Un ouvrage intime où le rêve devient langage, mémoire et cheminement intérieur.
Louise Dandeneau signe son deuxième recueil de poésie, intitulé Seuils (2026).
Un peu moins d’un an après la parution de Bouquets meurtris (2025), un recueil de nouvelles dans lequel l’auteure explorait les relations humaines endommagées, dysfonctionnelles, ce nouvel ouvrage, paru le 15 avril 2026, se penche lui sur le monde du rêve.
« J’analyse mes rêves depuis 25 ans et j’avais l’idée d’en faire un recueil. Il y a de ça quatre ou cinq ans, j’ai fouillé dans tous mes rêves et j’en avais choisi près de 90 au départ. »
Au cours d’un travail de concert avec ses relecteurs, comme Lise Gaboury-Diallo ou encore Roger Léveillé, l’ouvrage s’est affiné de moitié.
« Ce que je trouve fascinant c’est que le rêve parle par métaphore, alors c’est pour ça que je trouve que ça se prête bien à la poésie. Tous mes poèmes se composent en partie de rêves et de mon interprétation de ces derniers. »
Pour autant, si les rêves sont souvent énigmatiques et dissociés, Louise Dandeneau a su trouver un thème pour les lier en filigrane : le lien mère-fille. Ce n’est pas la première fois que la poète explore la complexité des liens familiaux et du foyer.
Délivre-moi de tout mal (2023) traitait déjà, sous forme de vers, de la violence étouffante d’un père.
« Ma mère aussi pouvait être très dure, très froide. Et c’est vrai que mes rêves parlent de la famille, du dysfonctionnement, de violences et de peur. Toutes ces émotions-là avec lesquelles j’ai grandi. Depuis un an environ, ils ont pris une tournure intéressante et abritent beaucoup plus de lumière, il n’y a plus d’ombre. »
Une lumière qui pointe peut-être le bout de son nez à la fin d’un recueil qui prend les traits d’un voyage littéraire où se mêlent l’onirisme et la mémoire.
Au seuil du conscient et de l’inconscient, c’est sa propre vie que Louise Dandeneau tente de dénouer.
« C’est à ça que le rêve m’a toujours servi. C’était de comprendre ce qu’il se passe, de comprendre ce que je vis. »
C’est en partie par amour de la psychologie et par curiosité que l’auteure a tenté de comprendre et démêler le sens de ces rêves
« J’ai commencé à prendre note de mes rêves lorsque je vivais en Belgique et que j’étais loin de ma famille. Je pense que j’avais la liberté de me poser des questions. Ce qu’il se passait dans ma famille ici ne me suffoquait plus. Au départ, je ne savais pas comment interpréter les images qui m’habitaient alors j’ai acheté un dictionnaire des rêves. Avec le temps, j’ai fini par comprendre que ça parlait de moi, de ce que je ressens, pas de ma famille. »
Comme souvent, l’expression artistique sert d’exutoire, un moyen d’introspection.
Aujourd’hui, des tas d’animaux visitent les rêves de l’écrivaine.
Ils apportent un sentiment d’apaisement et un message clair.
« Je suis guérie du passé! »
Seuils (2026) est le cinquième ouvrage que publie Louise Dandeneau après des Éditions du Blé.
Toute sa collection de nouvelles, de haïkus et de poèmes sont à retrouver sur le site internet des Éditions du Blé, ainsi qu’en librairie.


