Mené à l’été 2026, le sondage éclaire les consultations entourant le Plan d’action pour les langues officielles (PALO) 2028-2033.

Quatre ans après la dernière étude du même genre, qui était à l’époque pessimiste pour l’avenir des organismes francophones, le bilan montre cette fois-ci une stabilisation partielle.

« Le grand constat, c’est que le point de rupture a été évité. Et ça, c’est notamment grâce aux investissements du plan d’action 2023-2028.

« Ce plan d’action est vraiment venu répondre à un besoin qui était pressant en 2022 », explique Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada.

Cependant, plusieurs indicateurs se sont détériorés depuis quatre ans.

« Donc, le réseau demeure vraiment fragile et le plan d’action actuel n’a pas réglé les défis d’instabilité financière et d’érosion qui sont causés par l’inflation, la difficulté de recrutement du personnel, etc.

« Il existe encore des problèmes structurels à régler afin de solidifier et de raffermir nos institutions et organismes de la francophonie canadienne », souligne Liane Roy.

Des organismes résilients

Aujourd’hui, 80 % des organismes manquent de personnel pour accomplir leur mission. Près de 58 % des structures comptent cinq employés à temps plein ou moins. Environ 23 % sont en déficit.

Mais, en dépit des contraintes financières, 86 % des organismes considèrent que la qualité de leurs services et activités demeure adéquate ou très adéquate.

« Je pense que c’est parce que le besoin est là. Les gens savent que ce qu’ils font est important pour nos communautés.

« C’est pour ça qu’on a appris à faire beaucoup plus avec moins. On est habitués à travailler et livrer malgré tout, malgré les conditions qui ne sont souvent pas dans notre faveur, mais on sait que le besoin est là. Et, on voit que les petits pas qu’on fait donnent des résultats », confie Liane Roy.

Les gouvernements financent 80 % du réseau, dont 52 % proviennent d’Ottawa. Or, 48 % des organismes jugent leur stabilité financière incertaine sur trois ans.

La totalité des répondants réclame aussi un allègement du fardeau administratif gouvernemental.

« Ça, ça veut dire que le gouvernement peut corriger certaines incertitudes auxquelles font face de nombreux organismes en prenant des engagements financiers pluriannuels et des calendriers prévisibles et connus d’avance « Beaucoup doivent faire des demandes année après année. Ça prend beaucoup de ressources, ça prend beaucoup de temps », indique Liane Roy.

Elle suggère au Secrétariat du Conseil du Trésor une harmonisation interministérielle.

« Si une demande est faite à Patrimoine canadien ou à IRCC ou à Santé Canada, ce ne sont pas les mêmes formulaires, ce ne sont pas les mêmes conditions de révision de comptes. C’est toujours différent », déplore-t-elle.

Harmonisation et approche asymétrique

L’étude révèle enfin de forts écarts régionaux et sectoriels. Le secteur culturel reçoit 16,2 % moins de fonds fédéraux que la moyenne. Les déficits atteignent 42 % au Manitoba et 40 % dans le Nord et au Nouveau-Brunswick.

Une approche asymétrique est réclamée, en phase avec la Loi sur les langues officielles modernisée en 2023.

« On est très fragiles parce que là, on veut inviter les gens à Ottawa pour un sommet de la francophonie en 2028 pour montrer justement une francophonie forte au Canada, mais notre francophonie repose vraiment sur une infrastructure qui est très fragile. Le réseau d’organismes n’est pas encore assez solide pour affronter les grands défis des années à venir », observe Liane Roy.

La représentante de la FCFA informe enfin qu’il y aura une consultation à Winnipeg, sur invitation, le 24 novembre pour évoquer le prochain plan d’action 2028-2033.

Puis, le 27 novembre, la FCFA fera une conférence de presse à Ottawa pour présenter « les besoins des membres qu’ils veulent voir dans le prochain plan d’action. »