Une étape importante vers la réouverture du musée Pointe-des-Chênes a été franchie.

Depuis l’incendie de 2013 qui a emporté la bâtisse du musée, le Comité du musée nourrit l’ambition d’exposer à nouveau les quelque 2 000 artéfacts sauvés des flammes.

Pour ce faire, la décision est prise en 2024 d’utiliser la maison Saint-Laurent, épargnée par l’incendie et appartenant au musée.

Il s’agit d’une maison en rondins de bois datant de 1873 et typique de l’époque des pionniers.

Autrefois située aux abords de la Villa Youville, la maison Saint-Laurent a finalement été relocalisée sur une dalle de béton près du pavillon métis.

Un choix logique pour Paul-Guy Lavack, président du musée Pointe-des-Chênes.

« Il fallait changer, car le bâtiment se trouvait sur la propriété de la Villa Youville. On voulait donc le placer à côté du pavillon métis, car, après tout, c’est une maison typiquement métisse, construite par un Métis. »

Le processus n’était cependant pas sans risque. Lorsque l’on a plus de 100 ans, un déménagement est une chose bien délicate, toutes les précautions ont donc dû être prises.

Avant de soulever la cabane pour la transporter sur une centaine de mètres, la structure de cette dernière a fait l’objet de renforcement. Des madriers et des poteaux porteurs pour soutenir la mezzanine qui scinde la maison en deux étages, des vis de charpente pour assurer que les rondins qui composent les murs ne se détachent.

Sous le toit de la maisonnette, qui mesure environ 5 mètres par 6 (soit 18,5 par 21,5 pieds) Maurice Blanchette, membre du Comité du musée, s’affaire à appliquer des couches de silicone pour boucher les espaces entre les pièces de bois des murs.

« Je suis en train de remplir les grosses fentes et on terminera le tout avec un bousillage. C’est ça ma job! », le bousillage est un mélange de terre détrempée et de fibre végétales qui sert d’isolant. Le procédé était particulièrement répandu dans la maçonnerie d’époque, notamment en Acadie et en Louisiane.

Grâce aux petits soins de Maurice Blanchette, la maison Saint-Laurent devrait être prête à rouvrir au public « d’ici la fin de l’année ».

Les artéfacts seront ensuite ramenés sur place afin de rendre vie à la maison et de donner aux visiteurs un aperçu de ce à quoi ressemblait le logis d’un pionnier.

Paul-Guy Lavack indique toutefois qu’il faudra attendre l’été 2027.

« Nous allons suivre les heures du pavillon métis. Nous souhaiterions quand même proposer plusieurs expositions au cours de l’été. L’idée est de suivre les quatre saisons en adaptant les objets et la décoration dans la maison. »

Entre la dalle de ciment et le déménagement, l’opération aura coûté 30 000 $ en tout.

Les 18 000 $ alloués au coulage du ciment provenaient de fonds prélevés à travers la vente de maisons d’oiseaux et de dons privés.

Les 12 000 $ restants, toujours selon le président, provenaient d’un octroi de la Steinbach Community Foundation.

Un 4 000 $ supplémentaire a été accordé au musée par la ville de Sainte-Anne afin d’aider aux réparations.

« Ça va nous permettre d’obtenir le matériel dont on a besoin, du silicone, du vernis et de quoi préserver le bois », avance Maurice Blanchette.

Après l’incendie de 2013, Paul-Guy Lavack n’a jamais abandonné l’idée de rouvrir son petit musée au public. De voir la bâtisse sur son nouvel emplacement, avec son perron en béton, c’est une grande victoire en soi. Même s’il faudra encore se montrer patient, le wagon est sur les bons rails, de quoi faire sourire le président de 90 ans.

« Je veux emmener ma chaise et mes drapeaux métis et manitobain puis je veux m’asseoir sur la terrasse. C’est ça mon rêve et ça s’en vient. »