Avec une population en hausse et des enjeux grandissants sur son territoire, la Municipalité rurale (MR) de Taché lance un programme avec la Ville de Sainte-Anne pour assurer une présence d’autorité accrue sur le terrain.

La Municipalité rurale de Taché et la ville de Sainte-Anne ont signé un accord d’échange de services afin d’obtenir la mise en service d’un agent de sûreté communautaire (ASC) à Taché.

À travers ce programme, le service de police de la ville de Sainte-Anne détachera un agent de sûreté pour la MR de Taché.

Si cet agent reste un employé de Sainte-Anne, il tiendra à la municipalité de Taché d’identifier pour elle, ou lui, les priorités ainsi que les services requis.

Le maire de la municipalité de Taché, Armand Poirier, explique que cette entente résulte d’un véritable besoin dans sa communauté.

Tout d’abord, il faut savoir que la municipalité ne compte aucun ASC.

« Jusqu’à présent, c’était la GRC qui intervenait », dit-il.

« Nos citoyens s’interrogeaient sur le fait que nous n’étions pas en mesure d’appliquer les lois en rigueur. On a aussi pu observer qu’il y avait un besoin grandissant, notamment en raison de la croissance que l’on a eue au sein de la municipalité. »

Les derniers recensements de Statistique Canada datent de 2021 et établissent le nombre de résidents à 11 916 contre 11 568 en 2016.

Toutefois, selon les estimations basées sur la dynamique de croissance de la région, le maire estime le nombre de résidents, en 2026, aux alentours de 13 000.

« Dans nos villages il y a beaucoup de problèmes avec le stationnement dans des zones où ce n’est pas permis. En campagne on a aussi beaucoup d’individus qui viennent de l’extérieur pour utiliser nos chemins et les dégrader. »

L’on peut aussi mentionner les problèmes liés à la limitation de vitesse de circulation.

Un agent de sûreté communautaire est employé par les municipalités pour renforcer et soutenir la GRC, il intervient généralement dans des situations à faible risque.

Un ASC peut faire respecter certaines lois provinciales et règlements municipaux.

Il permet en vérité d’alléger le travail de la GRC qui peut se concentrer sur les activités criminelles

Pour commencer, ce que recherche Armand Poirier, c’est que cet agent ait de la visibilité auprès des administrés.

« Je crois que ça règlerait déjà beaucoup de nos problèmes. Les gens y réfléchiront à deux fois avant de faire quelque chose qui n’est pas légal. On souhaite aussi établir des relations publiques entre notre ASC et les citoyens. »

Il s’agit pour le moment d’une première étape. L’agent assigné est engagé pour 30 heures par semaine, pour une durée indéterminée.

« Nous en sommes encore dans une phase prototype, si l’on a besoin de plus d’heures, ou d’un agent supplémentaire on avisera. »

Le chef de la police de Sainte-Anne, Marc Robichaud, montera un rapport d’efficacité pour définir la marche à suivre.

Le programme n’a donc pas de date péremptoire à l’heure actuelle, mais Armand Poirier rappelle que les élections municipales se tiendront le 28 octobre 2026 et que cela pourrait potentiellement faire changer les choses.

En ce qui concerne les coûts liés à ce programme, le taux horaire a été fixé à 67,09 $ par heure payée à la Ville de Sainte-Anne par la municipalité voisine pour un total annuel estimé entre 104 000 $ et 165 000 $ en fonction du nombre d’heures travaillées.

Cette somme comprend le salaire de l’ASC, mais aussi la fourniture de l’équipement, et de manière générale, les coûts d’opération du programme.

Initiative de journalisme local