« Nous avons constaté que la province ne dispose pas d’une stratégie claire en matière de services de dialyse », fait savoir Tyson Shtykalo.

Le Vérificateur Général du Manitoba identifie dans son rapport plusieurs faiblesses qui rendent la gestion des services de dialyse difficile :

Il n’existe aucun plan opérationnel clair pour les services de dialyse qui traduirait les objectifs stratégiques du système de santé en actions concrètes, Soins Communs Manitoba ne remplit pas son obligation légale de surveiller et d’évaluer les services de santé ou encore le modèle de financement actuel n’est pas lié aux résultats ou à une analyse des coûts. Les allocations annuelles sont basées sur des augmentations forfaitaires plutôt que sur des besoins stratégiques.

« Cela signifie que même si la dialyse est un service vital, la province ne sait pas si elle permet d’obtenir les meilleurs résultats pour les patients et d’offrir le meilleur rapport qualité-prix aux contribuables », observe Tyson Shtykalo.

À noter que le rapport porte sur la prestation des services de dialyse entre avril 2022 et mars 2024.

Le rapport du vérificateur formule six recommandations pour remédier aux lacunes systémiques identifiées. Parmi elles, il est recommandé que Soins Communs élabore un plan opérationnel spécifique à la dialyse. Ce plan doit s’aligner sur l’orientation stratégique des soins de santé et inclure des objectifs clairs axés sur les résultats, ainsi que des exigences en matière de rapports. 

Aussi, il est conseillé que le ministère de la Santé et Soins communs collectent, analysent et communiquent les données indispensables pour mesurer si les objectifs stratégiques sont atteints et pour évaluer la performance des autorités sanitaires dans la prestation des services de dialyse.

Il est par ailleurs mentionné que les autorités de santé ont accepté l’ensemble de ces recommandations. La création du plan clinique provincial pour la santé rénale est notamment attendu d’ici le début de l’année 2026.

« Le rapport du Bureau du vérificateur général porte sur une période marquée par un système mis à rude épreuve et par des années de planification fragmentée sous le gouvernement précédent. C’était la réalité dont nous avons hérité. Dès la formation de notre gouvernement, nous avons agi rapidement pour mettre en place des structures adéquates, élargir l’accès à des services de dialyse près du lieu de résidence des patients et des patientes et bâtir un système plus sécuritaire, plus coordonné et axé sur l’évolution de leur état de santé », a commenté Uzoma Asagwara, ministre de la Santé, des Aînés et des Soins de longue durée.

Le gouvernement du Manitoba dit aussi depuis 2024 avoir établi un sous-comité provincial de la planification des soins rénaux, instauré des processus normalisés d’examen des politiques et des procédures, élargi la formation et le perfectionnement du personnel en santé rénale et renforcé les mesures de soutien pour la dialyse à domicile.

Pour rappel, la dialyse est le principal traitement de survie lorsque la transplantation rénale n’est pas une option.

Le Vérificateur Général du Manitoba dit avoir fait ce rapport car il s’agit d’un enjeu de santé publique. En effet, de 2013 à 2021, le Manitoba a enregistré le taux de maladie rénale terminale le plus élevé au Canada, et ce taux est toujours en augmentation. Environ un Manitobain sur dix souffre d’une forme de maladie rénale, un ratio qui grimpe à un sur trois pour les membres des Premières Nations. 

De plus, les patients au Manitoba attendent plus longtemps pour une transplantation rénale que dans les autres provinces, ce qui signifie qu’ils doivent rester sous dialyse pendant une période prolongée.