Par Michel LAGACÉ

Les renseignements recueillis reflètent qui nous sommes et tracent l’évolution de notre société. Ils servent à de nombreux usages, tant pour les administrations publiques que pour les entreprises privées, les associations et les organismes communautaires. Par exemple, ils sont essentiels à la planification de routes, de services d’urgence, de transport en commun, de logements, d’écoles, de garderies et d’hôpitaux. Ils servent aussi à établir les circonscriptions électorales.

Le recensement de 2026 s’inscrit dans une longue tradition au Canada. L’édifice qui abrite les bureaux de Statistique Canada à Ottawa porte le nom de Jean Talon, l’intendant de la Nouvelle-France qui a effectué le premier recensement de la population au cours de l’hiver 1665-1666. Il a recensé tous les résidents européens de la colonie, soit 3 215 habitants dont 2 034 hommes et 1 181 femmes. Les données de ce recensement ont servi à établir une politique sur la population, dont l’envoi des filles du Roi durant les années suivantes.

Encore aujourd’hui, le recensement sert à décrire la population et à éclairer les actions que nous pourrions entreprendre. Il pourra, entre autres, nous permettre de mieux décrire la francophonie manitobaine telle qu’elle se présente en 2026.

La Loi sur la statistique stipule qu’un recensement doit avoir lieu tous les cinq ans et que chaque ménage et exploitant agricole au Canada doit y participer. Cette année, trois foyers sur quatre reçoivent un questionnaire abrégé qui permet de connaître le nombre et la composition de la population canadienne, et un foyer sur quatre reçoit un questionnaire détaillé qui permet de brosser un portrait plus complet de la population. Après de vastes consultations avec les utilisateurs, de nouvelles questions ont été ajoutées au recensement cette année. Il s’agit d’établir un portrait plus complet de l’itinérance, de la santé de la population, et de la communauté 2ELGBTQ+.

Le questionnaire détaillé pose des questions que certains pourraient trouver sensibles. C’est pourquoi l’agence fédérale explique les nombreuses mesures qu’elle prend pour assurer la confidentialité des renseignements. Tout le personnel de Statistique Canada prête serment de discrétion, et les renseignements personnels ne peuvent être transmis à quiconque à l’extérieur de l’agence. De plus, la Loi sur la statistique et la Loi sur la protection des renseignements personnels exigent que les renseignements personnels demeurent strictement confidentiels. Les rapports qui sont publiés par Statistique Canada sont conçus de façon à empêcher l’identification de tout individu.

C’est en participant au recensement que nous brosserons un portrait de qui nous sommes. Et que nous pourrons mieux éclairer les choix que nous aurons à faire pour façonner notre avenir.

Note : l’auteur a eu le plaisir de remplir le questionnaire détaillé et garde un bon souvenir de son premier emploi comme économiste à Statistique Canada, il y a bien des années…