Le ministre la Défense nationale, David McGuinty, a souhaiter couper court à la polémique qui montait depuis quelques jours.
En effet, plusieurs médias ont relayé la façon dont le ministère de la Défense appliquait la Directive et ordonnance administrative de la défense (DOAD) 5039-2, Langues officielles en milieu de travail (mise à jour en janvier 2025) pour fixer le statut linguistique des postes.
Cela a entraîné un passage au tout-anglais pour plusieurs organisations auparavant désignées comme bilingues.
Ce sont quelque 180 unités ou organisations bilingues qui, en raison de la nouvelle directive, ont perdu leur statut en ce qui a trait à la langue de travail, expliquait Le Devoir, au début du mois d’août.
Face à la menace pour l’utilisation du français avec cette nouvelle directive linguistique, David McGuinty a « ordonné l’examen et la révision des désignations de langue de travail au sein des unités des FAC. »
« Cette révision portera sur la manière dont les exigences par rapport à la langue de travail ont été appliquées et sur la capacité de l’approche actuelle à répondre aux besoins opérationnels et à respecter les droits linguistiques de l’Équipe de la Défense, incluant les FAC », a-t-il ajouté dans une déclaration publiée ce 13 août.
Il a également rappelé « que la DOAD 5039-2, Langues officielles en milieu de travail ne change pas l’obligation de fournir des services dans les deux langues officielles. »
La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada a rencontré hier David McGuinty pour faire part de ses inquiétudes et « se réjouit » de la décision du ministre fédéral.
« Cette annonce est une bonne première étape et nous espérons qu’elle mènera à la remise en place du droit de travailler en français là où il existait auparavant », ajoute l’organisme.
La Liberté a rejoint la présidente de la FCFA, Liane Roy, pour mieux comprendre ce dossier. Elle explique avoir voulu rencontrer le ministre, car il était difficile de comprendre qu’une telle directive, ayant fait de l’anglais la seule langue de travail dans de nombreuses unités, ait pu être adoptée.
« C‘est une des raisons pour lesquelles nous voulions rencontrer le ministre McGinty dans les plus brefs délais.
« Lorsqu’on a rencontré le ministre, il a été très ouvert avec nous pour dire que lui aussi, ça l’avait un peu surpris cette annonce de la décision, parce qu’elle aurait été prise avant qu’il soit ministre, avant qu’il soit dans ce ministère-là.
« Cette directive soulève plusieurs questions importantes. Quand un ministère prend une décision qui va affecter les langues officielles, selon la loi, il doit en vérifier les effets néfastes », rappelle Liane Roy.
« Nous, ce qu’on aimerait, c’est qu’on revienne à ce que c’était auparavant, que les gens puissent travailler en français dans les bureaux, dans les régions où c’était correct, où ils avaient déjà la permission de travailler en français », fait savoir la représentante de la FCFA.
L’organisme dit suivre le dossier de près pour ne pas qu’une telle situation survienne dans d’autres administrations d’autres ministères.
« Il ne faut pas que d’autres ministères emboitent dans le même pas. Mais ce qui est encourageant, c’est que le ministre nous a reçus rapidement et il a réagi également rapidement », dit Liane Roy.