De gauche à droite : Barbara Farpelha, Rishtia Rajib, Brittany Guarino, Abby Rodrigue et Sandra Dvoyrin. (photo : Raphaël Boutroy)

Comme tous les étés, une équipe de l’organisme Sauvons notre Seine (Save Our Seine – S.O.S) est mise en place pour récupérer les déchets de la rivière Seine.

Cette année les intempéries exceptionnelles qu’a connues le Manitoba ont rendu le travail de cette équipe plus compliqué.

Par Jonathan SEMAH

C’est de la mi-mai jusqu’à la fin du mois d’août que chaque été les équipes de S.O.S arpentent la rivière Seine pour la protéger et la préserver. Denis Gautron, ancien président de l’organisme et maintenant bénévole, détaille un peu plus le travail des membres.

« Régulièrement, nous faisons appel à des étudiants qui sont en secondaire ou à l’université. Ils sont rémunérés, reçoivent de l’entraînement et sont ensuite équipés pour faire du nettoyage. En général, l’équipe est composée de quatre à cinq membres. Je rappelle que la Seine est longue de 26 kms. Donc, c’est un gros projet. »

Denis Gautron, ancien président et membre actif de Sauvons notre Seine. (photo : Raphaël Boutroy)

L’un des buts également de cette équipe est de rendre la rivière navigable pour tout le monde. Barbara Farpelha est coordonnatrice de terrain et à la tête du groupe de cet été 2022. Étudiante en environnement à l’Université de Winnipeg, elle décrit ses responsabilités.

« Je supervise l’équipe et je décide des actions que nous allons faire chaque jour. Nous nous concentrons sur les déchets qu’il y a dans l’eau, mais aussi ceux aux abords de la rivière. »

Composée de cinq per- sonnes âgées de 20 à 24 ans, l’équipe de cette année est exclusivement féminine, ce qui est une première dans l’histoire de S.O.S. Ce n’est pas un choix de l’organisme. Mais ce sont simplement les cinq meilleurs profils qui ont postulé pour la session 2022.

« Nous sommes un groupe très soudé. Cette job peut être dure physiquement parfois, mais ça ne nous fait pas peur. À part moi, toutes les filles occupent cette responsabilité pour la première fois.

« Nous sommes toutes très impliquées. Nous aimons ce que nous faisons et surtout nous aimons à quel point la communauté est reconnaissante et respectueuse de notre travail.

« Des gens passent quand nous sommes dans l’eau et nous encouragent beaucoup. Nous aimons avoir un impact direct pour les gens qui habitent proche de la rivière », explique Barbara Farpelha qui vit sa deuxième saison avec Sauvons notre Seine.

Un exemple de ce que l’équipe de Barbara Farpelha, retrouve chaque jour dans la rivière Seine. (photo : Raphaël Boutroy)

| Une rivière très perturbée

Après un été 2021 très sec où le niveau d’eau de la rivière Seine était très bas, 2022 est tout le contraire. Intempéries, inondations et pluies abondantes entraînement beaucoup de difficultés.

« Le niveau de l’eau est très haut et la rivière est plus large et plus difficile à naviguer. Certains déchets, comme beaucoup de troncs d’arbres, se sont joints à la rivière. Cette situation entraîne plusieurs ajustements pour notre équipe sur le terrain, notamment en ce qui concerne la sécurité », ajoute Denis Gautron.

Troncs d’arbres, mauvaises herbes, plastique. Mais aussi pneus, vélos et même des charriots d’épicerie, Barbara Farpelha et son équipe ont en effet repêché beaucoup d’éléments assez originaux cette année.

Sandra Dvoyrin, Rishtia Rajib et Abby Rodrigue. (photo : Raphaël Boutroy)

« La sécheresse de l’année dernière nous avait permis d’enlever les débris qui étaient au fond de l’eau depuis longtemps. Mais je trouve que le défi principal de cette année est la grosse augmentation de troncs d’arbres qui sont tombés dans l’eau et qui créent des barrages.

« On trouve aussi beaucoup de grands bâtons de bois. Et cette année, il y a beaucoup de remous et de courant dans l’eau. Notre job dépend de la météo et clairement cette année, elle n’a pas été bonne. Chaque lieu que nous nettoyons représente un défi différent. On s’adapte chaque fois et aucun jour ne se ressemble. »

| Un défi environnemental 

Brittany Guarino et Abby Rodrigue. (photo : Raphaël Boutroy)

L’équipe de Barbara Farpelha remarque aussi qu’à certains endroits la rive s’affaisse un peu, ce qui entraîne la chute de quelques arbres. Le collectif, qui travaille du lundi au vendredi, récupère ensuite les déchets qui ne sont pas naturels et les transportent dans les décharges de la ville.

Au-delà du travail quotidien, Denis Gautron est fier de partager cette mission à de plus en plus de personnes, notamment à des jeunes qui ont complètement conscience des enjeux environnementaux.

« Après ce travail, la plupart des jeunes restent avec nous et s’impliquent à longueur d’année dans les actions de S.O.S. Nous souhaitons développer le leadership de ces jeunes qui seront les responsables de demain. »

Barbara Farpelha et les membres de son équipe sont déjà très au courant de cette réalité environnementale. Cette responsabilité n’est pas qu’un simple travail d’été, mais plutôt une vraie action citoyenne.

« Protéger la rivière est tellement important, car c’est une ressource très précieuse. Et nous devons prendre soin de ce que nous avons tant que nous l’avons. »

Brittany Guarino, Abby Rodrigue, Sandra Dvoyrin et Rishtia Rajib. (photo : Raphaël Boutroy)

La hauteur de la rivière Seine 

Pour mesurer la hauteur de la rivière Seine, il est possible de consulter les métriques concernant la rivière Rouge. La Seine se jetant dans la Rouge, les hauteurs de cette dernière influent donc sur le niveau d’eau de la Seine.

La Ville de Winnipeg choisit son point zéro à l’intersection de l’avenue James et de la rivière Rouge. Selon leurs mesures, en juillet 2022 la Rouge est à environ 11 mètres géodésiques au-dessus du zéro, contre environ 6 mètres géodésiques au-dessus du 0 à la même période en 2021. (Voir graphiques ci-contre)

S’impliquer dans la sauvegarde de la rivière

Sauvons notre Seine / Save Our Seine est un organisme de bienfaisance sans but lucratif.Son mandat est clair : préserver, protéger, améliorer, restaurer et réparer la rivière Seine, tout en sensibilisant le public. Pour l’aider à mener à bien cette mission, S.O.S peut compter sur plusieurs voies de financement. La principale source budgétaire est gouvernementale. En 2021, selon le rapport annuel de l’organisme, 47,2 % des revenus étaient de source gouvernementale, soit quasiment 81 000 $ sur un budget total de 172 678 $. Le reste provenait d’autres organismes de bienfaisance, de fonds privés mais aussi de dons.

En 2021, S.O.S a reçu 19 403 $ de donateurs individuels, dont 2 339 $ en frais d’adhésion. L’organisme comptait en 2021, 116 membres. Un chiffre en hausse par rapport à 2020 qui était à l’époque de 14 824 $.

« Les dons sont importants pour nous aider à améliorer la propreté de notre rivière et l’amélioration de l’habitat naturel. Les gens peuvent aussi, comme nous cette année, s’engager pour l’été ou faire du bénévolat. Toutes les informations sont sur notre site web », explique Barbara Farpelha.

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