Gut Love, le nouvel album de Serge Paul, est sorti le 5 mai. Avant le lancement, il avait dévoilé le vidéoclip pour la chanson vedette de l’album, Colours. À travers un parcours artistique soutenu, il recentre l’attention sur la joie de créer et d’apprendre.

Le 11 avril, Serge Paul a lancé le vidéoclip de sa nouvelle chanson Colours.

Ce vidéoclip met en vedette environ 65 lieux et 70 fresques murales à travers la ville de Winnipeg, ainsi que quelques-unes à Selkirk. Ces murales occupent une place particulièrement importante.

Leurs couleurs sont sobres, à l’image du rappeur au centre de l’écran, avant de se parer progressivement de teintes éclatantes, en écho aux paroles.

Les paroles sont écrites par Shae Malcolmson, connu aussi sous le pseudonyme Abstract Artform, mais ils touchent encore assez son cœur pour inspirer tous les aspects de la chanson, et les lieux en vedette dans le vidéoclip suivant.

« Je suis fier de cette ville qui m’a façonné, déclare-t-il. J’aimerais que les gens ressentent ce même sentiment que j’ai eu quand j’ai fait ce projet. Ce sont le monde, la culture et les arts qui rendent cette ville magnifique. »

La production de l’album

Plusieurs titres de Gut Love, l’album collectif sorti le 5 mai, ont été écrits à partir de paroles de Shae Malcolmson, dont Colours.

Certaines de ces paroles avaient été enregistrées en collaboration dès 2017, tandis que d’autres ont été réenregistrées pour l’album.

Selon Serge Paul, le phénomène d’interprétation ne se limite pas à ces textes.

« Ce que les paroles signifient pour une personne peut avoir une autre signification pour quelqu’un d’autre. Tout est subjectif », explique-t-il.

Gut Love, la chanson qui donne son titre à l’album, fait partie des quelques titres qu’il a écrits et enregistrés lui-même.

Il explique qu’elle établit les bases pour le reste du projet, tant sur le plan musical que thématique.

Un son bien à lui

Venant d’une longue histoire de musique collaborative, Serge Paul a commencé son parcours bien avant qu’il soit producteur de musique.

Dans sa jeunesse, il faisait du beatboxing avec ses amis, ainsi que le DJ lors des bals de l’école.

Son premier groupe, Macromatic, était créé pendant ce temps, et a réussi à gagner la Chicane électrique dans les débuts de ce concours. Pendant son adolescence, il a également appris à jouer de la guitare, du piano et du saxophone.

Bien qu’il reconnaisse ne pas atteindre le niveau de musiciens experts, ces compétences lui ont offert de nombreuses possibilités dans le développement de son style musical basé sur l’échantillonnage.

Il explique : « Dans le hip-hop, tu trouves ou tu crées des extraits, t’ajoutes des drums et une bassline, et voilà, t’as une chanson! »

Un parcours en évolution

Au cœur de tout ce qu’il fait se trouve un amour profond pour le processus créatif, et donc pour le processus d’apprentissage et d’épanouissement en tant qu’artiste.

Jamais satisfait de simplement répéter ses efforts précédents, il se pousse constamment à innover, que ce soit en mixage audio, en mastering ou même en apprenant à jouer de nouveaux instruments pour enrichir son travail d’échantillonnage.

Pour le vidéoclip de Colours, le défi était de taille : non seulement il devait apprendre à harmoniser les couleurs entre son image, filmée en noir et blanc, et un arrière-plan en couleurs, mais aussi s’assurer de rester parfaitement immobile et de filmer sous le même angle à chaque prise.

Au final, même s’il estime que le résultat n’a pas tout à fait une allure professionnelle, il se dit très satisfait du produit final. Il se réjouit également de l’accueil chaleureux réservé à son vidéoclip, et à la chanson qui l’accompagne, depuis leur sortie.

En particulier, Colours a été désignée Chanson de la semaine par Manitoba Music du 9 au 16 avril.

L’animateur de radio Ace Burpee a également évoqué cette chanson dans son émission après sa sortie.

« C’est toujours gratifiant de voir que les gens apprécient mon art, dit-il. J’entends souvent dire que lorsqu’on fait de la musique pour soi-même, les fans finissent par venir à nous. Cette expérience m’a vraiment permis de le constater. »

Les réussites et les souhaits

En 2026, Serge Paul est également remonté sur scène pour la première fois depuis avant la pandémie, à l’occasion d’une prestation au Festival du Voyageur en février.

Tout en poursuivant sa progression, il prévoit de dévoiler plusieurs titres cet été.

Parmi ceux-ci, précise-t-il, pourrait figurer une chanson en français.

Aucun calendrier précis n’est encore établi, puisqu’il concentre pour l’instant ses efforts sur Gut Love.

Il souligne toutefois que s’affirmer comme un artiste véritablement bilingue fait partie de ses objectifs de développement professionnel cette année.

« Je ne sais pas encore où ça va m’amener. Il y aura peut-être quatre chansons en français, ou même un EP. J’ai simplement hâte que tous ceux qui écouteront l’album puissent grandir avec mon parcours. »