À la tête de leur propre équipe de production bilingue, les deux cinéastes souhaitent multiplier les collaborations.
L’absurdité abonde dans DEDE, le troisième film dirigé par la cinéaste Aurélia Gagné.
Ce court métrage raconte l’histoire d’un trafiquant de drogue qui se trouve dans une situation malheureuse.
Lorsqu’il reçoit la visite d’éclaireuses vendant des biscuits, il découvre une occasion de renverser la situation avec un plan de mélanger les biscuits avec sa drogue : l’éponyme « dede », une substance fictive qui évite de mettre en scène de véritables drogues.
En peu de temps, une guerre de territoire éclate entre le trafiquant et les éclaireuses autour du sort des biscuits trafiqués. Le conflit prend alors une tournure aussi comique que violente.
Un partenariat qui porte ses fruits
L’idée du film est née d’une partie de Cards Against Humanity, où le contraste entre les biscuits des éclaireuses et les trafiquants de drogue a retenu son attention.
« Il y avait quelque chose là-dedans que je trouvais vraiment drôle, confie-t-elle, mais je ne savais pas trop quoi en faire. Je me suis assise avec Matt pour en discuter, et il m’a finalement aidée à imaginer une histoire cohérente à partir de cette seule idée. »
En fait, les deux cinéastes n’en sont pas à leur première collaboration.
Matt Shoup, collègue d’Aurélia Gagné à l’Université de Winnipeg, s’est chargé de la photographie de son film précédent.
Cette collaboration, selon lui, a marqué le début d’un « partenariat fantastique », puisque tous deux font désormais partie de leur propre équipe de production bilingue intitulée Quindent Films.
« C’est un véritable plaisir de travailler avec Aurélia, se réjouit-il. C’est une réalisatrice dotée d’une vision très forte, mais qui nous laisse carte blanche pour la développer encore davantage. Elle crée une ambiance très agréable sur le plateau, où règne un esprit de collaboration. »
Cet esprit de collaboration, l’équipe s’est conformée à une règle essentielle : essayer n’importe quelle idée, peu importe son absurdité.
Aurélia Gagné explique que cette approche l’a aidée à sortir de sa zone de confort en tant que cinéaste, et lui a donné davantage confiance en elle.
« Il y a certains éléments dans le film que je trouvais peut-être trop bêtes, ou que je pensais être la seule à trouver drôles, mais je n’ai cessé d’y revenir. Tout le monde sur le plateau a fini par adorer ces idées, et j’espère que le public les trouvera tout aussi drôles », raconte-t-elle.
« J’avais des idées assez farfelues que je lui proposais, et elle était toujours ouverte à l’idée de tenter le coup. On a fini par réaliser ce que je considère comme un film très dynamique », souligne Matt Shoup.
La suite en français
DEDE sera présenté pour la première fois lors du UWinnipeg Film Festival ce 21 octobre, et sera l’un des films qui inaugureront le festival.
Matt Shoup se dit fier de cette réalisation et de sa collègue, et a également hâte de voir comment sa carrière évoluera. En particulier, il souhaite la voir s’impliquer davantage dans le monde du cinéma francophone, en raison de ses liens familiaux avec la francophonie manitobaine.
De son côté, Aurélia Gagné se réjouit d’avoir l’occasion de revisiter la francophonie à travers le film.
Ancienne élève de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) et habituée à la Ligue d’improvisation du Manitoba (LIM), elle a hâte de découvrir comment son propre style de film se traduit en français.
Selon elle, « il y a encore une différence importante entre ce qui est drôle en anglais et en français, mais grâce à tout ce que j’ai appris avec DEDE, je suis tout à fait prête à découvrir ma voix dans le cinéma francophone ».
Elle a déjà commencé à écrire son prochain film, qui mettra en scène un personnage qui s’exprimera parfois en français. Ce projet lui permettra d’approfondir son exploration du français à l’écran.
Elle espère aussi qu’il lui donnera l’occasion de rencontrer d’autres artistes francophones avec qui collaborer dans un avenir proche.
« Je suis reconnaissante que mes parents m’encouragent à pratiquer mon français autant que possible. C’est une partie de moi que j’aimerais conserver, et que j’ai hâte d’explorer très bientôt à travers ma carrière cinématographique », déclare-t-elle fièrement.




