Le Manitoba a historiquement été une province qui a protégé de manière proactive ses pompiers : c’est la première province du Canada à avoir reconnu le cancer et d’autres blessures comme des conséquences liées à l’exercice de leur métier, et à avoir prévu une couverture pour ces conditions.
Au fil des ans, la province a continué d’élargir la liste des maladies prises en charge pour les pompiers. Actuellement, le traitement de 19 cancers, incluant ceux du cerveau, de la thyroïde, de la peau, du côlon et du col de l’utérus, est entièrement couvert pour les pompiers.
Cependant, comme la Loi sur les accidents du travail est sous examen, ce qui n’arrive que tous les quelques années, les pompiers du Manitoba demandent au gouvernement d’ajouter d’autres maladies à la liste de celles qui sont couvertes afin de rester à jour avec les recherches actuelles sur les facteurs de risque liés à cette profession.
Par exemple, depuis la dernière modification de la loi, de nouveaux rapports de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont reconnu que « la profession de pompier est cancérigène », selon Nick Kasper, président de l’association United Fire Fighters of Winnipeg, section locale 867 de l’Association internationale des pompiers.
En plus des modifications apportées à cette législation, les pompiers espèrent voir adopter de nouvelles mesures législatives visant à étendre leur couverture de mesures préventives, plutôt que de se contenter de prendre en charge le traitement lorsque les travailleurs sont déjà malades.
« Malheureusement, ces maladies touchent un nombre disproportionné de personnes, ajoute-t-il. Et c’est une bonne chose que ce problème soit reconnu. Cependant, la législation et la couverture ne contribuent pas à empêcher ces personnes de tomber malades en premier lieu. »
Un exemple de mesures préventives est ce qu’on appelle un « programme complet de dépistage préventif ».
Ce programme, lancé à Winnipeg en partenariat avec la clinique PURE Lifestyle, rassemble sous un même toit toute une gamme de diagnostics et de tests de dépistage réalisés par des experts médicaux. Il permet aux membres de se faire examiner pour un large éventail de maladies, de se voir recommander des examens complémentaires et de suivre l’évolution de leur état de santé au fil du temps.
Ces examens comprennent des examens dermatologiques, des électrocardiogrammes, des examens mammaires, des dosages hormonaux, des évaluations de santé mentale et bien plus encore. « L’idée est de réaliser ces examens une fois par an, dès l’entrée dans la profession, avant même d’avoir commencé à être exposé aux risques professionnels. »
« En réalité, il peut être très difficile de bénéficier de ces examens approfondis et de ce dépistage auprès de son médecin de famille habituel. »
Non seulement ces tests de dépistage permettraient de détecter des maladies comme le cancer avant qu’elles ne deviennent plus dangereuses, mais ils pourraient également faire économiser à la province des sommes considérables en frais de traitement, qui augmentent de manière exponentielle une fois que la maladie a progressé.
« C’est notre intention et notre conviction qu’en tant qu’employeur, vous avez un devoir de responsabilité envers la santé et la sécurité de vos employés, dit Nick Kasper. Nous savons qu’il s’agit d’un facteur de risque important dans cette profession. Nous espérons donc vivement qu’un jour, cela sera inscrit dans la législation. »
Le syndicat a présenté ses revendications à la ministre du Travail et de l’Immigration, Malaya Marcelino, dont l’équipe examine maintenant la demande avant de rédiger les modifications à la Loi.
