Des héros locaux aux têtes d’affiche internationales, le Winnipeg Folk Festival 2026 promet plusieurs jours de programmation variée.

Parmi les artistes présents, plusieurs francophones monteront sur scène pour perpétuer les traditions de longue date du festival.

Bien établi dans le paysage culturel manitobain, le Winnipeg Folk Festival attire chaque année des milliers de festivaliers.

Mais son héritage ne veut pas dire qu’il ne peut pas évoluer.

Après le succès de sa 50e édition, le temps est venu de tourner le regard vers l’avenir.

Chris Frayer, le directeur artistique du festival, partage que l’accent cette année est sur le renouvellement.

Il s’est assuré que tous les artistes invités cette année ne se soient jamais produits auparavant au Winnipeg Folk Festival. Même les artistes les plus établis n’y avaient jamais participé auparavant.

« J’ai hérité d’une longue histoire liée à cet événement ; mon objectif est donc de respecter le passé tout en traçant une voie audacieuse vers l’avenir. D’autre part, nous espérons offrir toutes les sonorités et l’ambiance que chacun attend en venant au parc Birds Hill. »

Parmi ces musiciens et musiciennes, il cite Lucy Dacus, Father John Misty, Of Monsters and Men, Stephen Wilson Jr., Jesse Welles et Black Country, New Road.

Il précise ensuite que plusieurs d’entre eux ne se sont encore jamais produits à Winnipeg.

« L’objectif principal est de faire venir des musiciens de renom comme eux. Ce sont des artistes qui, sans notre festival, ne se produiraient pas ici. C’est donc un excellent moyen de faire connaître la ville. »

La musique francophone au festival

Comme toujours, on retrouve quelques artistes francophones dans le programme du festival. Kelly Bado, qui s’est imposée comme une figure incontournable de la musique franco-manitobaine au cours de la dernière décennie, se produira le 11 juillet.

Elle participera également à deux ateliers : « Oud Do You Love », qui met à l’honneur la musique du Bénin, du Somaliland, de l’Irak et de la Côte d’Ivoire ; et « Prairie Pals », qui vise à mettre en valeur les talents locaux de la province.

Le festival accueillera également les groupes Angine de Poitrine et Nicolas Pellerin & Les Grands Hurleurs, tous deux originaires du Québec.

Dans l’esprit d’élargir l’éventail des styles musicaux présentés lors de l’évènement, Angine de Poitrine se distingue de ses collègues grâce à sa proposition de math-rock microtonal.

En revanche, Nicolas Pellerin & Les Grands Hurleurs proposera un style plus familier aux habitués des festivals, avec mandoline, violon, guitare et des percussions au pied qui donnent le rythme.

Ce son se retrouvera dans la musique d’autres artistes présents au festival, comme Red River Rambler et Renée Reed.

Dans le premier cas, les spectateurs auront le plaisir d’assister à un spectacle ancré dans la tradition métisse de la rivière Rouge, où le compositeur et violoniste entremêle récits et chants pour rendre hommage à son héritage.

Renée Reed, quant à elle, pourrait faire découvrir aux Manitobains un nouveau son, bien qu’il soit tout aussi ancré dans les traditions de sa propre culture.

Originaire de Louisiane, cette violoniste interprète une musique qualifiée de « fantasy pop », mêlant des influences cajuns à des styles modernes pour évoquer son enfance au cœur du pays cajun.

Chris Frayer se dit ravi de l’accueillir, notant les similitudes entre les cultures franco-canadienne et cajun.

« Je trouve que c’est une belle façon de faire le lien avec le moment où les Acadiens ont quitté le Canada pour la Louisiane, emportant avec eux une grande partie de leur musique et de leur culture. C’est une belle façon d’essayer de relier tous ces éléments entre eux. »

Mais ce lien ne se limite pas à une simple anecdote. Renée Reed rejoindra le Red River Rambler et Nicolas Pellerin & Les Grandes Hurleurs pour l’atelier It Goes with the Terroir.

Cet atelier, qui se déroulera le matin du 11 juillet, va explorer les liens entre la musique et les traditions métisses, québécoises et cajuns à travers leurs expériences et leurs connaissances.

Winnipeg Folk Festival, pour tous et pour toutes

Le directeur artistique précise que ce n’est pas seulement une question d’accueillir autant de musiciens que possible ; pour lui, la musique francophone est centrale à la culture manitobaine, et ne pas l’inclure ferait perdre au festival son authenticité.

« Je vois toute la fierté qui transparaît dans cette musique, et je pense que c’est exactement le genre de chose qui a sa place dans notre festival. Nous voulons donner à chacun l’occasion de se reconnaître sur scène et de voir qu’il y a une place pour tout le monde au festival. »

Le Winnipeg Folk Festival 2026 se déroulera du 9 au 12 juillet.