons à nouveau pour que ce soit confirmé. Si tout se passe bien, le plan est de confirmer le résultat des élections le 30 juin », explique David Gray.
Une démocratie participative
Lors de son mandat, le Cabinet relèvera de l’Assemblée Nationale, à laquelle tous les Métis peuvent participer.
« C’est la forme de démocratie participative la plus ouverte qui soit », affirme David Gray. Les décisions importantes sont discutées en Assemblée, mais les enjeux locaux sont traités par les exécutifs régionaux, conformément à une prise de décision décentralisée.
Les élus au Cabinet national sont responsables d’un large nombre de dossiers, et de la gestion de l’appareil bureaucratique de la fédération.
« Nous avons un ministère dédié à l’enfance et à la famille. Nous nous occupons de l’emploi et de la formation, de l’éducation, des services aux enfants et aux familles, de l’apprentissage préscolaire, des problèmes de santé et des moyens de subsistance traditionnels comme la pêche », énumère David Gray.


