Lors de la première édition de la série de rencontres Ice Breakers, musiciens et mélomanes francophones et anglophones se réuniront au studio pour partager leur passion de la musique.
Entre Sainte-Anne et Sainte-Geneviève se dresse une modeste maison rurale.
Toutefois, cette maison est bien plus qu’une simple demeure familiale.
Cet endroit se nomme Atelier 48, et sert d’espace musical polyvalent.
Conçu par la musicienne franco-manitobaine Jocelyne Baribeau, cet espace est au service de musiciens de tous horizons depuis près de cinq ans.
Jusqu’à présent, de nombreux artistes sont venus dans cet espace afin de développer leur musique, de trouver de l’inspiration dans une région rurale du Manitoba ou même de poser leurs valises entre deux destinations lors de tournées.
Le plus récent album de Jocelyne Baribeau, 200 Acres, est l’un des projets enregistrés dans cet espace. Jocelyne Baribeau, qui a acheté la maison il y a près d’une décennie, confie avoir toujours voulu vivre en milieu rural après vingt ans en ville.
C’est lorsqu’elle a vu cette maison, vendue par une amie qui quittait la province, qu’elle a eu l’idée de créer un atelier pour soutenir son parcours musical.
« Tout de suite, j’imaginais une place de création pour ma musique. C’était vraiment pendant la pandémie, quand tout autre était fermée, que moi et mon fils – qui est aussi artiste – l’utilisions pour la création, et que je faisais mes répétitions là-dedans aussi », explique-t-elle.
Au fil des années, elle a commencé à ouvrir l’espace à ses amis musiciens, afin qu’ils puissent profiter de ses équipements.
L’image de ce qu’allait finalement devenir l’Atelier 48 est devenue de plus en plus claire.
« Ce n’est pas encore un espace où les gens peuvent habiter, mais ça s’apprête vraiment facilement aux meilleurs sleepover parties. Si les artistes en tournée partout au Canada viennent, ils savent qu’ils sont les bienvenus chez nous. »
Cet automne, ses portes seront enfin ouvertes à un public plus large pour la première édition de la série de rencontres intitulée Ice Breakers.
Le 13 septembre, des dizaines de musiciens, de musiciennes et d’amateurs de musique se rassembleront au studio rural afin de se rencontrer, de partager leur passion et d’avoir l’occasion d’écouter de la musique en développement.
Bien qu’elle n’ait pas envie d’accueillir de grandes foules dans la petite maison rurale, Jocelyne Baribeau compare la soirée à un concert à domicile, où les participants auront la chance de parler directement avec les artistes et de partager leurs propres projets lors de prochaines rencontres.
« Ça va être vraiment quelque chose d’inédit. Des artistes qui vont venir partager des chansons qui sont vraiment très nouvelles, des choses qu’ils n’ont pas encore eu la chance de partager avec le public. C’est pourquoi j’ai nommé cette série de réunions Ice Breakers », précise-t-elle. Pour cette première édition, Jocelyne Baribeau prendra la parole aux côtés de trois autres artistes invités.
L’artiste folk Jacob Brodovsky est le premier de ces invités. Elle l’a rencontré alors qu’elle était membre du conseil d’administration des Canadian Folk Music Awards.
C’est lors de la 19e édition de l’évènement, en 2024, qu’il a été nommé « English Songwriter of the Year ».
Le duo Burnstick, dont l’artiste métisse francophone Nadia Gaudet fait partie, et l’artiste francophone Sala seront aussi présents pour cette soirée inaugurale.
« Ce sont des gens que j’admire infiniment dans l’industrie. Ils sont vraiment très authentiques, en plus d’être talentueux », se réjouit-elle.
Étant elle-même francophone, Jocelyne Baribeau remarque qu’il n’y a pas autant d’occasions pour les musiciens et musiciennes francophones de se réunir en dehors des grands évènements, tels que le Festival du Voyageur en hiver.
Elle reconnaît les défis auxquels les francophones en milieu minoritaire font face, particulièrement dans les régions rurales, où ils n’ont pas toujours accès à une communauté partageant leurs intérêts.
L’un de ses objectifs avec l’endroit est surtout de proposer aux artistes ruraux un espace abordable à l’extérieur de Winnipeg, afin qu’ils n’aient pas besoin de se déplacer aussi loin et que les réservations ne coûtent pas « les yeux de la tête non plus ».
Cependant, elle confie ne pas vouloir exclure les non-francophones, ajoutant que la soirée – et l’Atelier 48 dans son ensemble – sera ouverte aux musiciens et musiciennes de n’importe quelle origine linguistique.
Elle avoue avoir déjà accueilli des artistes anglophones de Steinbach pour des répétitions, parmi ses invités francophones.
Jocelyne Baribeau souhaite surtout que ceux qui apprennent actuellement le français se sentent à l’aise pour le pratiquer lors de cet évènement.
L’objectif est ainsi de promouvoir deux convictions qui lui tiennent à cœur : que le partage linguistique permet aux personnes qui apprennent le français de le pratiquer sur le terrain, et que la musique peut surpasser des barrières linguistiques.
« C’est certain que je suis très investie dans tout ce qui est francophone au Canada. Mais j’aimerais aussi voir comment on pourrait ouvrir cette porte aux anglophones et leur faire connaître notre musique. »
Les inscriptions pour la première édition de Ice Breakers sont ouvertes sur le site web d’Atelier 48.


