Une victoire qui récompense des mois de préparation et met en lumière l’excellence des étudiants franco-manitobains en matière d’argumentation et de pensée critique.

L’équipe de la coupe éthique de l’Université de Saint-Boniface (USB) a remporté la coupe éthique universitaire francophone.

La compétition nationale s’est déroulée du 6 au 9 juin à Halifax et l’équipe franco-manitobaine s’est imposée en finale face à l’équipe de l’Université d’Ottawa.

À la manière de la coupe éthique au secondaire, les équipes s’affrontent, verbalement, sur des questions issues de thèmes et de sujets définis au préalable.

Entre la philosophie, l’éthique et la politique, les conversations se déroulent en français face à un jury qui récompense l’équipe ayant fait preuve de l’argumentaire et l’aisance orale les plus solides.

Il s’agit de la deuxième compétition du genre, puisque l’année dernière l’équipe de l’USB avait été invitée à Ottawa pour y affronter l’équipe ontarienne lors d’un « premier tour de piste », selon le vice-président de coupe éthique du Canada, Antoine Cantin-Brault qui estime que l’édition de cette année comprenait une dimension beaucoup plus officielle.

« Là, nous sommes ren- trés dans le programme de l’Association canadienne de philosophie (ACP) et la compétition s’est déroulée pendant le congrès de l’ACP pour la première fois. Ça nous a permis d’avoir des juges qui sont des professeurs de philosophie de partout au Canada. »

S’il n’a pas entraîné l’équipe de cette année, composée d’Evan Law, Beaudry Labossière, Nesrine Cherfi, Amany Chouiteh et Natashia Livingston, Antoine Cantin-Brault, qui enseigne la philosophie à l’USB a tout de même accompagné l’équipe dans l’est.

« Tout le mérite leur revient, même si je le prends aussi pour une victoire personnelle, égoïstement (rires), je dis qu’on a gagné. J’étais extrêmement fier d’eux, je n’en revenais pas, c’était vraiment beau de les voir, de les entendre. L’articulation de la pensée, leur capacité à aller dans du raisonnement très fin, j’ai beaucoup aimé ça. »

Amany Chouiteh est une habituée de la coupe éthique. Elle y participait déjà au secondaire et l’avait emporté avec son équipe du Collège Louis-Riel. Selon elle, la compétition reste la même, si ce n’est qu’il y a moins de cas à étudier.

Toutefois : « les questions des juges et le niveau augmentent, forcément, c’est un peu plus poussé dans les réflexions. »

Elle revient sur le travail de préparation de l’équipe, tout au long de l’année.

« On a les cas en avance et on délègue à chacun un cas à étudier pour que chaque membre soit expert de son cas. On fait ensuite des rencontres chaque deux semaines, puis chaque semaine à l’approche de la compétition, et on faisait des rondes de simulation de match pour s’entraîner. »

C’est la question de l’IA qui a été confiée à Amany Chouiteh, plus précisément « est-ce que l’IA peut remplacer l’humain dans les relations amicales ».

Une question qui est d’ailleurs venue clore la finale d’Halifax.

Cette année, la compétition a rassemblé trois équipes en tout. Une liste encore timide, mais qui dénote malgré tout un intérêt grandissant pour la discipline, selon Antoine Cantin-Brault.

« D’abord, ça représente beaucoup d’argent pour les Universités de faire participer leurs équipes, ça coûte en moyenne 10 000 $ pour les universités. Alors le fait que l’on ait trois équipes, ça montre le caractère officiel de la compétition, ça montre qu’il y a une volonté. La coupe universitaire ça n’existe qu’auprès des universités qui savent déjà que c’est important, mais ça va grandir, parce qu’on a eu des juges de partout au Canada, eux-mêmes ont vu qu’il y avait un intérêt alors ils pourront peut-être ramener la coupe éthique dans leurs régions. »

Quant à l’importance de la discipline, elle permet bien sûr, comme le disait le professeur de philosophie, le développement de la pensée philosophique, mais pas seulement.

« La coupe éthique ça m’a permis de me faire beaucoup d’amis, de rencontrer plein de gens d’autres provinces, ça m’a aussi initié au monde de l’éthique, de la politique, car je ne m’y intéressais pas du tout avant. Ça m’a aidée à pousser mes réflexions, développer ma pensée critique aussi », nous confie Amany Chouiteh.