Ces organisations, dont Médias d’Info Canada et Magazines Canada, interpellent le Canada et l’Union européenne avant la publication de leur déclaration conjointe, à la fin de ce sommet.
Elles réclament un engagement ferme pour des médias libres, indépendants et durables et un journalisme professionnel fiable.
Paul Deegan préside Médias d’Info Canada, qui représente plus de 800 titres dans les provinces et territoires canadiens. Il rappelle l’historique de cette coopération, notamment avec News Media Europe.
« Nous travaillons étroitement avec News Media Europe, qui représente 2 700 titres en Europe, depuis plusieurs années.
« La menace que représentent les géants des moteurs de recherche, des réseaux sociaux et de l’IA constitue un danger clair et immédiat non seulement pour la presse, mais aussi pour tous les créateurs de contenu : auteurs, compositeurs, artistes-interprètes, photographes, etc. », indique-t-il.
En août 2025, les deux organisations avaient lancé un appel conjoint pour mettre fin à l’« exploitation intensive » de l’actualité par l’IA.
Il s’inscrivait dans la consultation sur un éventuel accord sur le commerce numérique Canada-Union européenne.
Aujourd’hui, la coalition dénonce l’exploitation massive des articles par des robots et agents d’IA non identifiés.
Plusieurs éditeurs poursuivent d’ailleurs OpenAI et l’entreprise canadienne Cohere en justice.
L’Europe et le Canada ont déjà adopté le droit voisin et la Loi sur les nouvelles en ligne.
L’Union européenne a également mis en place l’AI Act pour promouvoir la légalité et la transparence. Toutefois, la législation doit évoluer pour permettre aux éditeurs d’autoriser, surveiller et contrôler l’usage de leurs contenus.
Sur le plan national, Paul Deegan appelle Ottawa à agir :
« Le gouvernement canadien devrait utiliser ses procédures de passation de marchés pour n’acheter des services qu’auprès d’entreprises d’IA ayant obtenu le consentement des éditeurs et qui accordent la paternité des œuvres et une rémunération. Il ne devrait pas faire affaire avec des entreprises qui volent des contenus protégés par le droit d’auteur. »
Enfin, Paul Deegan résume l’objectif commun des éditeurs pour le Sommet de Montréal :
« Nos homologues européens et nous-mêmes espérons que cette déclaration commune inclura un engagement du Canada et de l’Europe à œuvrer ensemble pour défendre une presse libre et pluraliste et garantir sa pérennité. Les éditeurs doivent conserver le contrôle total de leurs contenus et de la valeur qu’ils génèrent, afin que nous puissions réinvestir dans un journalisme de meilleure qualité pour maintenir le public informé et engagé. »

