L’organisme Noir et Fier et le journal La Liberté se sont associés pour lancer, le 13 octobre, Afro Mag, un tout nouveau magazine consacré aux communautés noires du Manitoba.

Pour son premier numéro, la publication met à l’honneur l’entrepreneuriat local en explorant le parcours inspirant de créateurs passionnés qui transforment leurs idées en réussites.

À travers des portraits captivants, des entrevues exclusives et des analyses de fond, ce numéro aborde sans tabou les défis à relever et les leviers de la réussite.

Les articles de ce magazine ont été rédigés par sept jeunes talents de 14 à 25 ans, formés et accompagnés en journalisme par Hugo Beaucamp de La Liberté et Wilgis Agossa, fondateur de Noir et Fier.

Pour la plupart issus de l’immigration et originaires de différents pays du continent africain, ils posent un regard neuf, curieux, dynamique et authentique sur leur propre communauté.

C’est une invitation à écouter ces voix locales et à célébrer leur contribution essentielle à la vitalité économique du Manitoba.

Malaïka Mone, 16 ans, élève en 12e année au Centre scolaire Léo-Rémillard, est l’une des jeunes qui ont participé à la rédaction du magazine.

Selon elle, cette expérience lui a permis de porter un regard nouveau sur elle-même et sur les communautés noires.

« Cela m’a permis d’apprendre différentes choses et d’élargir mon répertoire. Et c’est vraiment un grand atout pour moi », explique Malaïka Mone.

En participant au processus de rédaction, elle a également découvert la créativité des communautés noires du Manitoba.

« Cette expérience m’a permis d’apprendre que nous sommes créatifs, que nous sommes résilients et que nous sommes présents. Malgré les difficultés que certains peuvent rencontrer ou ont rencontrées, ils n’ont pas baissé les bras. Ils ont persévéré et ont fini par créer quelque chose de beau, quelque chose qui rend service à la communauté. »

Les communautés noires contribuent ainsi à la construction de la société manitobaine.

Pour Malaïka Mone, l’entrepreneuriat répond souvent à des besoins concrets au sein de la communauté.

« La plupart des personnes qui se lancent dans l’entrepreneuriat le font surtout pour répondre à un besoin ou à une demande de la communauté. Du coup, elles commencent à produire quelque chose pour leur communauté, parfois même avant de le faire pour elles-mêmes. Parce que quand tu viens d’arriver ici, tu n’as pas forcément accès à toutes les choses que tu avais dans ton pays », témoigne-t-elle.

« C’est vraiment quelque chose que j’ai admiré tout au long des différentes entrevues que j’ai réalisées : le fait qu’ils aient créé leur entreprise pour répondre aux besoins de la société. »

Originaire du Sénégal, Sileymane Toure est, quant à lui, un passionné de lecture et d’écriture.

Heureux de découvrir un nouveau style d’écriture, il a été particulièrement impressionné par la passion de Wilgis Agossa et d’Hugo Beaucamp, tous deux membres de l’équipe éditoriale du projet.

« J’ai trouvé l’expérience tellement enrichissante parce qu’à travers les différentes activités que nous avons pu faire avec messieurs Wilgis et Hugo, j’ai appris à perfectionner mon écriture journalistique. Moi, je faisais de l’écriture de slams et de poèmes, et j’ai pu apprendre de nouvelles choses dans ce domaine-là. C’est quelque chose dont je suis vraiment fier », se réjouit-il.

Le jeune homme estime également que cette expérience pourrait lui ouvrir des portes dans le cadre de son parcours professionnel.

« J’aime écrire et j’aime lire aussi. Ça peut m’aider dans le futur si je trouve des occasions en lien avec ce domaine-là. Je n’hésiterai pas à me lancer, parce que c’est quelque chose que j’aime et dans lequel je veux aller plus loin. »

Afro Mag est né. Quel avenir?

Wilgis Agossa, directeur artistique de Noir et Fier s’est dit honoré de participer au lancement de ce magazine.

Né d’une exposition organisée en 2021, Noir et Fier s’est ensuite structuré en organisme afin de mettre en lumière les personnes issues des communautés noires, à travers leurs histoires, leurs cultures et leurs valeurs.

Afro Mag s’inscrit dans cette même démarche.

La directrice générale et rédactrice en chef de La Liberté, Sophie Gaulin, a exprimé sa fierté d’avoir contribué à la naissance de ce magazine.

Elle a souligné l’importance d’une telle publication au sein d’une communauté minoritaire sur le plan linguistique.

« C’est important à La Liberté qu’on continue de voir des parcours de personnes noires dans nos pages. Mais, ce n’est pas suffisant parce que je crois qu’il est important d’avoir tout un magazine dédié à une communauté afrodescendante », précise-t-elle.

« On veut comprendre comment cette communauté participe à la vie collective et enrichit notre vie culturelle, entrepreneuriale et sociale. C’est pour ça que ce projet faisait sens. Il avait sa place à part entière », ajoute Sophie Gaulin.

Le magazine est distribué aux lecteurs de La Liberté depuis le 15 octobre.

« Maintenant, le magazine est à nous. Qu’allons-nous en faire? Alors que La Liberté a aujourd’hui plus de 100 ans, quelle sera la durée de vie de ce nouveau-né? Humblement, je pense qu’il n’est plus entre nos mains. Il est à vous. Et si chacun de nous prenait quelques secondes pour tenir Afro Mag entre ses mains, le regarder, le feuilleter et se poser cette même question : quelle sera sa durée de vie? », lance Wilgis Agossa, invitant les lecteurs à faire vivre le magazine.

Ce projet a vu le jour grâce au soutien financier du gouvernement du Canada, par l’intermédiaire de Patrimoine canadien.

Selon Wilgis Agossa, ces subventions, sur lesquelles il espère continuer de compter, ne suffisent toutefois pas à couvrir l’ensemble des besoins nécessaires pour assurer la pérennité de cette publication trimestrielle.

« Toutefois, je sais que nous pouvons compter sur votre bonne volonté. Je sais que vous avez envie de faire vivre ce magazine pendant plusieurs années, voire plusieurs générations. C’est pourquoi je vous invite à envisager un don, aussi modeste soit-il, ponctuel, mais de préférence mensuel, pour contribuer à la pérennité de nos initiatives et de ce magazine », invite-t-il.