Loïc MATIBISHI, étudiant en design environnemental à l’Université du Manitoba.

« Je suis bilingue et francophone, je m’exprime en français depuis ma naissance. Avec ma famille, c’est le français. Avec mes amis, c’est plus anglophone mais parfois on alterne. Je dirais que c’est moitié-moitié mais une très grande partie du contenu que je consomme sur les réseaux est anglophone.

« Pour m’informer, c’est surtout les réseaux sociaux. En français, je ne reçois pas vraiment de contenu d’ici, du Manitoba. En anglais, oui.

« Parfois ce n’est pas trop pratique pour savoir où aller. Parfois, quand j’appelle les centres de santé, je vais parler en anglais, parce que c’est plus rapide. Si je pouvais travailler en français, ce serait vachement plus facile mais je ne sais pas si c’est réaliste.

« J’ai envie de m’immerger davantage, d’une manière ou d’une autre, dans le milieu franco-manitobain. Une province bilingue, pour moi, ce serait une province où on s’exprime librement et où on est compris dans n’importe quelle langue. »

Oreofe AVAMASSE, étudiante en biochimie à l’Université de Winnipeg.

« Je parle le français depuis ma naissance. Je suis née au Bénin, en Afrique de l’Ouest. J’ai commencé à parler l’anglais en 2019. Quand je pense en français, ça ralentit mon progrès en anglais. Ça m’arrive de parler français avec mes amis. Si je suis énervée, là je parle français.

« Souvent, presque tout mon contenu sur les réseaux est en anglais. J’ai changé la langue de mon portable en français, la télévision en français. Je ne veux pas oublier mon français, parce que j’aime mon français.

« Je ne suis pas trop au courant des activités francophones. Je connais Saint-Boniface mais je ne suis pas très informée. Je n’entends pas parler de beaucoup d’évènements français autant que des évènements anglophones.

« Je ne pense pas que le Manitoba soit une province bilingue. On va essayer un peu de donner des services en français mais si on veut vraiment que ça soit bilingue, il faut faire plus d’efforts. »

Sébastien NORMANDEAU, étudiant en arts à l’Université de Saint-Boniface.

« Je dirais que je suis francophone, franco-manitobain, personne d’expression française, bilingue. J’adore le français, j’ai grandi en français, je parle à mes amis en français, je fais des activités en français. Des fois, je vais dire like, for sure, kind of, mais le reste, c’est complètement discussion française.

« J’ai mis les réglages de mon téléphone pour que ça soit en français, ça m’aide. Des fois, je trouve pas des mots, puis je regarde mon téléphone et je me dis : Ah, c’est ça que ça veut dire en français.

« En ce moment, sur les réseaux c’est beaucoup plus en français. Les nouvelles, je les lis en français. Il devrait y avoir plus d’évènements francophones naturels, pas organisés juste par le CJP.

« C’est réaliste de vouloir travailler en français, il y a beaucoup de jobs qui ont besoin de francophones. J’aimerais travailler dans une école francophone. Si tu veux regarder un film en français ici, ce n’est pas forcément possible. Ou alors ce n’est pas la même expérience qu’en anglais.

« Le Manitoba, je dirais que ce n’est pas bilingue car il y a encore beaucoup de choses à faire. »