Par Camille LANGLADE – IJL

Annoncée par le premier ministre Mark Carney lors de la fête du Canada, cette décision est saluée par les communautés francophones en situation minoritaire.

« Oui, le Canada accueillera le Sommet de la Francophonie en 2028, ici même, dans la région de la capitale nationale. Que la fête commence », a déclaré Mark Carney, le 1er juillet, à l’occasion des célébrations de la fête du Canada, à Ottawa.

« Nous avons décidé d’amener le monde au Canada pour célébrer la vitalité, la richesse et la résilience de la langue française dans ce pays et partout dans le monde. »

Le premier ministre avait annoncé la candidature de la capitale fédérale en décembre. Celle-ci a été officialisée par le Conseil permanent de la Francophonie, le 1er juillet. Sa désignation devrait être entérinée en novembre, lors du prochain Sommet de la Francophonie à Siem Reap, au Cambodge.

Le Sommet de la Francophonie est organisé tous les deux ans par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Il permet aux dirigeants des 90 États et gouvernements membres de l’OIF d’établir les orientations majeures de l’organisation.

Le pays a déjà été l’hôte de ce rassemblement à Québec en 2008 et en 1987, ainsi qu’à Moncton en 1999.

L’évènement sera aussi l’occasion pour le Canada de mettre en lumière ses communautés francophones.

Annonce « symbolique »

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) se dit « très heureuse » de la nouvelle.

« J’ai particulièrement apprécié entendre les propos du premier ministre sur la volonté d’emmener le monde au Canada pour célébrer la richesse et la vitalité de la langue française chez nous. Que ce soit fait, en plus, à l’occasion de la fête du Canada, est hautement symbolique », a déclaré le jour même la présidente de la FCFA, Liane Roy, par communiqué.

L’organisme est à l’origine d’une lettre au premier ministre pour pousser le Canada à être candidat. Le document a été cosigné avec l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, la Société nationale de l’Acadie, la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse et la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick.

Retombées économiques

Le Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada) voit aussi d’un très bon œil cette annonce.

« En plaçant la francophonie canadienne au cœur d’un rendez-vous mondial, dans la région même où se prennent plusieurs grandes décisions du pays, elle donne au Canada une scène internationale pour montrer la francophonie telle qu’elle se vit réellement dans nos régions », réagit l’organisme par communiqué.

Selon le RDÉE Canada, l’évènement permettra aussi aux communautés francophones et acadienne en situation minoritaire de mettre en valeur leur présence et de démontrer que le français est aussi « une langue d’affaires, d’innovation, d’emploi et de développement économique ».

« L’espace francophone représente un levier stratégique très important. Le Sommet de la Francophonie 2028 devra permettre de mieux faire connaitre cette force, ici comme à l’international », indique-t-il.

L’organisme ajoute vouloir s’assurer que les communautés prennent toute leur place dans les discussions, les partenariats et les retombées qui en découleront.