Avec des informations de Chelsea HOWGATE
Le samedi 19 septembre, le monde littéraire s’était réuni dans la Salle académique de l’Université de Saint-Boniface, au 200 avenue de la Cathédrale, pour la remise des prix du Concours de création littéraire de l’Ouest et du Nord canadiens (CCLONC) organisée par l’Association des auteur·e·s du Manitoba français.
Cet évènement s’est déroulé dans un format hybride, accueillant le public en personne tout en permettant à d’autres de se joindre virtuellement de partout au pays grâce à la plateforme Zoom.
Cette cérémonie représente l’aboutissement de nombreux mois de travail, tant pour l’organisation que pour les écrivains des provinces de l’Ouest et des territoires du Nord.
L’évaluation des candidatures a été réalisée par un jury pancanadien réunissant des professionnels du milieu : l’écrivaine et réalisatrice de Vancouver Michèle Smolkin, l’écrivain et pédagogue de Winnipeg Bathélemy Bolivar, ainsi que l’écrivaine québécoise Chloé Savoie-Bernard.
Les textes primés auront l’opportunité d’être publiés dans la prochaine édition de la revue saskatchewanaise en ligne À Ciel Ouvert.
De plus, les lauréats ont été récompensés par des bourses allant de 250 $ pour la troisième position à 750 $ pour la première place.
Dans la catégorie Prose, les grands honneurs ont été décernés à Serge Bennathan, grand gagnant du premier prix pour Arrêt sur image.
Le jury a souligné la sensibilité de l’œuvre, affirmant que ses personnages singuliers donnent à voir « la création d’un univers cohérent, voire cinématographique ».
Le Vancouvérois Jean-Christophe Bélisle-Pipon a obtenu le deuxième prix avec L’algorithme a fait son deuil avant vous, un texte explorant les dérives de l’intelligence artificielle rythmé par « un tempo unique » et des « phrases saccadées ».
Le troisième prix de prose a été remis à Walter Chizzini pour La voix s’arrête, les mains continuent, une création remarquée pour sa « construction équilibrée » et son exploration pointue du rapport entre l’ordinaire et le sacré.
Du côté de la Poésie, Sébastien Gaillard a décroché le premier prix grâce à Les aubes carnassières.
Le jury a grandement loué son écriture, notant qu’« avec une langue généreuse et élégante », le texte « cherche à dénoncer le vide de l’époque ».
Lors de l’évènement, l’auteur a d’ailleurs offert une lecture touchante de son œuvre, déclarant : « nous réalisions que les platitudes des discours atteignaient le vide sidéral ».
Le deuxième prix de poésie est allé à Marie Carrière pour La femme qui part, une œuvre d’une « grande intensité » traitant de la déconstruction identitaire.
Finalement, le troisième prix a été attribué à Lyne Gareau pour son poème Hommage à Ek Chuah, décrit par le jury comme un « texte engagé » qui utilise la figure du dieu maya du commerce pour dénoncer de façon allégorique « une économie devenue plus que jamais un dieu tyrannique » au mépris de l’urgence climatique.


