Les élections municipales au Manitoba auront lieu le 28 octobre 2026. Mais déjà, des résidents de Winnipeg tirent un bilan négatif du travail du conseil municipal actuel, mené par le maire Scott Gillingham.
Plus des deux tiers des citoyens (68 %) estiment que la qualité de vie à Winnipeg s’est dégradée au cours des quatre dernières années (1).
Ce sentiment de déclin est profond, puisque 30 % des répondants affirment que la situation est devenue « beaucoup plus mauvaise » et 38 % « un peu plus mauvaise ». Seuls 15 % des habitants considèrent que la situation s’est améliorée.
Brian Pincott, ancien conseiller municipal de la Ville de Calgary et observateur de la vie politique winnipégoise, se dit sur la même longueur d’onde que les personnes sondées.
« Je demeure dans le quartier de West Broadway, donc proche du centre-ville, et je regarde autour de moi, je vois plus de criminalité, plus de drogue dans nos rues, plus de monde sans-abri. Quant aux infrastructures : nos rues, nos chemins et nos trottoirs sont pires qu’ils étaient. Alors, oui, je comprends le sondage complètement, je comprends que les citoyens ne soient pas contents. »
Plusieurs enjeux à Winnipeg
Les thèmes abordés par Brian Pincott font partie des enjeux principaux des Winnipégois interrogés. En effet, la criminalité (27 %), la pauvreté/l’itinérance (27 %) et la crise des dépendances (22 %) constituent les préoccupations majeures et interconnectées de la population.
« On a tout simplement à regarder tout autour de nous pour voir que vraiment, on est une ville en crise. Et je pense que les citoyens, on le sait, mais nos élus ne veulent pas adresser ou même reconnaître qu’on est une ville en crise », affirme Brian Pincott.
La fin de mandat de cette équipe municipale sera d’ailleurs peut-être marquée par ce sujet des dépendances, car le maire a accepté d’organiser une réunion extraordinaire consacrée à la crise de la drogue.
Le maire et les conseillers municipaux ne sont également pas épargnés dans le résultat du sondage de Probe Research.
Seul un résident sur cinq (19 %) souhaite la réélection du maire Scott Gillingham. Près de la moitié des répondants (46 %) préconisent un changement de leadership.
Aussi, moins de 10 % des répondants croient que le prochain maire et le futur conseil municipal parviendront à faire une différence majeure pour résoudre les problèmes de la ville.
Selon Brian Pincott, les citoyens se sont fait entendre ces dernières années, mais les actions politiques semblent avoir manqué.
« Quand les inquiétudes des citoyens sont présentées au conseil, la réponse est souvent : on n’a pas l’argent, ce n’est pas notre faute, regardez vers la Province ou le Fédéral. Ce n’est pas suffisant pour les citoyens, il faut essayer de faire quelque chose quand même. »
L’ancien conseiller municipal de la Ville de Calgary trouve d’ailleurs qu’il n’y a pas eu une assez bonne collaboration entre le provincial et le municipal pendant ce mandat.
« Par exemple, pour le sujet des campements de sans-abri dans la ville. Le conseil municipal a un plan, le gouvernement provincial aussi, mais ça a l’air qu’ils ne travaillent pas ensemble, qu’ils ne fonctionnent pas ensemble. Ce que j’observe c’est que nous avons plus de problèmes dans nos rues, nos espaces publics, à travers la ville, car ils ont l’air de ne pas travailler ensemble.
« Et quand on parle à la Ville, ils disent que c’est le problème de la Province. Quand on parle à la Province, ils disent que c’est à la Ville. »
Un désintérêt des électeurs?
Brian Pincott s’inquiète aussi du désintérêt des votants pour ces élections municipales.
« Les citoyens regardent l’Hôtel de Ville et ils se disent que les élus ne font rien ou ne peuvent rien changer. Pourtant, les signaux sont là si l’on veut les regarder. Mais le conseil et le maire n’ont pas assez fait pour intéresser les citoyens à participer à notre vie publique. Et l’on arrive à un point où le monde ne sait plus vers où se tourner.
« Ça fait qu’il y a plusieurs défis pour nos élus.
« Parce que vraiment, il faut qu’on travaille tous ensemble pour adresser les défis qu’on voit dans notre ville pour nous amener dans un futur où tout le monde a une chance dans la vie. »
Pour rappel, en 2022, le taux de participation à Winnipeg était de 37,17 %, en baisse par rapport à 2018 quand 42,33 % des électeurs s’étaient déplacés.
(1) Le rapport s’appuie sur une enquête menée par Probe Research entre le 25 mai et le 8 juin 2026. 600 adultes de Winnipeg, représentatifs de la population, ont été interrogés.


