« La mésinformation — qui est définie comme étant toute nouvelle ou renseignement dont on peut vérifier la fausseté ou l’inexactitude — risque d’influer sur les opinions et de fausser le débat public et représente un défi permanent dans l’environnement numérique actuel », fait savoir Statistique Canada dès l’introduction de son étude.

En effet, selon les résultats présentés, l’inquiétude autour de la mésinformation est forte, mais stable.

En 2023, 59 % des Canadiens se disaient « très » ou « extrêmement » préoccupés par la mésinformation en ligne. En 2025, cette proportion était de 61 %.

Aussi, les Canadiens éprouvent de plus en plus de mal à identifier les fausses informations.

En 2023, 44 % d’entre eux déclaraient avoir plus de difficulté à distinguer les faits des faussetés.

En 2025, ce chiffre a grimpé à 47 %. Cette tendance témoigne d’un sentiment d’incertitude croissant face à des contenus de plus en plus sophistiqués, tels que les images manipulées et les hypertrucages générés par l’intelligence artificielle.

Comme au niveau national, 47,3 % des Manitobains estiment qu’il est plus difficile de distinguer les véritables nouvelles des fausses par rapport à trois ans plus tôt. 

Et, en 2025, l’exposition à la mésinformation est devenue une réalité courante pour une vaste majorité de la population.

80 % des Canadiens (soit 4 sur 5) ont déclaré avoir vu des informations qu’ils soupçonnaient d’être trompeuses ou inexactes au moins une fois par mois. Ce chiffre était de 77,8 % pour les résidents du Manitoba. 

L’étude s’est aussi intéressée aux habitudes de consommation de l’information des Canadiens en 2025 qui se caractérisent par une diversification des sources.

66 % de la population cite les organismes de presse comme la source d’information la plus utilisée.

« Les personnes ayant une grande confiance à l’égard des médias canadiens étaient moins susceptibles de déclarer qu’il devenait plus difficile de distinguer les vrais des faux renseignements, comparativement à celles présentant un niveau de confiance moins élevé à leur égard », signale l’étude.

Vient ensuite les proches (famille et amis) qui est un mode de transmission de l’information très important pour 62 % des Canadiens. 

Les réseaux sociaux étaient utilisés par 54 % des répondants. À noter que pour les jeunes (15-34 ans), les réseaux sociaux sont leur source principale (78 %). Ils s’informent aussi massivement auprès de leurs proches (76 % pour les 15-24 ans).

L’on peut signaler aussi que le Manitoba affiche un taux d’utilisation de 61,4 % des plateformes de réseaux sociaux pour s’informer, ce qui est supérieur à la moyenne canadienne de 54 %. 

Enfin, certaines sources d’information traditionnelles, telles que la radio (38 %) et la presse écrite (21 %), étaient moins souvent mentionnées en 2025.