Dans la série Comment devenir adulte, Rémi, Vanessa, Simon et Bréanne préparent la rentrée au Collège Louis-Riel.

L’offre télévisuelle de l’automne est lancée dans l’inquiétude. Les producteurs se mobilisent pour défendre la clause d’exception culturelle attaquée par Washington dans les pourparlers sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Ils pressent également Ottawa de taxer les géants du Web (Google, Amazon, Facebook, Apple, Netflix, Youtube, Spotify et autres) pour financer ce secteur vital. Malgré les difficultés, le nombre de producteurs hors Québec augmente ainsi que leur portefeuille de projets.

Par Jean-Pierre DUBÉ (Francopresse)

En deux ans, l’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC) est passé de 16 à 23 membres. Les nouvelles séries au petit écran, comme Comment devenir adulte de Wookey Films (Winnipeg), reflètent une hausse du contenu produit en milieu minoritaire.

« L’arrivée de la chaine Unis a permis d’accroitre le membership, explique le président de l’Alliance, Jean-Claude Bellefeuille. On a de nouveaux membres en Nouvelle-Écosse (4e Mur), à Terre-Neuve et Labrador (Sibelle Productions) et au Yukon (World Wide Media). Ça nous permet d’ajouter au contenu canadien. Mais rien n’est parfait. »

Comme les autres artisans de la télé, les producteurs demeurent sur le qui-vive tant que le fédéral n’aura pas annoncé son appui au milieu culturel. Entretemps, ils se sont adaptés au virage numérique, selon le producteur de Moncton.

« On est en standby tant que le ministère du Patrimoine n’aura pas défini le contenu canadien. En attendant, toutes les décisions du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, c’est un peu un dédale. Est-ce qu’on va continuer avec les mêmes outils pour financer les projets ? Est-ce que Netflix et les autres vont participer ? »

Même si la ministre Mélanie Joly rejette catégoriquement l’idée d’imposer les distributeurs américains, les membres de l’industrie culturelle poursuivent le combat. Entretemps, Google songe à un siège social à Vancouver et Amazon lorgne Montréal.

C’est toujours une question d’argent, note Jean-Claude Bellefeuille. « On a toujours nos champions, Unis, SRC et dans une moindre mesure TFO, qui s’oriente vers le numérique. On a aussi Canal D, Canal Z, Vrak et Historia. Mais on a atteint un point de saturation, on ne peut pas aller plus loin. »

Pour l’exercice du printemps 2017, un total de 13,8 millions $ de demandes ont été faites au Fonds des médias du Canada pour les 8 millions $ disponibles. « Il y a autant de productions, mais les budgets par projet sont à la baisse, souligne-t-il. Au niveau de l’Alliance, on va travailler avec Patrimoine canadien cette année afin d’augmenter le niveau de production en milieu minoritaire. »

Les difficultés sont parfois accompagnées de bonnes nouvelles. Des membres de l’APFC ont produit cette année deux séries pour enfants (Agrofun et Amélie et Cie). Et du jamais vu : trois autres producteurs (Slalom d’Ottawa, ainsi que Mozus et Bellefeuille de Moncton) ont obtenu le feu vert pour lancer la production de trois séries dramatiques.

Si l’exception culturelle venait à disparaitre de l’ALÉNA, Ottawa ne pourrait plus subventionner l’industrie directement, en particulier le film, le livre et la musique. Le refus d’Ottawa de taxer les milliards de revenus canadiens des géants du Web a été annoncé au moment de lancer la révision de la politique ; la décision n’a pas changé malgré le consensus au sein du public, de l’industrie culturelle et des provinces.

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