La retraite d’Alain Laberge sera effective à la fin du mois de novembre 2026, a annoncé ce 28 mai la DSFM.
« Diriger la DSFM fut un grand privilège et j’aimerais remercier l’ensemble du personnel, ainsi que les commissaires, qui, tout au long de ce voyage, ont cru en, et embrassé les orientations et la philosophie mises en place », a-t-il notamment déclaré.
Interrogé par La Liberté, Alain Laberge ne cache pas son émotion à l’annonce de cette nouvelle et explique sa décision.
« Je me sens émotif, je ne peux pas cacher que ça me fait quelque chose. Ça vient me chercher au cœur.
« C’est une décision qui fut difficile à prendre. D’un côté, j’adore ce que je fais. De l’autre côté, il est parfois temps de passer à autre chose, changer le leadership, puis penser un peu plus à nous ou à soi-même.
« Alors, oui, émotif. Ça fait une semaine que j’ai pris cette décision-là, donc c’est tout à fait nouveau. J’y ai souvent pensé, mais depuis une semaine, c’est officiel dans ma tête. »
Une décision mûrement réfléchie
Originaire de Montréal, Alain Laberge, orthopédogue de formation, était directeur général de la Commission scolaire de Sorel-Tracy au Québec avant de prendre les rênes de la DSFM.
Avant ça, il avait travaillé pendant 13 ans en Colombie-Britannique où il a été directeur d’école, directeur d’éducation, puis directeur général adjoint de division scolaire.
Il confie que cette décision lui a causé quelques nuits blanches, et indique également qu’il restera au Manitoba à la fin de son terme.
« Je demeure au Manitoba. Ma fille a encore trois années à faire avant de finir sa collation des grades en 12e, donc elle est 9e présentement. Tout au long de ma carrière, c’est souvent ma famille qui m’a suivi.
« Vancouver, Québec, ici maintenant. On a une adolescente qui a ses amis, qui ne veut pas perdre son réseau. Ma femme a un très bon emploi ici aussi. Il n’est pas question pour nous de quitter le Manitoba pour le moment. »
Sans penser à un élément précis de ces 13 dernières années de travail, Alain Laberge explique ce qui lui a permis de durer et de faire avancer la division.
« J’ai l’impression qu’on a continué d’avancer le travail qui avait été fait par mes prédécesseurs et qui va continuer par la suite.
« Je ne suis pas un sauveur. J’ai une approche qui m’appartient bien à moi, qui priorise les relations avec la communauté, avec nos parents, avec les organismes, avec nos écoles. Je pense que la clé du succès pour moi a été cette présence-là avec tout le monde de la communauté. »
Plusieurs projets menés sous la direction d’Alain Laberge
Ces dernières années, Alain Laberge a travaillé sur plusieurs plans stratégiques et a mené plusieurs projets d’immobilisation.
Parmi eux, l’ont peut citer la construction de l’École communautaire La Voie du Nord, l’agrandissement de l’École Saint-Joachim et de l’École communautaire Gilbert-Rosset ou encore la construction d’une école dans le quartier de Sage Creek.
Bernard Lesage, président de la Commission scolaire franco-manitobaine (CSFM), décrit les différentes réactions de la commission à cette annonce.
« Dans un premier temps, pour certains, c’était une surprise.
« Dans un autre temps, un peu de tristesse de voir partir quelqu’un qui a donné autant. Mais en même temps, content qu’il a pris une décision qui semble très réfléchie, je pense qu’on ne peut qu’être content pour lui qui a pris cette décision et qu’il passe maintenant à autre chose. »
Si Alain Laberge n’a pas voulu mettre l’emphase sur l’un des évènements de son mandat, Bernard Lesage l’a fait pour lui. Il rappelle certaines affaires marquantes.
« Lorsqu’il est arrivé, l’un des premiers dossiers assez complexes et qui nécessitait du tact, c’était une situation en République dominicaine où l’on avait des jeunes de la DSFM et il y avait eu une fusillade. Il a su avec brio très bien gérer la situation.
« Dans la commission scolaire et moi comme président, j’étais certain qu’on avait fait la bonne décision en le nommant parce qu’il avait géré ce dossier avec brio.
« Je pense aussi à toute la situation de la pandémie, c’était pas évident, mais en même temps, il a su avec brio relever le défi.
« Et ensuite, ses initiatives, probablement, où il était au début, il était en tête de file pour justement apporter des changements. Lorsqu’on parle des cellulaires en salle de classe, lorsqu’on parle du temps d’écran, il a apporté des changements qui ont eu un impact non seulement au niveau provincial, mais aussi au niveau, national. »
Bernard Lesage évoque aussi sa relation personnelle avec Alain Laberge.
« Ce n’était pas qu’une question de travail, on a développé une amitié. On se parlait de façon régulière, je dirais presque journalière. C’est sûr que ça fait un pincement au cœur, mais en même temps, je suis content pour lui parce que je le sais que cette décision, elle n’a pas été facile, mais je pense qu’il est serein dans sa décision. »
Un processus de recrutement va débuter
La CSFM dit qu’elle débutera le processus de recrutement pour lui succéder dans les prochains jours. Le président de la CSFM donne quelques détails supplémentaires.
« Je pense qu’on aimerait quand même avoir la chance de trouver notre direction générale pour qu’il puisse y avoir une transition en douceur entre fin septembre, mi-octobre », précise Bernard Lesage.
Alain Laberge dit se tenir prêt s’il y a besoin de faire une transition.
« Je suis ici jusqu’à la fin novembre. Il pourrait y avoir une demande que je fasse une transition si jamais c’est nécessaire après la date de mon départ.
« Je pense que s’ils trouvent le bon candidat ou la bonne candidate et que cette personne-là demande la transition, car on ne doit pas forcer la transition. Je pense que les gens arrivent avec leur propre coffre à outils mais si c’est demandé, je vais toujours être autour pour faire en sorte que la DSFM continue de bien rouler.
« La DSFM, je l’ai tatouée sur le cœur, on ne pourra jamais m’enlever ça », dit Alain Laberge.


