À l’approche des élections municipales de 2026, La Liberté est allée à la rencontre de Dan Vandal, conseiller municipal pour Saint-Boniface de 1995 à 2004 et de 2006 à 2014.
Il a pu revenir sur son parcours à l’hôtel de ville de Winnipeg et partager son expérience dans le milieu.
Avant de devenir député puis ministre à Ottawa, Dan Vandal a consacré plus de 16 ans à représenter Saint-Boniface au conseil municipal de Winnipeg.
À quelques mois des élections municipales, l’ancien élu revient sur ce que signifie réellement être conseiller municipal, un rôle qu’il juge souvent sous-estimé.
Travailleur social de formation, l’idée de se lancer en politique pour représenter son quartier lui est venue alors qu’il était déjà bien impliqué dans sa communauté.
« J’ai travaillé dans les écoles, j’ai travaillé pour des organisations à but non lucratif, puis je me suis impliqué dans les affaires communautaires. J’étais avec l’association des résidents du Vieux Saint-Boniface. Donc quand on m’a approché pour que je me présente, ça m’a paru comme la suite logique », raconte-t-il.
Le quotidien d’un conseiller municipal
Bien qu’il conserve des bons souvenirs de ces périodes, il note que la population sous-estime souvent l’ampleur du travail d’un conseiller municipal.
« C’est un travail très intense. Les circonscriptions sont généralement très grandes, il faut rester en contact étroit avec les citoyens que l’on représente. Par courriel, par téléphone, le monde vient te voir dans ton bureau pour parler de leurs problèmes quotidiens. »
Parmi les enjeux sur lesquels travaillent les conseillers municipaux, beaucoup d’entre eux touchent, en effet, le quotidien des citoyens.
« Un conseiller municipal a vraiment les deux mains dans les problèmes des gens. Les déchets, le déneigement, l’entretien des parcs, des infrastructures. Il y a aussi toute la gestion de la sécurité, de la police, des ambulanciers. »
Cependant, il y a souvent un manque de moyens pour répondre à la demande.
« Souvent, tu n’as qu’un seul staffer pour t’aider, donc ça fait que tu es toujours très occupé. C’est sans parler de tout le côté public, des invitations aux évènements sur le terrain, des discours. Il faut travailler fort pour y arriver. »
On est donc très loin du chauffeur à Ottawa et de toute l’équipe qui l’entourait lorsqu’il était ministre sous le gouvernement fédéral de Justin Trudeau.
« Quand t’es conseiller, t’as un staff d’une seule personne et c’est tout. D’où l’importance de savoir bien s’entourer de personnes capables de t’aider, de te donner des conseils. Ça, c’est vraiment la clé. »
Cet ancien maire adjoint de Winnipeg estime qu’une partie importante du travail d’un élu municipal est souvent ignorée, la majeure partie de la population n’étant pas au courant de toutes les responsabilités qui découlent d’un tel rôle.
« On doit siéger sur plusieurs comités lorsqu’on est élu municipal. Moi, j’ai présidé le comité des travaux publics, le comité de développement et le comité de protection et services communautaires. En plus de ça, tu as 40 à 50 appels par jour, de personnes qui ne sont pas contents, qui ont toutes sortes de problèmes. Des fois, c’est assez compliqué, mais il faut être l’avocat de ces personnes-là. »
Concilier engagement et vie personnelle
Selon Dan Vandal, le plus gros défi a été de balancer son temps entre le travail et sa vie personnelle.
« Dans le temps j’étais un jeune père, j’avais des enfants à la maison et je voulais être impliqué dans leur vie aussi. Donc il faut garder une balance entre le travail et le reste. »
Cependant, il affirme qu’avec de la motivation et de la passion pour la cause, c’est possible d’y arriver, malgré les sacrifices à faire sur le chemin.
« C’est certainement faisable, mais tu vas être très occupé. Il faut aussi aimer la politique, sans hésitation. Si tu n’aimes pas la job, ce n’est pas fait pour toi. Il faut que t’aimes parler au monde, être entre les citoyens et les fonctionnaires et savoir que c’est difficile de plaire à tout le monde », explique Dan Vandal.
Les leçons de 16 années à l’hôtel de ville
Cette proximité avec les citoyens, explique-t-il, n’est pas étrangère à son parcours professionnel.
Il pense aussi que son expérience de travailleur social l’a grandement aidé en ce sens.
« Quand j’étais travailleur social, je devais écouter les autres. Il faut écouter et analyser une situation, parfois personnelle, parfois avec une famille. C’est la même chose au municipal. Il faut écouter les préoccupations et utiliser nos ressources pour trouver des solutions. »
Un peu plus de trente ans depuis sa première campagne, Dan Vandal estime avoir beaucoup appris.
Il comprend bien l’importance de la politique municipale dans la vie des citoyens et espère voir de nouveaux jeunes candidats faire le saut dans l’arène publique.
S’il avait un conseil à leur donner, ce serait le suivant : « Il faut s’assurer avant toute chose qu’on le fait pour les bonnes raisons, non pas pour soi, mais pour sa communauté. Une fois que ça, c’est fait, si tu es sérieux, il faut réussir à trouver dix personnes prêtes à t’aider. Si tu n’arrives pas à trouver ces dix personnes, c’est que tu ne vas probablement pas gagner. »
De plus, il revient sur l’essentiel du travail de conseiller municipal : être près des gens.
« Faut être prêt à travailler chaque jour et à écouter le monde. Ce n’est pas compliqué, il faut que tu traites le monde avec dignité et respect. »