Ce rapport évalue 14 indicateurs liés à l’activité physique, au comportement sédentaire et au sommeil au Canada.

Membre du comité de recherche du bulletin, Jean-Philippe Chaput, chercheur principal à l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, et explique ce choix méthodologique.

« Lorsqu’on faisait le bulletin chez les jeunes, cette population était incluse, mais on ne faisait pas une bonne justice pour les 0 à 4 ans.

« On disait qu’ils faisaient partie des 0 à 18 ans, mais on n’en parle pas vraiment. Ils sont un peu dilués dans le rapport complet, où l’on parle plus des ados et des enfants de 5 ans et plus. Donc, on voulait faire justice à ce groupe d’âge là, qui est important aussi. »

Pour le scientifique, avoir de l’information et intervenir dès la petite enfance favorise la santé des futurs adultes : « Si l’arbre pousse croche, ça va être difficile de revenir droit. Donc, c’est la même chose chez les enfants. Si l’on inclut de bonnes habitudes de vie à un stade précoce, il y a de bonnes chances que ça perdure à long terme. Et puis, on veut que ça fasse des adultes, plus tard, en bonne santé. »

Globalement, les jeunes enfants obtiennent la note B (67 %) pour l’ensemble de l’activité physique.

Le jeu actif reçoit aussi un B (70 %) chez les enfants de 1 à 4 ans.

Le sommeil et le développement moteur récoltent tous deux la note A- (80 %).

Toutefois, le temps d’écran sédentaire plafonne à C, avec seulement 48 % des enfants respectant les directives. Le transport actif obtient un D+ (37 %) et l’activité physique structurée reçoit un C- (41 %).

Le temps d’immobilisation récolte un C+ (54 %), tandis que la lecture demeure sans note (incomplet).

Ainsi, seuls 25 % des enfants respectent l’ensemble des directives de mouvement sur 24 heures, soit un D-.

Jean-Philippe Chaput souligne le rôle des habitudes familiales dans ces résultats liés aux écrans :

« Je pense qu’il y a une facilité pour les parents de laisser leur enfant devant les écrans aussi. On est tous très occupés, donc, c’est une facilité. On se rend compte que ce n’est pas bon pour eux autres. Évidemment, ils doivent aller à l’extérieur le plus souvent possible aussi. On les garde en dedans, près des écrans. On n’est pas des bons modèles pour nos enfants aussi. Donc, ça commence par les adultes aussi.

« Grosso modo, ce n’est pas nécessairement mauvais comparé à d’autres tranches d’âge. Mais le temps d’écran, le transport actif, ce sont deux indicateurs qui pourraient s’améliorer selon moi. »

Le rapport relève aussi des disparités touchant les ménages racisés, immigrants ou à faible revenu.

Les milieux d’éducation à la petite enfance obtiennent néanmoins la note B+ (75 %). Les indicateurs sur la famille (73 %), la communauté (73 %) et le gouvernement (68 %) reçoivent un B.

Pour réduire les inégalités, Jean-Philippe Chaput cible prioritairement les services de garde et le jeu extérieur gratuit :

« Je dirais que c’est dans les garderies qu’il faut intervenir majoritairement parce qu’on ne peut pas contrôler ce qui se passe à la maison. Mais au moins dans les huit heures qui vont passer dans les garderies, avoir un environnement propice aux habitudes de vie, que ce soit égal pour les gens qui viennent de familles à faible revenu ou autres. »

« Mais je pense que lorsqu’on regarde à ce que les enfants veulent, c’est vraiment s’amuser, jouer. Et ça, ça coûte rien. Il y a plein d’activités pour lesquelles il n’est pas nécessaire de dépenser énormément.

« Bouger devrait ne rien coûter. Et, ça devrait être la même chose pour les enfants qui viennent de parents riches ou de parents pauvres. Les opportunités devraient être pareilles. »