Soutenu par sa famille et porté par une détermination sans faille, le jeune athlète franco-manitobain rêve déjà d’une participation aux Jeux paralympiques.
Benoit Garand incarne un exemple de résilience et de détermination dans le monde du sport.
Passionné de natation, ça fait deux ans qu’il compétitionne sans cesser de progresser et de battre ses records personnels. Tout a commencé quand sa mère, Natasha Garand, l’a inscrit à des cours de natation.
« Il a débuté avec des cours de natation réguliers, raconte Natasha Garand, mais on s’est rapidement rendu compte que les instructeurs ne savaient pas nécessairement comment s’adapter pour enseigner à quelqu’un avec un handicap physique. »
Atteint de paralysie cérébrale, ce qui affecte principalement ses jambes, Benoit Garand a alors rejoint le club Para Storm, où sa famille a pu compter sur un entraînement adapté à sa réalité.
« Les instructeurs, en grande majorité ont eux aussi certains handicaps physiques, alors ils savent comment entraîner des jeunes avec différents handicaps. On est vraiment choyé d’avoir trouvé ça, c’est un des seuls clubs uniquement pour paranageurs au Canada. »
Nager à sa façon
Depuis, la natation prend une grande place dans la vie de Benoit Garand. C’était important pour ses parents de trouver un sport où il pouvait exploiter son plein potentiel.
Ce fut aussi l’occasion pour lui de rencontrer de nouveaux amis avec un parcours similaire, à travers lesquels s’est créé un véritable esprit de communauté.
« Quand on fait une course et que quelqu’un me bat ou que je le bats, on va être triste mais en même temps très contents pour la personne qui a gagné, explique Benoit Garand. C’est aussi ce qui rend ça vraiment bien. C’est bien d’avoir des amis comme ça dans le sport. »
De plus, la famille de Benoit Garand apprécie particulièrement le modèle de compétition que privilégie le club, qui permet une concurrence équitable pour tous et chacun.
« Avant, il nageait avec d’autres personnes qui n’ont pas de handicap physique. Forcément, Benoit ne gagnait jamais ses courses, à cause des limitations. Alors c’est le fun de le voir maintenant, compétitionner et avoir beaucoup de succès. »
Le système en vigueur dans les compétitions de paranatation auxquelles Benoit Garand prend part classe les jeunes athlètes selon l’impact de leur handicap, et les comparent aux records de leur catégorie pour déterminer le résultat de la course.
« Ça rend la course vraiment équitable. Il est davantage en compétition contre lui-même, pour essayer de battre ses propres records », raconte Natasha Garand.
« Je veux toujours essayer de dépasser mes limites, de voir jusqu’où je peux aller », affirme Benoit Garand. C’est un objectif que le jeune nageur prend très au sérieux.
Couronné de plusieurs médailles, il revient d’une compétition où il s’est démarqué en battant plusieurs de ses records personnels. C’était la première fois qu’il compétitionnait uniquement avec des paranageurs.
« En tout, j’ai gagné cinq médailles. Deux d’or, deux d’argent et une de bronze », relate Benoit Garand, fier de ses accomplissements.
Une famille derrière chaque médaille
Il est reconnaissant envers ses parents, qui sont d’une grande aide pour la pratique de ce sport. Ce sont eux qui l’amèneront à Brandon, où Benoit Garand prendra part au championnat provincial junior.
« Ça fait une grande différence quand mes parents sont là, près de moi, dans les courses. Ils me soutiennent beaucoup. »
Le sport prend beaucoup de place dans la maison familiale. Benoit Garand, l’aîné de la famille, pratique aussi le baseball. Il a deux frères plus jeunes, qui font du hockey et du lacrosse.
Cela nécessite une grande gestion du temps pour les deux parents.
« Juste pour Benoit, sans parler des deux autres frères, on alterne presque tous les jours entre baseball et natation. Ça fait un horaire quand même chargé », explique Natasha Garand.
Ces sacrifices sont nécessaires, puisqu’ils aiment voir leurs enfants pratiquer et s’épanouir dans le sport.
« On priorise vraiment l’activité physique. Bien que ce soit un sport, que c’est récréatif, c’est aussi thérapeutique d’une certaine façon, c’est important pour lui de bouger son corps et de le renforcer. C’est un bonus qu’il aime faire ça », explique Natasha Garand.
Pour le jeune Benoit Garand, la natation l’aide à faire face aux défis de son handicap.
« Ça m’a appris la persévérance, que je peux toujours me battre et finir par y arriver », relate-t-il.
Dans la vie de tous les jours, c’est ce qui l’aide à garder le cap. « Quand je suis dans la piscine, je peux relâcher mes émotions, je ne pense plus aux choses qui m’embêtent. »
Au-delà des obstacles
En plus de ces entraînements, Benoit Garand et sa famille doivent aussi se préparer pour une chirurgie qui aura possiblement lieu en été 2027. Ce sera la première intervention médicale d’une telle envergure pour le jeune athlète.
Cela nécessitera également une réhabilitation lorsque viendra le moment de recommencer à nager.
Au quotidien, Benoit Garand porte des orthèses et doit faire plusieurs exercices d’étirements pour garder sa souplesse et sa mobilité.
« Il a beaucoup plus de défis que les autres jeunes n’ont pas nécessairement. Mais il est dévoué et il va finir par en sortir plus fort, j’en suis convaincue », déclare, confiante, Natasha Garand.
« Je crois que ça va m’aider. Je vais faire la chirurgie après le tournoi provincial, pour pas manquer trop de compétitions », raconte Benoit Garand.
Membres actifs de la Cerebral Palsy Association of Manitoba, une association qui vient en aide aux personnes atteintes de la paralysie cérébrale, la famille Garand est très impliquée dans la communauté.
Depuis cinq ans, ils prélèvent des fonds pour la cause, ayant ramassé plus de 10 000 $ jusqu’à présent. Benoit Garand a des grandes ambitions pour les prochaines compétitions.
Espérant un jour se rendre aux Jeux paralympiques pour y représenter le Canada, il se concentre déjà sur sa prochaine médaille.



