De retour d’un voyage humanitaire au Nicaragua, les jeunes adultes qui y étaient n’ont plus la même définition de la faim. La Franco-Manitobaine, Myriam Dupuis raconte son expérience.

Myriam Dupuis dans un champ de café lors de son voyage au Nicaragua.
Myriam Dupuis dans un champ de café lors de son voyage au Nicaragua.

Du 5 au 19 mai dernier, huit jeunes de partout au Canada sous la supervision de la coordonnatrice du voyage et de l’engagement des jeunes de Canadian Foodgrains Bank, Roberta Gramlich étaient au Nicaragua dans le cadre d’un voyage d’étude alimentaire. Parmi les participants, une jeune étudiante de l’Université de Saint-Boniface (USB), Myriam Dupuis qui, comme les autres participants est revenue riche de son expérience.

« Je ne sais pas encore tout ce que ce voyage a changé en moi mais je sais que je ne suis plus tout à fait la même personne », lance Myriam Dupuis encore toute émerveillée par ce qu’elle a vu et appris.

D’ailleurs, l’un des objectifs de ces voyages organisés depuis quelques années par l’organisme Canadian Foodgrains Bank est de permettre à de jeunes adultes d’être en contact avec la réalité des populations qui peinent à avoir le nécessaire pour leur alimentation. « Ces jeunes sont à un temps où ils veulent explorer le monde », confie Roberta Gramlich.

| Changer avec les jeunes

« C’est vraiment un moment clé de leur vie où ils vivent une expérience qui peut les affecter aujourd’hui et dans le futur, affirme Roberta Gramlich. Ces jeunes connaissent les différents enjeux mais de le vivre, c’est une autre histoire. » La soif de connaissance, c’est justement ce qui a poussé Myriam Dupuis à se lancer dans ce périple d’où elle sort comblée mais aussi attristée de la misère que connaissent certaines populations.

Membre du groupe de Développement et Paix de l’USB, elle s’est rendue compte de ses insuffisances en matière de connaissance sur la faim dans le monde et des organismes qui luttent contre en organisant une activité du groupe, le banquet de la faim. Aujourd’hui, elle se dit plus outillée pour en parler. « Mes attentes ont été comblées par ce voyage, confie-t-elle.

« Maintenant, je fais beaucoup plus attention à ne pas gaspiller de la nourriture ni de l’eau », ajoute Myriam Dupuis. Car sur le terrain, celle-ci a côtoyé de très près la faim à travers les populations qui la vivent. Sur les fermes ou dans la famille d’accueil des jeunes, il était facile de constater l’omniprésence de la malnutrition et de ses conséquences témoigne-t-elle. « Il y a beaucoup de pauvreté, déplore-t-elle.

« Les gens ne mangent pas à leur faim, se désole Myriam Dupuis. De plus, il n’y avait pas beaucoup de variété. » Et pourtant, le travail qu’ils abattent au quotidien est énorme. Sous la chaleur et malgré les caprices de la nature, les fermiers persévèrent. « Quand on allait dans les fermes, ce qui m’impressionnait, c’est tout le travail physique, se rappelle Myriam Dupuis. Ici, on a plein de machines alors que chez eux, presque tout est fait à la main.

« J’ai vu encore plus l’importance de manger de la nourriture équitable, renchérit-elle. Ces gens ne sont pas vraiment payés pour le travail qu’ils font. »

| La foi dans la douleur

Malgré cette pauvreté qui prend racine dans plusieurs familles, surtout au niveau des petits agriculteurs, les populations témoignent d’une foi de roc. « Comme chrétienne, j’étais fascinée, confesse Myriam Dupuis. C’est vraiment beau de voir les gens garder la foi malgré les situations difficiles. »

Mais cette foi n’est pas vaine car en effet, la situation au Nicaragua, deuxième pays le plus pauvre d’Amérique latine, a nettement évolué dans les dernières années. « C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles ont voulait aller
là-bas, explique Myriam Dupuis

« On voulait voir comment le pays a pu améliorer sa situation, poursuit-elle. Ils ont travaillé fort pour y arriver. » Avec le soutien d’organismes comme Canadian Foodgrains Bank, les petits agriculteurs bénéficient de formation pour rentabiliser la terre de la meilleure façon.

Malgré toutes les avancées qui ont été faites dans les dernières années, de grands pas restent à franchir. Mais la foi de ces populations est désormais contagieuse. Pour Myriam Dupuis, le changement est possible. « On peut faire un changement, assure-t-elle. Mais il faut qu’on s’y mette tous. »

Wilgis AGOSSA

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