Pendant l’été, chaque mercredi, quelques dizaines de personnes se sont retrouvées au parc Memorial de Winnipeg pour alerter la population manitobaine sur les dangers qui pèsent sur l’eau potable dans la province. Leur action continue à travers des réunions d’échanges. La prochaine se tient ce mardi 22 octobre.

Cet été, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées chaque mercredi vers 17 h, au Parc Memorial. Face à la rue Osborne, ils brandissent des pancartes pour alerter les automobilistes des dangers qui pèsent sur l'eau potable au Manitoba.
Cet été, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées chaque mercredi vers 17 h, au Parc Memorial. Face à la rue Osborne, ils brandissent des pancartes pour alerter les automobilistes des dangers qui pèsent sur l’eau potable au Manitoba.

« On aime l’eau! », « Water is life! Life before profit », « Honk 4 water »… Munis de plusieurs pancartes, un peu plus d’une dizaine de personnes se sont regroupées le 4 septembre pour une Marche de l’eau au parc Memorial de Winnipeg, en face du Palais législatif.

Lancées cet été, les Winnipeg Water Marches sont une prolongation du mouvement autochtone Idle No More. Tenues chaque mercredi en fin d’après-midi jusqu’en septembre, ces Marches de l’eau ont rassemblé des gens bien au-delà des Premières nations.

Brandissant fièrement une pancarte « Water is life » écrite au feutre bleu, la francophone Maryse Chartier explique qu’elle a vécu « dix jours dans une réserve où il n’y avait pas d’aqueduc. C’est la première fois que j’ai réalisé qu’il n’y avait pas d’eau pour tous au Canada ».

La jeune femme, comme la plupart des francophones présents ce 4 septembre, fait partie du comité Développement et paix de l’Université de Saint-Boniface (USB).

« Sur les enjeux de l’eau, cela fait longtemps que le comité Développement et paix fait du lobbying auprès des gouvernements fédéral et provincial pour que l’eau ne soit pas à vendre. L’eau est un droit! », insiste la directrice du Service d’animation spirituelle de l’USB, Sœur Norma McDonald, qui appuie le comité.

L’eau potable en danger ?

Les revendications du collectif ont cependant pris une toute autre dimension quand plusieurs communautés rurales au sud du Manitoba ont été consultées, pendant la semaine du 26 août, sur le projet Énergie Est.

Ce dernier, mené par l’entreprise albertaine TransCanada, vise à transformer un gazoduc en oléoduc. Le pipeline, qui passe à proximité du lac Shoal qui fournit Winnipeg en eau potable, transporterait plus d’un million de barils de pétrole brut des sables bitumineux de l’Alberta et de la Saskatchewan vers des raffineries situées au Nouveau-Brunswick et au Québec.

« L’heure est venue de dire la vérité aux gens, affirme l’un des porte-paroles de la Marche de l’eau, Michael Kannon. Winnipeg n’a pas été consultée sur ce projet, alors que des petites villes l’ont été. Mais 700 000 Winnipégois ont leur mot à dire! »

« Les multinationales évitent souvent les grandes villes, c’est stratégique », soutient une autre francophone, Janelle de Rocquigny.

Elle remarque par ailleurs que « d’habitude, on parle d’accès à l’eau potable dans les pays du Sud, mais on réalise de plus en plus qu’il est nécessaire de sensibiliser aussi les gens à ce problème ici-même au Canada ».

Notre objectif est qu’une consultation soit mise en place pour les Winnipégois à propos de la transformation de ce pipeline. – Janelle de Rocquigny

Ainsi, l’action du collectif se poursuit, notamment à travers des réunions. « Nous souhaitons sensibiliser davantage de monde sur la question de l’eau et ouvrir le débat. La prochaine réunion se tient mardi prochain, le 22 octobre », précise Janelle de Rocquigny. Elle débutera à 19 h, à la librairie Mondragon, rue Albert, à Winnipeg. Les thèmes de l’eau et des pipelines au Manitoba seront plus spécifiquement mis en avant. « Notre objectif est qu’une consultation soit mise en place pour les Winnipégois à propos de la transformation de ce pipeline », appuie la jeune femme.

« S’il y a une fuite dans le lac Shoal, il va y avoir beaucoup de gens sans eau potable, conclut Michael Kannon. Et quand une ville majeure n’a plus d’eau, ça devient un problème national. »

Par Thibault JOURDAN

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