À l’approche du budget fédéral du 5 novembre, l’Institut C.D. Howe, un institut de recherche indépendant et sans but lucratif, présente son budget alternatif 2026.

Ce document est cosigné par Don Drummond, William B.P. Robson et Alexandre Laurin.

Les auteurs dénoncent la faible croissance économique, les déficits persistants et l’endettement croissant du Canada. Alexandre Laurin, vice-président et directeur de la recherche à l’Institut C.D. Howe, résume ce constat :

« Il y a deux ou trois ans, ce n’était pas aussi reconnu que ça l’est maintenant, mais je pense que maintenant, on reconnaît tous qu’il y a un problème de productivité au Canada, qu’il y a un problème d’investissement privé, et puis il y a un problème d’innovation. Le problème est majeur et puis on croit que ça demande une réponse majeure. »

Le budget alternatif vise l’équilibre d’ici 2030-2031 grâce à 42 milliards $ de compressions. Il ramènerait aussi le ratio de la dette fédérale à 40 % du produit intérieur brut.

Le plan gèlerait les budgets salariaux de la fonction publique pendant cinq ans. Il réduirait aussi les subventions aux entreprises, le recours aux consultants et les transferts provinciaux.

L’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse passerait progressivement de 65 à 67 ans dès 2031.

Alexandre Laurin explique la nécessité de présenter des mesures aussi rigoureuses :

« Rétablir l’équilibre budgétaire, c’est très positif pour l’investissement privé et la confiance des investisseurs. Donc, il n’y a rien de neuf là-dedans, mais bon, c’est important de le faire. Ça a le mérite de montrer à la population quel est l’effort nécessaire. »

Ce redressement doit aussi absorber la hausse des dépenses militaires promises à l’OTAN. Atteindre 5 % du produit intérieur brut d’ici 2035 coûtera de 45 à 67 milliards $ supplémentaires annuellement.

Alexandre Laurin réclame davantage de clarté gouvernementale sur cette cible :

« Ce qui nous concerne le plus à l’Institut, c’est la transparence fiscale par rapport aux engagements. On voudrait vraiment savoir ce qui va être dépensé quand, de quelle façon, comment est-ce qu’on prévoit atteindre les cibles. Mais, ce n’est pas à nous à dire si c’est une dépense appropriée ou non. »

Par ailleurs, l’étude propose une réforme fiscale neutre sur le plan des revenus dès 2028. L’impôt des particuliers baisserait et le taux général d’imposition des sociétés passerait à 11 %.

En contrepartie, la taxe sur les produits et services augmenterait de trois points de pourcentage. Un nouveau crédit d’impôt simplifié protégerait toutefois le pouvoir d’achat des ménages à faible revenu.

Alexandre Laurin reconnaît la difficulté politique d’une telle refonte :

« Ce n’est jamais parfait lorsqu’il y a une grande réforme fiscale. Ce n’est jamais parfait parce qu’il va toujours y avoir des groupes et des sous-groupes qui vont perdre. C’est ça qui rend les réformes tellement difficiles au niveau politique. »

Enfin, à quelques jours du dépôt du budget, le représentant de l’Institut C.D. Howe s’attardera d’abord sur le déficit.

« Ce que je vais regarder, premièrement, c’est le déficit et puis le montant des dépenses comparé à ce qui avait été prévu au printemps, ce qui avait été prévu dans le budget 2025. C’est très important pour moi. J’aime ça voir l’évolution. », dit-il.

Pour rappel, l’an passé, le gouvernement fédéral avait annoncé un déficit de 78 milliards $ pour 2025-2026. Et, au printemps 2026, le déficit projeté pour l’exercice 2025-2026 était de 66,9 milliards $.

Puis, Alexandre Laurin espère surtout voir un changement de cap réel et un geste fort sur la fiscalité :

« J’aimerais ça voir une réforme de la fiscalité importante. Et même si ce n’est pas jusqu’au niveau de nos demandes, une intention ferme et une réforme qui vraiment ferait une différence, le Canada en a vraiment besoin. »