L’intégration des nouveaux arrivants entre 2019 et 2024 montre des signes de progrès structurels : réduction des délais d’embauche, meilleure reconnaissance de l’expérience internationale et meilleure adéquation emploi-formation.
De manière générale, « les résultats indiquent que les immigrants récents en âge de travailler qui sont arrivés au Canada au cours des cinq années précédentes ont connu une situation plus favorable que les cohortes précédentes en ce qui concerne leur intégration initiale au marché du travail », dit Statistique Canada.
En effet, plus de 4 immigrants récents sur 10 (42,5 %) et près de la moitié des résidents non permanents (RNP) (48,5 %) ayant cherché du travail ont trouvé leur premier emploi en moins de trois mois, indique Statistique Canada.
Cette proportion est d’ailleurs nettement supérieure à celle des immigrants arrivés il y a 10 à 15 ans, dont seulement 31,3 % avaient trouvé un emploi dans ce délai.
Les immigrants récents sont plus susceptibles de voir leur expérience de travail acquise à l’étranger prise en compte par leur premier employeur pour déterminer leur salaire et leurs conditions (69,4 %, contre 50,1 % pour ceux arrivés 5 à 10 ans plus tôt).
Ils sont également plus susceptibles que les cohortes précédentes d’avoir occupé un emploi rémunéré entièrement lié à leurs diplômes obtenus à l’étranger.
Cependant, le statut de résident non permanent semble associé à une précarité salariale plus forte, et les barrières liées à l’expérience canadienne et à l’accréditation des professions réglementées freinent encore le plein déploiement du capital humain des immigrants.
Les chiffres montrent par exemple que moins de la moitié (42,7 %) des immigrants ayant tenté d’exercer une profession réglementée ont obtenu la pleine reconnaissance de leurs titres et de leur expérience acquis hors du Canada.
Environ 3 immigrants récents et RNP sur 10 ont déclaré avoir éprouvé des difficultés lors de leur recherche d’un premier emploi.
Le manque d’expérience ou de références au Canada demeure l’obstacle le plus courant (42,2 %), suivi par l’absence de contacts sur le marché du travail (38,3 %), les barrières linguistiques (32,2 %) et la non-acceptation des qualifications étrangères (31,9 %).
Si l’on s’intéresse aux indicateurs économiques, un fossé salarial important persiste : les RNP gagnent en moyenne 33,4 % de moins que les personnes nées au Canada, tandis que pour les immigrants récents, l’écart est de 23,7 %.
Bien que la situation des immigrants récents se soit améliorée de façon notable après la pandémie, leur taux d’emploi (75,5 %) reste inférieur à celui des personnes nées au Canada (85,4 %) au troisième trimestre de 2024.
« Il reste à voir si les améliorations dans l’intégration initiale des nouveaux immigrants indiquent le début d’un changement durable dans les parcours d’intégration au marché du travail, un changement à long terme des caractéristiques des immigrants — tel qu’une augmentation de la proportion des immigrants qui acquièrent une expérience canadienne en tant que RNP avant de devenir des résidents permanents —, ou sont largement le résultat de conditions plus favorables sur le marché du travail durant la reprise après la COVID-19 », résume Statistique Canada en conclusion.