Mercédès Beaudry est journaliste stagiaire et étudiante au secondaire. 

Asher Lopez, 15 ans, pratique l’art depuis sa petite enfance. Il explore tous les styles et espère atteindre son but d’en faire une carrière en arts visuels.

Malgré les inquiétudes que son rêve pose à son entourage, il ne craint pas de vivre dans la pauvreté pour l’art visuel. Il vivrait même sans la certitude d’avoir de quoi se nourrir pour pouvoir poursuivre cette vocation.

Pour s’inspirer, il lui arrive de regarder d’autres œuvres, notamment l’une de ses préférées, « Take the Money and Run ». Dans cette œuvre, l’artiste danois Jens Haaning a remis au musée qui l’avait mandaté deux toiles blanches après avoir conservé l’argent qui lui avait été confié pour réaliser ce projet.

Dans un tout autre registre, il aime également « The Swing », un tableau populaire de Jean-Honoré Fragonard. « The Swing » semble lui procurer un peu d’inspiration pour une partie de son art.

Asher Lopez explique que l’art visuel, « c’est une partie très importante de [sa] vie. [Il] ne pense pas [qu’il pourrait] abandonner ça ».

En ce moment, il pratique le dessin plutôt pour s’amuser mais, ça lui arrive de recevoir des commandes de temps en temps.

Mais, travailler en arts visuels ne vient pas sans risques. Un aspect important pour Asher Lopez à considérer comme artiste est l’intelligence artificielle (IA) qui prend de plus en plus de place dans l’art et la façon dont elle pourrait affecter son travail.

Il pense que ce n’est pas forcément une mauvaise chose si elle est utilisée correctement.

Le problème arrive quand l’IA générative se substitue à la créativité des artistes qui l’utilisent pour remplacer leurs talents. Il explique connaître des artistes doués qui se sont eux-mêmes remplacés par la génération automatique et il trouve cela dommage. Il déclare : « Ça [ne l’] achale pas trop » quand les programmeurs l’utilisent pour leurs logiciels, mais c’est dommage autrement.

Une question suit : Si l’IA ne devrait pas jouer un rôle dans l’art, la production artistique doit-elle partager de l’émotion? Doit-elle transmettre un message? Asher Lopez nous dit : « Non, pas nécessairement ».

L’humain l’interprète à sa manière et donc, « quand quelqu’un va le regarder, il y aura de l’émotion ». Le public profitera quand même de l’art!

Finalement, où s’arrête la ligne du plagiat? Asher Lopez prend parfois son inspiration dans des œuvres avec les couleurs et les formes utilisées, mais insiste sur le fait que s’inspirer ne consiste pas à copier. Décider de copier ligne par ligne un dessin, c’est comme voler l’art d’autrui!

À ce sujet, il recommande : « Ne te compare pas aux autres, juste à toi-même! » Ça aidera à la fois à diminuer l’envie de copier et ça fera se sentir mieux. Le progrès n’est pas toujours extraordinaire et il faut se respecter.

Sachant cela, Asher Lopez lance un message à ceux qui hésitent à se lancer : « Même si t’aime pas ça, je veux toujours que le monde essaie de nouvelles choses. Ça ouvre l’esprit ».

Pour lui, il ne faut donc pas craindre la nouveauté. Il offre aussi quelques conseils aux débutants : « Ne laisse pas les personnes te détruire avec comment tu fais ton art ». Il rappelle enfin que « […] c’est subjectif. Comme la beauté, tout le monde la voit différemment. [Alors], fais-le pour toi-même! »