Avec des informations de Hugo BEAUCAMP

Cette augmentation de la grille salariale s’appuie sur les précédentes séries d’augmentations salariales.

En effet, l’an passé, le salaire de ces professionnels avait été augmenté jusqu’à 5 $ par heure selon le niveau de certification et la taille de la garderie.

Cette fois-ci, les éducatrices et éducateurs des jeunes enfants pourraient voir leur salaire horaire augmenter d’au plus 7,00 $ (rétroactivement à avril 2024), selon le niveau de certification et la taille de l’établissement de garde d’enfants.

La nouvelle grille salariale est entrée en vigueur le 1er avril 2026.

«  En mai 2025, nos gouvernements, ceux du Manitoba et du Canada, ont annoncé la plus importante augmentation salariale jamais accordée au secteur de l’éducation de la petite enfance et des services de garde ici, au Manitoba.

« Cette annonce a marqué un tournant décisif dans la reconnaissance de la valeur de ce personnel. Nous avons continué à nous appuyer sur cet engagement historique, associé à un financement accru destiné à soutenir la hausse des salaires prévue dans le budget 2026. Les salaires des éducateurs de la petite enfance en première ligne ont augmenté de plus de 7 dollars de l’heure au cours des deux dernières années, et c’est vraiment une raison de se célébrer », a commenté Tracy Schmidt, ministre de l’Éducation et de l’Apprentissage de la petite enfance

Par exemple, un éducateur en jeune enfance (EJE) de niveau 2 aura désormais, selon la grille salariale de l’apprentissage et de la garde de la petite enfance du Manitoba, un salaire de 28,36 $, contre 27,56 $, l’année dernière.

« Tous les salaires de référence figurant dans la grille salariale de 2026 ont été augmentés de 2,9 % », a précisé la ministre Schmidt.

Afin de soutenir les salaires des éducateurs de la petite enfance, des aides des services à l’enfance et des prestataires de services de garde à domicile, une augmentation de 2 % du financement lié à la grille salariale sera accordée aux établissements de garde d’enfants autorisés et subventionnés, pour un total de 14,3 millions $.

Élargir et de maintenir des programmes de formation

Les subventions de fonctionnement de base augmenteront aussi de 1 %, ce qui représente une hausse de 4,7 millions de dollars du financement de fonctionnement pour l’ensemble des établissements d’apprentissage et de garde d’enfants autorisés et subventionnés par la province, a aussi annoncé le gouvernement provincial.

Par ailleurs, plus de 14 millions de dollars seront également investis afin d’élargir et de maintenir des programmes de formation en apprentissage et garde des jeunes enfants dans cinq établissements publics d’enseignement postsecondaire au cours des deux prochaines années.

« Ce financement permettra de créer plus de 300 places supplémentaires de formation pour les éducateurs de la petite enfance dans cinq établissements d’enseignement postsecondaire financés par l’État, à savoir l’Assiniboine College, le Red River College Polytechnique, le Manitoba Institute for Trades and Technology, l’Université de Saint-Boniface et l’University College of the North. Cette initiative s’appuie sur les plus de 24 millions $ investis en 2023 pour élargir les possibilités de formation », a ajouté Tracy Schmidt.

Esperance Mboshi, étudiante en deuxième année en éducation de la petite enfance à l’USB, était présente pour l’annonce du jour. Même si elle salue les avancées présentées, elle rappelle combien ce domaine d’activité est difficile et souhaite que son métier soit encore plus valorisé.

« Je suis dans ce domaine depuis 2017, et ce n’était pas du tout facile pour moi avec les salaires que j’ai reçus à cette époque. Mais aujourd’hui, oui, nous voyons des améliorations pour les salaires, mais ce n’est toujours pas satisfaisant. Nous voulons vraiment que le gouvernement ajoute plus de considérations dans ce domaine. »

Espérance Mboshi, étudiante au diplôme en éducation de la jeune enfance.
Espérance Mboshi, étudiante au diplôme en éducation de la jeune enfance. (photo : Marta Guerrero)

Soutenir la profession

Celle qui est éducatrice au centre d’apprentissage Espace pour grandir approfondit ses connaissances à l’USB. Selon Esperance Mboshi, cette hausse des salaires pourrait aussi impacter les longs temps d’attente pour les parents qui cherchent une place dans les services de garde.

« Si des éducateurs ou éducatrices se sentent découragés à cause des salaires, cette hausse peut donner envie à certains de faire ce métier. Alors, s’il y a plus de personnel, on peut offrir plus de place et ça peut répondre aux besoins des parents.

« Prendre soin d’un enfant n’est pas du tout facile. On a beaucoup d’enfants et chaque enfant a son comportement, chaque enfant a son développement. Ça fait partie des défis et les salaires en sont un aussi. »

À ce sujet, Jodie Kehl, directrice générale de la Manitoba Child Care Association a ajouté : « une rémunération équitable et compétitive est essentielle pour stabiliser la main-d’œuvre, renforcer la rétention et maintenir des services d’éducation et de garde de haute qualité. »

Le financement de ces initiatives est assuré conjointement par des investissements provinciaux et fédéraux dans le cadre de l’Accord entre le Canada et le Manitoba sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants à l’échelle du Canada.

En février 2025, une prolongation de cet accord a permis au Manitoba de bénéficier d’un financement supplémentaire de 1,9 milliard $ jusqu’en 2031.