Le 24 avril au CCFM se tenait la conférence La Francophonie manitobaine : bâtir des ponts et rayonner à l’international.
Une initiative de la branche de Winnipeg du Conseil international du Canada (CIC) qui a fait salle comble.
Pas loin d’une centaine de personnes ont assisté à l’évènement qui consistait en un panel de discussion animé par le député de Saint-Boniface, Robert Loiselle.
Parmi les panélistes l’on a pu entendre Mariette Mulaire, directrice générale du conseil d’administration du World Trade Centres Association à New York, Patricia Bitu Tshikudi, directrice générale du CCFM, Ibrahima Diallo, professeur retraité de l’USB et consul honoraire du Sénégal au Manitoba et vice-président de la FCFA ainsi que Madeleine Arbez, directrice générale du CDEM.
Au cours de la conférence, les intervenants ont fait valoir les charmes de la francophonie manitobaine et souligné ses forces dans un contexte mondial en plein changement.
En rappelant les atouts culturels, économiques et scientifiques de la communauté, l’on a réaffirmé la capacité du Manitoba à s’inscrire dans une démarche de développement de ses partenariats stratégiques et de s’affirmer au sein de la francophonie internationale.
Il s’agissait de la deuxième conférence donnée en français par le CIC-Winnipeg depuis 2024 et elle s’inscrit dans un contexte tout particulier.
En effet, une quinzaine d’ambassadeurs membres du GAF (Groupe des Ambassadeurs et Ambassadrices Francophones à Ottawa) étaient en visite officielle au Manitoba.
Parmi eux, Zahra Kamil Ali, représentante de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour les Amériques.
Cette conférence fut aussi l’occasion d’aborder l’intégration du Manitoba dans l’OIF.
Pour rappel, lors du discours du Trône, le gouvernement du Manitoba avait confirmé qu’il présenterait sa candidature pour en devenir membre observateur.
À titre de représentante et parce que la candidature du Manitoba est toujours en cours d’examen par l’OIF, Zahra Kamil Ali ne pouvait pas se prononcer sur l’état du dossier.
Elle indiquait que la décision serait rendue à la mi-novembre 2026 à l’occasion du prochain sommet de l’OIF qui se déroulera au Cambodge.
« C’est la première fois que je visite le Manitoba et j’ai découvert sa francophonie et la vitalité de la langue française au Manitoba, ses spécificités et son histoire. Je suis agréablement surprise de constater que le bilinguisme existe depuis très longtemps et qu’il y a une volonté affichée par le premier ministre actuel d’aller vers un bilinguisme officiel. »
D’ailleurs pour incarner cette volonté politique, le ministre responsable des Affaires francophones, Glen Simard, était présent.

À propos de la candidature de la province auprès de l’OIF, il rappelait qu’il s’agissait « d’une occasion de bâtir des ponts et d‘explorer des collaborations solides pour occuper une place plus visible et structurée sur la scène francophone internationale ».
À propos de visibilité, Zahra Kamil Ali observait justement que « lorsque l’on ne connaît pas le Manitoba, on n’aperçoit pas cette vitalité de la langue française ».
En ce sens, rejoindre l’OIF aiderait à inverser la tendance.
« L’OIF est au service des états et gouvernements membres. L’instrument de référence c’est la déclaration de Djerba (1). La déclaration sur la langue française dans la diversité linguistique de la francophonie. La langue française est enrichie d’autres langues. Moi je suis originaire de Djibouti et l’on a deux langues officielles, l’arabe et le français. Donc l’idée ce n’est pas de se battre contre les autres langues, mais de s’enrichir mutuellement et de faire évoluer la langue française. C’est de réfléchir et travailler pour la faire rayonner et la rendre plus attractive, surtout pour les jeunes qui sont l’avenir de la francophonie. »
Présente ce jour-là, Ginette Lavack, secrétaire parlementaire de la ministre fédérale des Services aux Autochtones et députée de Saint-Boniface—Saint-Vital, estime qu’une adhésion du Manitoba à l’OIF enverrait un message très fort et l’évènement d’aujourd’hui aussi était porteur de sens.
« C’est important de rassembler ces personnes pour qui la langue nous réunit et fait notre force dans une même salle. Pour le Manitoba d’avoir la possibilité de participer, même à titre d’observateur, à l’OIF ça apporterait énormément à notre province et ça ouvrirait beaucoup de portes. »
Et notamment des portes économiques. Lorsque l’on parle de bâtir des ponts, là encore l’OIF jouera un rôle de soutien.
« L’idée c’est de renforcer les connexions, les mises en relation. Donc essayer de connaître l’autre, pour savoir ce que l’on peut lui apporter, ce qu’il peut nous apporter. Et c’est pour ça que l’OIF joue ce rôle de facilitateur dans le domaine économique. Un rôle de facilitateur qui permet la mise en relation de l’écosystème économique francophone. Justement pour permettre d’identifier les opportunités de partenariat et de collaboration », explique la représentante de l’organisation pour les Amériques qui parle de sa visite au Manitoba comme d’une visite enrichissante et qui s’est terminée en beauté, avec une tire d’érable à Saint-Pierre-Jolys.
(1) Adoptée le 20 novembre 2022 lors du XVIIIe Sommet de la Francophonie en Tunisie, célébrant le cinquantenaire de l’OIF. Axée sur le thème « La Connectivité dans la diversité ».
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