Entre célébration et perspectives d’avenir, le Centre de recherche de St.Amant (SARC) a souligné ses 20 ans de travaux dédiés aux personnes neurodivergentes.
L’évènement a été marqué par l’annonce d’un nouveau partenariat avec l’Université de Saint-Boniface, renforçant la recherche en français.
L’organisme à but non lucratif spécialisé dans l’accompagnement de personnes avec des besoins complexes, St.Amant, célébrait le 16 juin les 20 ans de son Centre de recherche (SARC – St.Amant Research Centre).
Pour l’occasion, une soixantaine de personnes se sont réunies au centre Qualico, au cœur du parc Assiniboine.
Un panel de discussion entre chercheurs est venu agrémenter la soirée.
Celui-ci soulignait l’importance du travail accompli au SARC dont les recherches ont pour objectif de venir en soutien aux personnes vivant avec des troubles du développement, sur le spectre de l’autisme ou encore ayant une lésion cérébrale acquise.
L’on a aussi profité du moment pour rappeler l’importance des partenariats.
Le centre de recherche travaille en collaboration avec l’Université du Manitoba, par exemple, depuis de nombreuses années.
Mais là, l’organisme annonçait la naissance d’un nouveau partenariat avec l’Université de Saint-Boniface et le programme de Geneviève Roy-Wsiaki, chercheuse et professeure agrégée en psychologie.
À travers son programme Labo inPACT, les travaux de la chercheuse orbitent autour de l’analyse appliquée du comportement et portent sur le développement et l’évaluation d’interventions comportementales adaptées aux besoins des personnes neurodivergentes.
Un partenariat naturel
« C’est un partenariat tout à fait naturel », assure Geneviève Roy-Wsiaki qui a travaillé de nombreuses années en tant que clinicienne au sein du programme d’autisme de St.Amant
« Ce sont mes expériences au sein de ce programme-là qui ont inspiré mon programme de recherche. D’avoir officialisé ce partenariat et le fait que le SARC souhaite renforcer ses projets dans la communauté francophone va venir apporter davantage de ressources à notre disposition pour effectuer des projets et avoir un impact plus profond sur la communauté. »
Jean-Christophe Pleau, vice-recteur à l’enseignement et à la recherche de l’USB, présent au moment de l’annonce a partagé son enthousiasme au nom de l’Université.
« Je peux dire que l’on est fier du travail de Geneviève. Cela met l’USB en vedette dans une entreprise de recherche clinique qui a un impact majeur sur la communauté. Des collaborations comme celle-ci renforcent notre mission en recherche. »
Il confie notamment que l’Université de Saint-Boniface souhaite développer son implication dans le domaine de la psychologie et « pousser plus loin la formation en psychologie en français ».
De son côté Kerri Walters, directrice du centre de recherche de St.Amant, rappelle que l’organisme fournit des services bilingues, elle ajoute notamment que le programme de Geneviève Roy-Wsiaki répond aux besoins de la communauté francophone et qu’elle a commencé à y apporter des solutions.
À ce titre, le partenariat va de soi.
« L’une des principales raisons pour lesquelles je souhaitais inviter Geneviève à devenir partenaire est que nous voulons assurer une véritable représentation de notre communauté francophone dans la recherche et dans les données probantes qui orientent nos décisions. Le fait d’avoir une personne possédant une telle expertise en matière d’incapacités, d’autisme et de liens avec les familles francophones va réellement renforcer nos services et nous permettre de bâtir un système plus solide, capable de mieux répondre aux besoins de notre communauté. »
Cet aspect linguistique revêt une importance toute particulière dans le contexte manitobain. Une importance qui n’a pas échappé à Ben Adaman, président-directeur général de St.Amant.
« J’ai eu l’occasion de participer à une assemblée publique francophone sur les services en autisme. Ce qui est ressorti très clairement des témoignages des familles, c’est qu’il existe encore beaucoup d’interrogations sur la manière de naviguer dans le système pour obtenir des services en français pour leurs enfants. Cela m’a rappelé l’importance de remplir notre mandat de fournisseur de services bilingues désigné. »
La force de la recherche en interne
Pendant les prises de paroles et le panel de discussion, les professionnels de la recherche ont mis l’accent sur les avantages et la valeur de l’accès à un centre de recherche en interne pour l’organisme.
La présence de chercheurs permet à tous les acteurs de l’organisme de s’imprégner d’une certaine culture de la curiosité d’abord, mais également de pouvoir compter sur leurs compétences qui sont « intégrées à l’organisation ».
Kerri Walters prend part, entre autres, aux réunions de direction. Cela encourage, selon Ben Adaman, à s’interroger sur la manière d’améliorer davantage leurs services.
« L’autre raison, c’est que les recherches que nous produisons nous permettent non seulement d’améliorer notre travail au quotidien, mais aussi d’avoir davantage d’influence auprès de nos bailleurs de fonds et de nos partenaires gouvernementaux. Le fait de disposer d’un centre de recherche renforce notre crédibilité et nous permet de participer à un autre niveau de discussion lorsqu’il s’agit d’orienter les politiques publiques. »
La directrice du SARC de son côté, met de l’avant la dimension de transmission qui accompagne le centre.
« Ces étudiants et stagiaires deviennent les cliniciens, les fournisseurs de services et les chercheurs de demain. L’expérience qu’ils acquièrent avec nous contribue à renforcer la future main-d’œuvre qui répondra aux besoins d’une population vieillissante et accompagnera des personnes ayant différents types de neurodivergences. »
À la façon d’un lieu de formation, St.Amant continuera, désormais aux côtés de l’USB, à influencer les pratiques des cliniciens et fournisseurs de services de la province.
Initiative de journalisme local


