La candidate souhaite notamment s’attaquer à l’itinérance et mise sur une approche qu’elle veut davantage axée sur la communauté.

Pour Tracey Drexler, la politique n’était pas la route la plus prévisible.

Conductrice dans le réseau ferroviaire et mère de famille, elle sera pourtant la seule femme candidate à la mairie de Winnipeg.

« C’est une décision qui est venue lorsque j’ai vu qu’il y avait plusieurs candidats qui se ressemblaient tous un peu et qui prônaient toutes ces idées qui mènent la ville vers le mur. »

Un changement de voie

Ayant œuvré pour le CN et le CPKC, elle a également près de 20 ans d’expérience dans le système de santé.

Cependant, si elle venait à être élue, ce serait sa première expérience en politique.

« J’ai décidé de lever la main parce que j’ai vu que personne d’autre n’allait le faire. C’est toute une aventure, mais je pense que tout le monde doit commencer quelque part et j’éprouve beaucoup de plaisir à faire ça. »

Tracey Drexler juge cependant que son manque d’expérience en politique n’est pas une mauvaise chose.

« On est plusieurs candidats avec des profils différents, le maire sortant est un pasteur, par exemple, l’un des candidats est un acteur. Je pense que les citoyens veulent des gens différents qui représentent la diversité de notre communauté. »

C’est ce qu’il faut, selon elle, pour adresser les problèmes de la ville.

« Nous avons besoin de gens avec de l’expérience. Mais pas de l’expérience de bureau, de l’expérience de terrain, de l’expérience en humanisme, en aide à son prochain. Je travaillais dans une salle d’opération où je côtoyais des gens qui étaient au plus bas. C’est ce genre de bagage que je souhaite apporter. »

Une approche communautaire

Si elle est élue, Tracey Drexler souhaite faire de la crise de l’itinérance sa priorité.

« C’est un enjeu qui va de pair avec les problèmes d’addiction et la criminalité. Mon plan pour m’attaquer à ces problèmes est d’avoir une approche communautaire, qui prend soin des personnes et ne se contente pas seulement de les punir. »

Elle estime que, pour ce faire, il ne sera pas nécessaire d’augmenter le fardeau fiscal des contribuables.

« Il y a des économies à faire en ce sens. C’est moins cher mettre plus de travailleurs sociaux dans nos hôpitaux que d’envoyer des policiers à toutes les heures de la nuit. »

Tracey Drexler affirme qu’elle a un style qui la différencie des autres candidats.

« Je vois vraiment que l’on se dirige vers une politique à l’américaine avec les slogans qui frappent fort et le populisme que l’on connaît. Je voulais apporter une politique à la canadienne, non pas basée sur moi mais sur notre communauté.  »

À titre d’exemple, Tracey Drexler évoque les candidats qui se sont plaints qu’ils se faisaient « exclure » des débats, une attitude qu’elle juge déplorable.

Cela ne l’empêche pas de vouloir collaborer avec les autres candidats.

« Nous avons des buts différents, mais nous pouvons toujours nous serrer la main et prendre des photos ensemble. Il faut que l’on soit capable de travailler tout le monde ensemble pour diriger la ville », explique-t-elle.

Ancrée à Winnipeg depuis plusieurs années, Tracey Drexler affirme que son expérience de mère fait aussi partie de sa campagne.

« C’est une grande partie de ma vie, de qui je suis. Cela me permet de voir les choses d’une manière différente, je sais ce que c’est la complexité de devoir trouver une gardienne pour mes enfants pendant que je fais campagne, que j’assiste aux débats. »

Cependant, elle estime que son amour pour Winnipeg est la motivation qui la pousse à aller de l’avant.

« J’habite ici depuis 25 ans, j’ai élevé ma famille ici et les gens de Winnipeg, nous sommes une belle communauté. On travaille ensemble, on compte les uns sur les autres et mon but est de rendre la vie plus facile pour chaque Winnipégois. »

La candidate à la mairie s’engage également à apprendre le français, un objectif qu’elle s’est fixée avant même de lancer sa campagne.

« Quand les Américains ont menacé nos mesures linguistiques et que le premier ministre Carney a quitté la table de négociations, j’ai trouvé que c’était un moment très puissant. Ça m’a rappelé à quel point c’est important d’être bilingue. »

Tracey Drexler espère ainsi pouvoir servir les habitants de Winnipeg dans les deux langues officielles.