La journaliste Morgane Lemée a testé une séance sous hypnose.

La régression sous hypnose. On en parle de plus en plus. Il y a ceux qui y croient dur comme fer. Il y a les sceptiques, qui la méprisent et qui ne l’essaieraient pour rien au monde. Pour ma part, je ne savais pas trop où me placer, il y a encore quelques semaines. Aujourd’hui, je me suis lancée dans une séance d’hypnose de régression… Et je ne regrette pas du tout!

Par Morgane LEMÉE

Bon, autant le dire tout de suite : la régression sous hypnose? Il y avait une partie de moi qui était sceptique. Je ne connaissais pas grand chose à l’hypnose. Mais, je suis de nature curieuse. J’aime et je suis attirée par les nouvelles expériences. Alors, pourquoi pas?

En hypnose, il y a beaucoup de différentes pratiques. En bref, l’hypnose de régression sert, entre autres, à retracer ses vies antérieures et comprendre certaines de nos blessures, dans le but de les guérir. Soit. Les vies passées, je ne suis pas sûre que cela m’intéresse vraiment. Une vie, ça suffit non? J’ai déjà bien assez de problèmes à gérer celle-là…

Alors, aller en visiter d’autres, ce n’était pas ma motivation principale. Ce qui m’intéressait surtout dans l’hypnose, c’était de comprendre. Comprendre comment cela fonctionne vraiment et me comprendre, moi, davantage.

Lorsque j’ai rencontré Marie-Anne Bisson, hypnothérapeute, le courant est tout de suite passé. Certes, le processus me paraissait abstrait. Mais elle a su me mettre à l’aise et en confiance. J’étais juste curieuse, et si ça ne marchait pas, et bien tant pis.

Cela s’est révélé être une expérience fascinante.

Quand on m’a dit après la séance que cela avait duré 2 h 30, j’étais très surprise. J’avais l’impression d’avoir été allongée à peine une heure. Maintenant même, en écrivant, je me rends compte que je ne me souviens pas de chaque souvenir que l’on a exploré. Certains moments, eux, ont été très marquants.

Nous avons exploré deux de mes « vies antérieures ». Pour ce faire, Marie-Anne m’aidait à entrer dans un état de bien-être extrême. Elle me décrivait un endroit très relaxant à mes yeux (que l’on avait choisi ensemble au préalable), d’une voix calme et très douce. Puis, elle me posait des questions très simples. Et là, j’ai commencé à raconter une histoire.

Apparemment, je m’appelais Ariane et je vivais dans un petit village de la Grèce antique (mon professeur d’histoire de 10e année serait sûrement ravi de voir, enfin, cet intérêt se développer). Nous avons parcouru les plus grands événements de cette vie antérieure, pour finalement revoir, sans souffrance, la mort d’Ariane, et tirer le bilan de cette vie.

« Cette fois, je suis Isabelle,
féministe des années 1960 »

Une autre de mes vies antérieures? Cette fois-ci, je m’appelle Isabelle : jeune parisienne d’une trentaine d’années, écrivaine, politicienne, militante, féministe des années 1960. Lorsque Marie-Anne me posait des questions, certaines choses étaient très floues, et d’autres, évidentes. Je n’avais aucune idée d’où ça sortait. Pendant les quelques jours suivant la séance, ces images m’ont intriguée.

Aujourd’hui, avec du recul, je pense que tout ceci n’était que le fruit de mon imagination, inspirée d’expériences réelles : quelques jours avant la séance d’hypnose avec Marie-Anne, Simone Veil est décédée. J’ai lu plusieurs articles sur le parcours de vie bien rempli de la politicienne française, icône de la lutte contre la discrimination des femmes. Le parcours de la militante Isabelle me parait une drôle de coïncidence, tout d’un coup.

Ces moments d’expression de mon imagination étaient donc, peut-être, peu pertinents. Puis, nous sommes retournées à ma vie présente. Ça, ça me parlait déjà plus.

Marie-Anne m’a demandé de revivre un moment de mon enfance. Je replongeais dans ce souvenir et plus on en parlait, plus j’en revoyais les détails, les images, les sons et les sensations.

« J’étais endormie et éveillée à la fois. C’était une sensation que je n’avais jamais eue auparavant. »

Je vais peut-être partager quelque chose de très personnel, mais à ce moment-là, j’ai explosé en sanglots. En une fraction de seconde, c’est venu tout d’un coup. Je pouvais voir cette petite Morgane et ressentir ce qu’elle ressentait, tout en ayant le recul d’une adulte, une grande personne qui comprend et qui ne comprend pas à la fois, et qui voudrait lui parler. Et ça, ça a touché quelque chose.

C’est ce moment qui m’a certainement le plus marquée. Parce que bon, le fait de savoir que j’ai peut-être, dans une vie antérieure, vécu pieds nus dans la Grèce antique, à manger des fruits dans ma petite cabane, ce n’est pas transcendant. En revanche, aller chercher des souvenirs pour les comprendre et lâcher prise, c’est une expérience vraiment intéressante.

À la fin de l’exploration de chacune de ces vies antérieures, Marie-Anne me demandait : « qu’est-ce qu’Ariane aimerait dire à Morgane? Qu’aimerais-tu retenir de la vie d’Isabelle, pour ta vie présente? ». Retenir une leçon, comprendre et, pourquoi pas, intégrer ceci dans ma réflexion de vie, me paraît pertinent. C’est ce qui a rendu cette expérience enrichissante à mes yeux.

Ce qui m’a aussi beaucoup fascinée, c’était la sensation physique. Au départ, je ne m’en suis pas rendue compte. Au début de la session, Marie-Anne a longuement parlé. Je me sentais extrêmement détendue. Puis, vraiment, vraiment détendue. Comme si mon corps se fondait dans le lit sur lequel j’étais.

C’est au milieu de la séance que je m’en suis vraiment rendue compte, grâce à un petit imprévu : j’avais une envie très pressante d’aller au petit coin. Il fallait que je me lève. C’est alors que j’ai senti, littéralement, que mon corps était en transe. Très lourd, lent, comme plongé. J’étais endormie et éveillée à la fois. C’était une sensation que je n’avais jamais eue auparavant.

Alors non, je ne crois pas plus aux vies antérieures. Toutefois, je suis très contente d’avoir fait en sorte de comprendre, peut-être un peu plus, celle-ci, cette vie qui ne paraît pas toujours très claire, pas autant qu’on l’aimerait. Ma vie n’a pas trouvé un nouveau sens, mais c’est comme si mon regard était, ne serait-ce qu’un tout petit peu, plus clair après cette expérience.

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