Avec des informations de Chelsea HOWGATE
Le gouvernement fédéral a profité d’une annonce à Winnipeg pour réaffirmer son engagement envers la protection du lac Winnipeg et de son immense bassin versant.
Dans une allocution mêlant données économiques et appel à la coopération, Terry Duguid, député de Winnipeg-Sud, au nom de Julie Dabrusin, ministre de l’Environnement, du Changement climatique et de la Nature, et ministre responsable de l’Agence de l’eau du Canada, a annoncé un investissement de plus de 2,8 millions $ sur trois ans afin de soutenir 16 projets dirigés par des partenaires locaux, communautaires et autochtones, en présentant ces initiatives comme une étape concrète de l’Initiative relative à l’écosystème d’eau douce du lac Winnipeg.
Le député fédéral a replacé l’annonce dans le contexte plus large de la richesse hydrique du Canada, rappelant que « 20 % de l’eau douce mondiale se trouve à l’intérieur des frontières de notre pays ».
Au Manitoba, a-t-il ajouté, l’eau constitue à la fois une ressource naturelle, un repère identitaire et un moteur économique : « Ici, au Manitoba, la terre aux 100 000 lacs, l’eau fait tout simplement partie de ce que nous sommes. »
Le lac Winnipeg, a-t-il souligné, soutient depuis des générations des communautés entières, notamment des Premières Nations et des Métis, pour qui il revêt une importance spirituelle, culturelle et économique particulière.
Sur le plan économique, le député a insisté sur le poids du lac dans la pêche commerciale, le tourisme, les loisirs, l’agriculture et la production hydroélectrique.
« Depuis des générations, le lac Winnipeg soutient des communautés et des moyens de subsistance », a rappelé Terry Duguid.
La pêche d’eau douce du lac Winnipeg représente environ 23 millions $ par année en produit intérieur brut, tandis que 85 % des pêcheurs du Manitoba sont Autochtones, Métis ou membres des Premières Nations.
La production hydroélectrique liée au lac contribue pour sa part à hauteur d’environ 600 millions $ par année à l’économie manitobaine.
Pour Terry Duguid, le constat est clair : « Le lac Winnipeg n’est pas seulement un trésor environnemental, c’est aussi un trésor économique. »
Mais cette importance s’accompagne de pressions grandissantes. Terry Duguid a décrit un lac fragilisé par l’apport excessif de nutriments : « Trop de nutriments, en particulier le phosphore, entrent dans le lac, contribuant à des proliférations d’algues nuisibles et affectant la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème. »

Les 16 projets annoncés visent notamment la restauration des milieux humides, la réduction du ruissellement des nutriments, l’amélioration de la surveillance de l’eau, l’avancement de la recherche et le soutien à l’intendance menée par les Autochtones.
« Ces projets vont soutenir des organismes qui travaillent à réduire la pollution par les nutriments dans le lac Winnipeg », a expliqué Terry Duguid.
Il a cité en exemple le rôle de la Southern Chiefs’ Organization (SCO), qui contribuera, grâce à un financement de plus de 130 000 $, à la surveillance de l’eau dirigée par les Premières Nations, ainsi que celui de l’Association des bassins versants du Manitoba, qui recevra 490 000 $, pour réduire la pollution par les nutriments dans les cours d’eau du Manitoba dans trois districts de bassins versants (Pembina Valley, Redboine et Seine Rat Roseau).
« Ce sont des actions concrètes qui feront une différence », a-t-il insisté, ajoutant que ces efforts sont menés « pour nos enfants et nos petits-enfants ».
L’annonce comporte aussi un volet intergouvernemental : la prolongation de cinq ans, jusqu’en 2031, du protocole d’entente Canada-Manitoba sur le lac Winnipeg et son bassin.
Ce cadre existe depuis 2010 et doit permettre de poursuivre la coopération en matière de science, de surveillance, de réduction des apports en nutriments, de partage des connaissances, de réconciliation et de participation autochtone aux décisions qui touchent le lac.
« Le lac Winnipeg est une responsabilité partagée et nous avons tous un rôle à jouer », a résumé Terry Duguid.
Enfin, le député de Winnipeg-Sud a relié cette annonce à la préparation de la première Stratégie nationale canadienne de sécurité de l’eau, présentée comme une réponse aux défis croissants liés aux sécheresses, aux inondations, à la qualité de l’eau et à la résilience des lacs, rivières, milieux humides et bassins versants.
La question centrale, selon lui, est simple : « Comment pouvons-nous nous assurer que les Canadiens disposent d’une eau sûre, propre et bien gérée pour les générations à venir? »
Il a toutefois prévenu que cette stratégie devra être construite avec les communautés : « Cette stratégie ne peut pas être écrite à Ottawa. Elle doit refléter vos expériences. »
Selon Terry Duguid, il s’agit de « travailler ensemble pour protéger l’un des plus grands cadeaux que notre pays ait reçus : notre eau douce ».
Pour veiller à ce que la Stratégie reflète les valeurs et les expériences vécues des personnes, d’un océan à l’autre, le Fédéral a mis en place un sondage qui sera ouvert du 9 septembre au 25 octobre 2026.
« Un résumé des résultats sera publié plus tard cette année », fait savoir le gouvernement canadien.

