Par Beaudry LABOSSIÈRE
Le 13 mai 2026, la Cour du Banc du Roi de l’Alberta a publié une décision dans le dossier Athabasca Chipewyan First Nation v. Alberta (Chief Electoral Officer), proclamant que le gouvernement de l’Alberta a contrevenu à ses obligations de consulter les Premières Nations avant de prendre des décisions administratives pouvant contrevenir aux droits qui leur sont conférés par les traités.
Cette saga judiciaire est loin d’être terminée. La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a en effet déjà annoncé son intention de contester la décision, continuant ainsi de jouer un jeu politique très dangereux. Et il n’est pas impossible que le dossier aboutisse devant la Cour suprême du Canada.
Par contre, au-delà du plan légal, ce que cette affaire nous révèle sur le plan politique, c’est que les Premières Nations n’attendront pas la tenue d’un référendum pour se positionner sur la question. Elles font déjà clairement valoir qu’elles devront être consultées et entendues tout au long du processus.
Mais maintenant, dirigeons-nous vers l’est du pays. Au Québec, Paul St-Pierre Plamondon et son parti, le Parti Québécois, semblent bien placés dans les sondages pour former le prochain gouvernement du Québec. PSPP n’a d’ailleurs jamais caché sa volonté de tenir un référendum sur la séparation du Québec.
Contrairement à l’Alberta, ce n’est pas la première fois qu’une telle situation se présente au Québec. Mais je dirais que c’est la première fois que la « question autochtone » risque d’occuper une place aussi centrale dans le débat. Et je tends à croire que les Premières Nations du Québec vont s’inspirer de leurs relations en Alberta.
Il est clair que depuis le dernier référendum de 1995, la question des droits autochtones a pris beaucoup plus d’ampleur et qu’elle constitue maintenant un enjeu central dans toute discussion de séparation.
Pourtant, le Parti Québécois n’a pas encore montré comment il compte aborder cette question pourtant essentielle, et les nations autochtones ne se montrent pas très enthousiastes à la proposition de séparation. Le récit du « Québec colonisé » que PSPP répète à longueur de journée ne semple pas les impressionner.
Madame Smith et le camp des séparatistes albertains n’ont certainement pas impressionné les Premières Nations. Une chose est claire : celles-ci entendent défendre leurs Traités avec la Couronne, des Traités que la Couronne elle même n’a pas toujours su respecter ni protéger Sans le consentement des peuples autochtones, peut-on vraiment dire qu’un projet de séparation possède une miette de légitimité?
Je ne le crois pas.
Beaudry Labossière est un Métis de la Rivière-Rouge. Il est très actif dans sa communauté métisse ainsi que dans la communauté francophone. Il est actuellement étudiant à l’Université de Saint-Boniface en histoire et en relations internationales.