Tensions commerciales, demande intérieure pour les uns, inflation de la nourriture et de l’essence pour les autres, les enjeux peuvent être différents pour les entreprises et les ménages, mais des points communs sont à relever aussi.

Pour le premier trimestre de 2026, les résultats de l’enquête de la Banque du Canada montrent que la confiance des entreprises poursuit son redressement après avoir atteint des creux historiques au printemps 2025.

Ce regain d’optimisme est principalement attribué à la diminution des inquiétudes concernant les barrières commerciales.

La proportion d’entreprises intégrant une récession canadienne dans leurs plans budgétaires pour les 12 prochains mois a chuté de manière spectaculaire, passant de 22 % à 9 %, soit le niveau le plus bas depuis 2023. Et, près de 50 % des entreprises prévoient d’augmenter leurs effectifs.

Regain d’optimisme

Bien que l’incertitude persiste, les entreprises sont moins nombreuses à déclarer que les droits de douane affectent directement leurs ventes ou le prix de leurs intrants par rapport aux trimestres précédents.

Aussi, la prudence des clients, qui avait freiné les dépenses d’exploitation en 2025, s’estompe à mesure que les marchés s’ajustent au contexte commercial.

Néanmoins, peu d’entreprises ont réussi à diversifier leurs exportations vers des marchés non américains, citant les coûts de transport élevés et un besoin limité de changement immédiat.

Les entreprises anticipent une croissance des salaires d’environ 3,5 % en moyenne. Cette progression est plus lente que celle observée au cours des 12 derniers mois, en raison d’ajustements plus modestes au coût de la vie. 

Justement, pour les consommateurs, les données du premier trimestre de 2026 confirment que le coût élevé de la vie demeure une préoccupation généralisée chez les répondants canadiens.

Ce facteur demeure un frein majeur aux projets de dépenses à long terme. Également, les loyers, les versements hypothécaires et le niveau d’endettement personnel influencent négativement les prévisions de dépenses.

L’actualité internationale change les habitudes des Canadiens

La Banque du Canada a aussi observé une modification structurelle des habitudes d’achat qui semble s’installer durablement. Par exemple, les consommateurs remplacent les produits et les vacances aux États-Unis par des options canadiennes.

La majorité des répondants estime que cette préférence pour les biens canadiens perdurera, indépendamment de l’évolution future des relations commerciales bilatérales.

Encore sur la question internationale, le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient a eu un impact négatif marqué sur le moral et les comportements des consommateurs canadiens.

Une forte majorité de ménages craint que ce conflit n’affaiblisse l’économie canadienne et ne nuise à la stabilité financière du pays. 

À noter qu’environ 21 % des répondants ont annulé ou reporté des projets de voyage, invoquant spécifiquement l’augmentation des frais de déplacement liée au conflit.

Dernier élément remarquable, l’intégration de l’IA qui devient un facteur déterminant dans les attentes des travailleurs. Les utilisateurs d’IA s’attendent à un gain de productivité et à une croissance salariale plus forte. Enfin, les craintes de perte d’emploi sont plus marquées dans les secteurs où plus de 20 % des tâches sont automatisables par l’IA.