L’organisme TV5 Québec Canada a dévoilé sa nouvelle identité de marque : Unis TV, chargée des contenus francophones à travers le Canada, devient TV5 Unis et la plateforme en ligne prendra maintenant le nom de TV5+.

« L’utilisation d’une marque monolithique pour l’ensemble de nos plateformes met de l’avant la force du groupe, a dit Yann Paquet, président-directeur général de TV5. Ça permet aussi de bénéficier de la notoriété de TV5 et ça offre une proposition qui est claire et cohérente pour tous nos publics, qu’ils soient en linéaire ou en numérique. »

L’organisation a également profité de cette conférence de presse pour présenter sa programmation pour l’année à venir, qui comprend la série Femmes de fermes, produite par Micheline Arbez des Productions Rivard.

En ondes au mois de février prochain, cette émission suivra des femmes du secteur agricole qui brisent des stéréotypes dans un milieu traditionnellement plus masculin.

La nouvelle image de marque de l’organisation s’accompagne également d’une nouvelle ligne éditoriale, intitulée Francophones et fiers de déranger.

« Les contenus, on les veut moins consensuels, on les veut plus frontaux, plus papier sablé, dit Jérôme Hellio, directeur des contenus. On veut des séries qui font jaser, on veut des personnalités flamboyantes. »

« On veut ce que la francophonie fait de plus ambitieux. Dans le fond, on veut prendre des risques et on veut les assumer. »

Selon lui, cette initiative découle d’une volonté de créer davantage de contenus qui reflètent les réalités en évolution constante des francophones.

Étant donné que les francophones, surtout en situation minoritaire, s’expriment différemment, il estime qu’ils devraient continuer à avoir accès à des contenus qui leur parlent.

« Je voulais sortir du cadre que la francophonie, c’est quelque chose d’un peu fade. On est en train d’uniformiser un peu la conversation. Je trouve qu’on a un rôle à jouer en jouant la posture opposée, en exprimant des idées différentes. » Jérôme Hellio, directeur des contenus.

Guy Boutin, chef de la production originale pour l’Ouest et les Territoires du Nord, explique que la prédominance de l’anglais peut rendre difficile, voire décourager, les créateurs francophones en situation minoritaires de s’exprimer sur des sujets qui leur tiennent à cœur.

Guy Boutin, chef de la production originale pour l’Ouest et les Territoires du Nord.
Guy Boutin, chef de la production originale pour l’Ouest et les Territoires du Nord. (photo : Elyette Levy)

Ce changement éditorial, précise-t-il, vise à encourager les créateurs franco-manitobains à prendre de la place et à montrer au public de TV5 à quoi ressemblent leurs réalités.

« Par exemple, on va demander aux Franco-Manitobains de parler d’autre chose que de Louis Riel, dit-il.

« Les réalités des franco-manitobains, c’est les mêmes qu’ailleurs. Ils ont leurs propres défis, ils tombent en amour, ils étudient, ils ont des problèmes d’argent, ils construisent une maison, ils rénovent, ils jardinent, ils vivent. Alors, pourquoi ils ne parleraient pas de ça? »

Guy Boutin se dit privilégié de pouvoir échanger régulièrement avec les producteurs manitobains comme Manito Média, Wookey Films et les Productions Rivard. Il se dit satisfait de leurs réactions à cette nouvelle direction éditoriale jusqu’à présent.

« On essaie de voir ensemble, trouver les meilleurs projets. Je pense que ça va leur plaire qu’on défende la langue française autant. Qu’on leur permette aussi de prendre la parole sur plein de sujets. »