Avec des informations de Jonathan SEMAH
Après plusieurs mois de retard, la Ville de Winnipeg a finalement publié son appel d’offres pour la gestion du carré civique de Saint-Boniface.
Les Ami.e.s du carré civique se disent prêts à déposer une proposition d’ici le 23 octobre et comptent défendre une vision axée sur la préservation et la mise en valeur du patrimoine francophone.
D’abord prévu au printemps 2026, l’appel d’offre de la Ville de Winnipeg pour la gestion du carré civique de Saint-Boniface a finalement été publié à la toute fin du mois de juillet 2026.
Un document qui s’est fait attendre
Plusieurs mois donc après la date prévue, le document de 16 pages a finalement pu être consulté par les répondants, et notamment les Ami.e.s du carré civique de Saint-Boniface (ACCSB).
Depuis sa création, l’ACCSB se mobilise pour préserver ce site patrimonial francophone qui comprend l’ancien hôtel de ville de la Ville de Saint-Boniface situé au 219 boulevard Provencher, l’immeuble occupé actuellement par le Festival du Voyageur au 233 boulevard Provencher ainsi que l’ancienne caserne de pompier au 212 rue Dumoulin.
Le site comprend également le jardin de sculptures et le stationnement.
Les offres des répondants devront répondre à un certain nombre de critères listés par la Ville.
Il est donc attendu, entre autres, que le site demeure accessible au public, que la gestion contribue à la promotion des arts, de la langue, de la culture et de l’histoire francophones et enfin, que la gestion se fasse en harmonie avec le Plan d’action sur le changement climatique de Winnipeg.
Des conditions auxquelles l’ACCSB est prêt à répondre avant la date butoir établie le 23 octobre 2026.
« C’est un dossier qui ne date pas d’hier », explique Michel Chartier, président du conseil d’administration de l’ACCSB.
« Nous travaillons dessus depuis longtemps, ça date d’avant la pandémie. Toutes les démarches de consultation publique ont été faites en amont alors il y a beaucoup de travail qui existe déjà, des informations que nous utiliserons dans notre réponse à l’appel d’offre. Il faut que l’on s’assure qu’elle est à jour et d’aller chercher ce dont on a besoin pour préciser. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’ouvrage à faire dans les cinq prochaines semaines mais nous sommes dans les bonnes conditions pour répondre à cet appel d’offre. »
L’ACCSB formulera une demande
Le président indique aussi que l’ACCSB est financièrement prêt à formuler sa demande.
Pour rappel, l’association avait lancé une campagne de récolte de fonds au mois de novembre dernier.
Une campagne réussie, qui avait permis de collecter 12 000 $ principalement auprès des membres fondateurs et de leurs proches.
« Nous en sommes là on nous le souhaitions par rapport au financement. Cela dit, si notre offre est acceptée, nous aurons du travail à faire pour aller chercher davantage de fonds pour mettre en place notre plan. »
Cependant, le document de la Ville précise que l’offre financière la plus élevée ne sera pas avantagée, la priorité ira à la meilleure offre stratégique.
Plusieurs critères à remplir
Une vision du conseil municipal qui rassure Michel Chartier et l’association, forte d’un soutien communautaire « large et diversifié ».
« L’un des critères prépondérant est celui qui touche la langue et la culture francophone et si nous rencontrons les autres critères facilement, celui-là en particulier nous rend assez optimiste dans le cadre de notre démarche. »
La volonté politique semble, en tout cas, être au rendez-vous en ce qui concerne l’avenir du site.
Toutefois, alors que la date limite de dépôt des demandes précède de quelques jours seulement le jour des élections municipales, prévues le 28 octobre 2026, la question se pose : ces élections peuvent-elles impacter l’avenir du site municipal?
« Je suis confiant que non, confie Michel Chartier. Ce sont des questions que l’on se pose mais nous avons l’intention d’y répondre avant le 23 octobre. »
Michel Chartier, sans en préciser le nom, affirme que l’ACCSB s’est entretenu avec un autre candidat et assure l’intention de l’association à rencontrer les autres noms de la liste électorale pour « leur poser les questions qui nous intéressent à ce point-ci ».
Ce qu’en disent les candidats à Saint-Boniface
Du côté des candidats, on salue unanimement les critères indiqués dans l’appel d’offre.
Quant à ce que l’on espère pour l’avenir, Robyn Vilde estime « que la communauté et les Ami.e.s du carré civique devraient obtenir la gérance du site. Je pense qu’ils ont un plan qui permettra de protéger la culture franco-manitobaine, ses intérêts ».
Pour Sylvie Schmidt, l’engagement de la communauté autour de l’avenir du carré civique est gage de l’importance de ses bâtiments pour la francophonie et l’histoire de Saint-Boniface.
« Il est très important que le carré civique reste dans la communauté, qu’il soit géré par et pour la communauté. »
Elle affirme elle aussi son soutien aux Ami.e.s du carré civique, au même titre que Nicholas Douklias qui a siégé sur le CA de l’association.
« Le souhait de la communauté est clair et je pense que la ville a vu de quoi était capable la communauté de Saint-Boniface. Pour moi c’est clair que les Ami.e.s du carré civique seront là pour la gestion des bâtiments ou bien trouver des partenariats pour qu’ils restent dans la communauté. »
Le conseiller pour Saint-Boniface sortant et candidat à sa réélection, Matt Allard, revient sur les conditions de création de l’appel d’offre et encourage les ACCSB à y répondre.
« Cet appel d’offre est un produit qui est ressorti d’un comité dont ont fait partie la SFM, le conseiller Marcus Chambers, un résident ainsi que moi-même. Quant à ce que j’aimerais voir pour le carré civique, c’est ce qu’indique l’appel d’offre, la promotion de l’art, la langue, l’histoire et la culture francophone. C’est ce que cherche la francophonie manitobaine. »
Initiative de journalisme local
