Par Sophie GAULIN, directrice et rédactrice en chef de La Liberté

Alain Laberge fait partie de cette deuxième catégorie.

Au fil des années, j’ai eu le privilège de collaborer avec lui dans toutes sortes de contextes : des annonces positives, des dossiers complexes, des périodes plus sensibles aussi. Une chose n’a jamais changé : sa disponibilité, son ouverture et son respect du travail journalistique.

À une époque où plusieurs gestionnaires et politiciens préfèrent se réfugier derrière des services de communications et transmettre aux médias des déclarations soigneusement calibrées par courriel, Alain Laberge, lui, a toujours accepté les entrevues. Les prévues comme les impromptues. Les faciles comme les plus délicates. Il prenait le temps. Réellement.

Encore dans ce journal, il a accepté de nous accorder une longue entrevue empreinte d’humanité et de réflexion, revenant avec générosité sur son parcours, sa vision de l’éducation et les années passées à la tête de la DSFM. Ce geste résume bien l’homme et le dirigeant qu’il est demeuré jusqu’au bout : accessible, transparent et profondément engagé envers sa communauté.

Ce qui m’a toujours frappée chez lui, c’est sa capacité à comprendre les différentes relations qu’entretient une institution comme la DSFM avec un média communautaire comme La Liberté. La DSFM est un partenaire essentiel de notre communauté. Elle est aussi annonceur. Mais elle demeure également une institution publique qui doit rendre des comptes. Alain Laberge n’a jamais semblé confondre ces rôles. Et cette nuance, pourtant fondamentale en démocratie, est loin d’être acquise partout.

Dans un contexte où les tensions peuvent parfois s’installer rapidement entre les institutions et les médias, cette attitude mérite d’être soulignée. Alain Laberge comprenait qu’un journaliste ne pose pas des questions difficiles pour créer des conflits, mais pour informer adéquatement le public. Cette compréhension mutuelle a permis des échanges francs, respectueux et utiles pour l’ensemble de la communauté francophone du Manitoba.

Il l’a toujours fait avec humilité, calme et intelligence. Et sans jamais perdre de vue que les médias communautaires jouent eux aussi un rôle essentiel dans la vitalité de notre francophonie.

Sa retraite sera largement méritée. Mais cette bouffée d’air frais dans l’espace public franco-manitobain nous manquera assurément.

Au nom de toute l’équipe de La Liberté, merci Alain.