Fondé en 2001, cet évènement, qui se déroule du 12 au 16 mai, met en lumière le travail des artistes en résidence en leur offrant un soutien structurel et financier pour développer leurs œuvres.

Originaire de Winnipeg et présentement en première année du Indigenous Arts Program, la danseuse et musicienne explore dans cette pièce le deuil et les réactions humaines face à la perte.

Pour elle, le chagrin est un terrain connu.

Bien qu’elle soit profondément reconnaissante pour sa famille, elle a traversé des épreuves marquantes qu’elle a choisi de transformer, comme de nombreux artistes, par l’expression créative.

Les instruments du chagrin

Fait inédit dans son parcours : Kéïta Fournier-Pelletier a composé elle-même la musique accompagnant sa chorégraphie.

« Je me suis donné le défi de tout faire moi-même, explique-t-elle. C’est drôle, ce processus, car j’ai trouvé plus facile d’écrire la musique, cette fois-ci, que de danser. »

Le piano s’est imposé dès le départ comme l’élément central pour représenter son rapport au deuil. Cet instrument, qu’elle a appris dès l’enfance, a toujours été son refuge dans les moments difficiles.

L’inspiration lui est d’ailleurs venue en jouant une mélodie de sa jeunesse, liée au souvenir du décès d’une de ses tantes.

La composition intègre également des textures sonores très personnelles, comme le bruit de cartes que l’on bat. C’est un clin d’œil aux traditions de sa famille qui, même dans l’affliction, se rassemble autour d’un jeu de cartes.

Enfin, sa propre voix s’ajoute à l’ensemble : enregistrée en direct, elle est retravaillée grâce à une pédale de boucle (loop station), permettant une superposition organique des sons.

Un défi solitaire

Paradoxalement, c’est la danse qui représente aujourd’hui le plus grand défi pour l’artiste. Malgré une solide formation en jazz, hip-hop et ballet, l’exercice du solo l’intimide.

« La musique et la danse sont très liées, et même lorsque j’écris la musique, les mouvements sortent un peu. Malgré cela, je pense que c’est le défi de travailler toute seule : tu dois tout penser et tout faire, et ce n’est pas une expérience que j’ai eu à date. C’est assez expérimental pour moi, en tant qu’interprète, mais aussi comme processus de création. »

La présentation au Paprika Theatre Festival servira de laboratoire.

Kéïta Fournier-Pelletier souhaite observer comment son corps réagit à sa propre musique, mais aussi comment le public reçoit son message. Ces interactions guideront la suite de sa recherche chorégraphique afin de mieux traduire ses émotions par la physicalité.

Pour l’instant, l’essentiel réside dans le partage de cette vulnérabilité.

« J’espère que ce n’est pas seulement triste, mais aussi émouvant. Ce n’est qu’alors que j’aurai l’assurance d’avoir véritablement su transmettre cette émotion aux multiples facettes. »