Avec des informations de Chelsea HOWGATE

Face à une hausse inquiétante des cas d’infection par le VIH et aux disparités géographiques majeures qui freinent l’accès aux soins, un nouvel investissement fédéral de 5 millions $ a été annoncé, ce 10 septembre, pour renforcer le dépistage et le soutien communautaire.

Présenté par le député fédéral de Winnipeg-Ouest, Doug Eyolfson, au nom de la ministre de la Santé Marjorie Michel, aux côtés d’acteurs de la santé publique et du gouvernement du Manitoba, ce financement vise à distribuer un plus grand nombre de trousses d’autodépistage et à déployer des intervenants pairs dans l’ensemble de la province et du pays.

L’initiative répond à un constat national alarmant : selon les plus récents chiffres de l’Agence de la santé publique du Canada, environ 70 900 personnes vivaient avec le VIH dans le pays à la fin de 2024, dont près de 10 % (soit environ 7 000 personnes) ignorent toujours leur statut sérologique.

Confronté à des taux de VIH parmi les plus élevés au Canada, le Manitoba avait d’ailleurs décidé de déclarer l’état d’urgence de santé publique, au mois de mai dernier.

Franchir l’étape du diagnostic pour relier aux soins

Si les avancées médicales permettent aujourd’hui aux personnes atteintes d’avoir une charge virale indétectable, et donc de ne plus transmettre le virus sexuellement, l’enjeu principal réside dans la prise en charge précoce.

Pour la Dre Joss Reimer, administratrice en chef de la santé publique du Canada, le dépistage ne constitue que le premier maillon d’une chaîne essentielle.

« Le dépistage et le diagnostic précoces sont essentiels et peuvent changer une vie. Connaître son statut VIH permet d’accéder à des options de prévention ou, pour les personnes dont le test est positif, à un traitement précoce afin d’améliorer les résultats de santé et de prévenir la transmission. Mais, le dépistage ne suffit pas à lui seul.

« Aujourd’hui, le VIH n’est plus une condamnation à mort. La science a évolué et nous disposons de traitements efficaces. Nous disposons également de moyens de prévention efficaces. Mais, aucune de ces stratégies ne fonctionne si les personnes ne sont pas reliées aux soins. »

Surmonter les obstacles géographiques et la stigmatisation

Au Manitoba, les autorités locales doivent composer avec des défis géographiques et sociaux particuliers qui compliquent le cheminement des patients.

Uzoma Asagwara, ministre de la Santé, des Aînés et des Soins de longue durée du Manitoba, a souligné que ces crédits permettront de travailler en partenariat direct avec des organismes de terrain, comme le Manitoba Harm Reduction Network, afin d’offrir des soins avec dignité et sans préjugés.

« Cet investissement fédéral de 5 millions $ aidera les personnes partout au Manitoba à accéder à davantage de dépistage […] associé à du soutien par les pairs, en allant véritablement à la rencontre des personnes là où elles se trouvent afin qu’elles puissent recevoir les soins dont elles ont besoin.

« Il vise à rejoindre les personnes exactement là où elles se trouvent, peu importe où elles vivent.

« Nous savons que tout le monde mérite un accès au dépistage et au traitement du VIH qui soit exempt de stigmatisation et empreint de dignité. »

Cette nouvelle enveloppe fédérale vient compléter un effort provincial déjà entamé au Manitoba, où plus de 8 millions $ ont été injectés depuis octobre 2023 pour élargir la couverture des traitements préventifs (PrEP, PPE) et curatifs.

En marge de cette annonce, la Dre Joss Reimer a rappelé que l’accès aux soins s’inscrit dans une approche globale du bien-être et de la compassion, en faisant également mention de la Journée mondiale de la prévention du suicide et du numéro d’urgence 988.

« Une ligne d’aide en cas de crise suicidaire, accessible partout au Canada afin que les personnes puissent obtenir du soutien au moment où elles en ont le plus besoin », a souligné la Dre Joss Reimer.