Avec des informations de Jaider CABARCAS
À l’âge de 27 ans, Noah Redden se lance dans sa toute première aventure politique pour la mairie de Winnipeg.
Issu du monde de l’informatique, il partage sa vision pour une ville moins dépendante de l’automobile.
« Cette année j’ai décidé de franchir le pas et de faire campagne pour rendre ma ville meilleure. »
S’il reconnaît n’avoir aucune expérience politique à son actif, Noah Redden nourrit depuis plusieurs années la volonté de contribuer plus concrètement à l’amélioration de la ville qui l’a vu grandir et dans laquelle il travaille en tant que développeur informatique.
C’est d’abord son amour pour Winnipeg qui pousse le jeune candidat de 27 ans, à se lancer dans ces élections municipales qui se tiendront ce 28 octobre.
« J’ai aussi un certain intérêt pour le réseau de transport collectif ici. Je veux vraiment voir une amélioration du système de transport à Winnipeg. »
« J’ai participé à plusieurs groupes consultatifs sur la question et j’ai été déçu de constater que beaucoup des candidats n’accordaient pas beaucoup d’importance à ce sujet. »
Il s’agit donc du cheval de bataille de Noah Redden.
« La grande faiblesse de notre système actuel est le manque de financement. Les sommes n’ont pas vraiment suivi le rythme de la croissance de la ville. Winnipeg continue de s’étendre dans la largeur et les réseaux de transports sont trop étirés. »
Il souligne d’ailleurs que la refonte des systèmes de transports opérés par la ville l’année dernière n’a pas eu les résultats escomptés.
« Je pense également que nous avons un problème d’infrastructures. Ces dernières donnent la part belle aux automobiles. »
Quant aux pistes de solutions envisagées par le candidat, celles-ci comprennent, par exemple, la mise en place de davantage de voies réservées au bus, la priorité aux feux de circulation, mais aussi davantage d’investissement dans la sécurité.
« Cela permettrait de rendre l’utilisation des bus plus intéressante pour les Winnipégois. »
Au-delà du système de transport, Noah Redden s’interroge aussi sur l’expansion et la forme que prend l’urbanisme dans les prairies.
Il fait le lien entre urbanisme et mobilité et critique notamment l’expansion des banlieues et estime que Winnipeg doit se concentrer davantage sur son centre urbain.
« Il faut que l’on construise vers le haut, pas vers l’extérieur. »
« Je pense que la manière dont nous avons construit la ville depuis les 50 dernières années a drainé les finances de la ville. Il faut inverser la tendance. »
De plus, pour Noah Redden, la question de l’aménagement de la ville est directement liée avec celle des transports.
Il vise notamment à améliorer la connectivité entre les différentes pistes cyclables et rendre cette option viable.
En ce qui concerne la question du financement, avant de se tourner vers les taxes, Noah Redden confie vouloir s’entretenir d’abord avec le gouvernement provincial.
Il regrette la fin de l’accord 50-50 Transit Funding par le gouvernement précédent en 2017.
Un accord selon lequel le gouvernement provincial rejoignait au dollar près les dépenses de la ville envers les transports en commun.
« J’aimerais avoir la chance de discuter avec la Province pour tenter de réinstaurer cet accord, ou au moins, une partie de ce financement. Autrement, j’essaierais plutôt de réallouer les fonds existants vers les transports. »
Et si l’on peut penser que son manque d’expérience pourrait jouer contre lui, Noah Redden au contraire pense plutôt que sa jeunesse permettrait de porter des préoccupations différentes et de renverser « le statu quo ».
« Je pense que les gens cherchent une meilleure alternative. L’une de mes motivations à faire campagne à mon âge c’est de pouvoir vivre dans la ville que je souhaite lorsque je serai plus âgé. Je sais aussi que beaucoup de jeunes se désintéressent de la politique municipale car les candidats sont généralement bien plus âgés qu’eux et ne partagent pas les mêmes priorités qu’eux. Alors j’espère apporter cette voix plus jeune dans le cycle des élections. »
C’est d’ailleurs l’un de ses leitmotivs, faire de Winnipeg une ville où les jeunes choisissent de rester.

