Enseignante en immersion française et passionnée par les deux Guerres mondiales, Leianne Wood a pris l’habitude chaque année de faire réfléchir ses jeunes élèves sur les sacrifices des soldats à travers l’écriture. Pour elle, il n’est jamais trop tôt pour commencer à enseigner les deux Guerres mondiales et sensibiliser à la bravoure des soldats d’hier et d’aujourd’hui.
Alors normalement intéressée par les deux Guerres mondiales, c’est un voyage en Europe en 2018 qui a fait naître une véritable passion chez Leianne Wood, aujourd’hui enseignante de 4e-5e année en immersion française à l’École Sir William Osler de la Division scolaire Winnipeg 1.
« J’étais enseignante et j’ai eu l’opportunité de faire un séminaire d’été avec le Centre Juno Beach, sur les champs de bataille des Première et Seconde Guerres mondiales en Belgique et en France, raconte-t-elle. C’était un circuit conçu pour les enseignants et enseignantes, pour nous donner davantage de connaissances au sujet des deux Guerres mondiales et du rôle que le Canada avait joué pendant ces guerres.
« Je ne suis pas de nature dramatique, mais ce voyage a changé ma vie. Avant, mes connaissances étaient plutôt simplistes. Ce voyage leur a donné de la profondeur, une richesse de couches et de points de vue divers. »
À l’époque, Leianne Wood enseignait en 7e-8e année. Sur les monuments aux morts près des champs de bataille, elle voit des noms de jeunes hommes qui avaient alors « presque le même âge que mon fils et que mes élèves. C’était vraiment émouvant ».
Pour elle, c’est un déclic : plus que jamais, elle prend notamment conscience du sacrifice que ceci a pu représenter pour le jeune soldat, pour sa famille, pour la société canadienne, mais aussi de l’importance d’exprimer vraiment son appréciation et sa reconnaissance.

Des lettres pour remercier
Depuis ce voyage en 2018, chaque Jour du Souvenir, Leianne Wood fait écrire à ses élèves des lettres aux personnes qui sont dans les Forces armées canadiennes ou qui ont des membres de leur famille dans les Forces, avec des mots d’appréciation et de remerciements.
« C’est important pour les élèves de s’adresser à de vraies personnes. C’est plus concret et ils peuvent mieux comprendre. Je suis chanceuse, il y a toujours eu dans mes classes des élèves qui avaient de la famille dans les Forces armées canadiennes. On pouvait alors leur remettre nos lettres, à distribuer ensuite au sein de leur unité.
« L’année passée, c’est la mère d’une de mes élèves qui était dans les Forces depuis 25 ans, et elle a apporté nos lettres écrites en français à son équipe. L’équipe a ensuite renvoyé des lettres à mes élèves! C’est vraiment spécial quand un tel lien personnel se crée. »
Leianne Wood et ses jeunes élèves ont renouvelé l’exercice cette année encore, cette fois-ci par l’intermédiaire d’un père d’élève.
« Chaque élève écrit sa lettre personnalisée, qui pourrait être adressée à n’importe qui la reçoit, précise l’enseignante. C’est un bon exercice de français, en plus de leur apprendre la gratitude. Et c’est toujours un moment émouvant : les enfants écrivent souvent des choses incroyables qui viennent vraiment du cœur. »
Une avance sur le programme Les Première et Seconde Guerres mondiales n’apparaissent dans les programmes scolaires qu’à partir de la 6e année, mais Leianne Wood a fait le pari de commencer à en parler ici et là avec ses élèves de 4e-5e année.
« Je pense que c’est une partie tellement importante de notre histoire, explique-t-elle. Je trouve des façons de les mentionner dans les curriculums existants pour sensibiliser mes élèves.
« Par exemple, quand on aborde la réconciliation avec les peuples autochtones, je vais expliquer à mes élèves que pendant la Seconde Guerre mondiale, des personnes autochtones sont allées se battre pour nous, pour nous protéger, mais qu’ensuite elles ne pouvaient pas voter au Canada.
« Et j’en profite pour leur donner quelques informations de base au sujet des guerres et du sacrifice de ces soldats, termine-t-elle. Ils savaient qu’ils allaient peut-être mourir, mais ils y sont allés quand même. Mes élèves ne sont pas trop jeunes pour réaliser le sacrifice important de ces soldats autochtones, et de tous les soldats, pour le Canada. »
Ce texte est un extrait de notre cahier spécial Jour du Souvenir 2025, qui a été publié avec notre journal du 5 novembre.

