Par Beaudry LABOSSIÈRE
Le traité entre la MMF et le gouvernement du Canada, connu sous le nom de « Traité concernant la reconnaissance et la mise en œuvre de l’autonomie gouvernementale des Métis de la Rivière Rouge », que le projet de loi C-21 vise à mettre en œuvre, est une avancée claire pour les Métis. C’est indéniable. Ceux qui ont lutté pour ce traité méritent d’être célébrés.
Mais il y a une grande absence dans le traité. Il manque des protections autour de la culture et des langues des Métis, notamment le français. Ce traité ne met en place aucune garantie de protection pour cette langue. Il est vrai que la relation des Métis avec cette langue est compliquée, mais le français reste un élément central de l’existence Métis, hier comme aujourd’hui, et mérite d’être protégé.
Soyons clairs que réclamer une place pour le français auprès de la MMF ne déplace aucunement les autres langues de notre peuple. Le mitchif (et ses trois variantes) a droit à la même place que le français ou l’anglais. Ce n’est également pas impossible d’offrir les formulaires de demande de citoyenneté en français ou d’assurer que tout le contenu publié sur leur site Web soit disponible dans les deux langues. Plusieurs compagnies ou organisations locales d’une comparativement petite taille s’assurent d’avoir des services en anglais comme en français. La Boutique Anne Mulaire en est un bon exemple. L’UNMSJM en est un autre. La question n’est pas une question de possibilité, mais de volonté.
Prenons quand même un moment pour reconnaître les avancées que la MMF a faites. La demande d’application pour la bourse Louis Riel/PSESP est maintenant disponible en français et le site Web de la MMF est depuis très récemment en français. C’est un bon début, mais il reste beaucoup à faire.
Je trouve ça très ironique que la MMF passe de longues heures à chanter les éloges de Louis Riel, mais semble oublier que Louis Riel parlait français. Heureusement pour nous, tout le monde n’a pas oublié. L’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba ne l’a pas oublié, nos aîné.e.s ne l’ont pas oublié et nous ne l’oublierons jamais.
L’auteur souhaite aussi souligner que certaines informations au sujet de Roger Goulet dans la dernière chronique ont été tirées d’une fiche compilée par Lawrence J. Barkwell et disponible sur The Virtual Museum of Métis History and Culture. L’auteur s’excuse de ne pas l’avoir préalablement citée. La fiche est disponible à ce lien.




